Inter : 90 minutes pour un rêve

Par François Lerose publié le 16 Mai 2018

Depuis 2012 et une élimination en huitième de finale face à l’Olympique de Marseille, l’Inter n’a plus gouté aux joies des matchs du mardi ou mercredi soir et à l’hymne qui les accompagnent. En ce temps, Milito et Pazzini menaient la ligne d’attaque des nerazzurri, Ranieri était sur le banc et Zanetti encore capitaine. Une autre époque. Tout a changé désormais, du propriétaire aux joueurs. Désormais sous pavillon chinois depuis 2016, l’Inter doit réenclancher un projet sportif que Thohir entre 2013 et 2016 n’a pu construire comme il l’avait espéré. Si l’année 16/17 a été l’échec total du à une prise de pouvoir tardive des nouveaux investisseurs chinois, une transition mal opérée avec Mancini qui a refusé la prolongation, avec 3 changements de coachs, des flops (Gabigol, Kondogbia, Banega, Joao Mario) et une saison clôturée à une 7ème place honteuse, la saison 2017/2018 est la première de l’ère Suning et surtout l’an 1 du projet Spalletti. Aujourd’hui 5ème, une victoire face à la Lazio permettrait à l’Inter de revoir ses ambitions à la hausse et d’accrocher une qualification pour la coupe aux grandes oreilles.

L’équipe débutant le dernier match de Champions League de l’Inter. Aujourd’hui aucun joueur n’est encore là, la plupart étant retraités, Nagatomo évoluant en prêt à Galatasaray, Forlan du côté de Hong Kong et Poli à Bologna.

L’Inter, une mue en cours

Parler de l’Inter sans parler de sa schyzophrénie mentale et de son irrégularité chronique depuis des années, c’est occulter les problèmes de l’équipe à 100%. Cette saison, la cure Spalletti a fait son effet mais les nerazzurri ont quand même connu un coup de mou alors que leur première défaite en Serie A face à Udinese en décembre est tombée. Vient alors un enchaînement de matchs sans victoire et des points bêtement perdus qui aujourd’hui, auraient permis aux joueurs de partir en vacances depuis deux semaines. Seulement voilà, l’Inter ne fait rien comme les autres et devra batailler pour arracher la qualification en Champions League face à la Lazio d’Inzaghi.

Mais là où l’Inter a su rebondir et puiser de la force, c’est dans l’abnégation et la solidarité de groupe. Une solidarité prônée et revendiquée par des joueurs comme Skriniar, Ranocchia, Icardi et plus récemment Rafinha, véritable moteur à émotion. Un esprit de reconquête qui a permis à l’Inter de ne pas s’écrouler plus que nécessaire pour être toujours au contact à la 38ème journée de son objectif. Mieux, alors que la Beneamata semblait avoir perdu tous ses principes de jeu, des joueurs se sont retrouvés, on fait grimper leur niveau pour à nouveau offrir des performances de haute volée, afin de forcer un destin qui sans doute devait s’écrir ainsi. Alors 4ème ou 5ème, l’Inter aura gagné à l’intérieur de son vestiaire autre chose qu’un résultat, l’amour de ses tifosi, qui l’ont soutenu du début à la fin et la sensation d’appartenance, trop longtemps perdue pour cette équipe.

Le but superbe de l’inattendu Karamoh qui offre une renaissance face à Bologna (2-1) à une Inter qui ne gagnait plus depuis 10 matchs. Depuis : 7 victoires, 4 nuls et 3 défaites pour les nerazzurri. Ca plie mais ça ne rompt pas. 

Quoi attendre de l’opposition face à la Lazio ?

Le match aller : Inter-Lazio 0-0

Ce match aller tombait dans une période où l’Inter allait déjà moins bien. Face à une Lazio plus dangereuse, les nerazzurri ont fait le dos rond, ont frôlé parfois la correctionnelle et ont pu se procurer quelques occasions par Perisic ou Valero qui auraient pu faire basculer le match. Un point important pris dans une période noire qui même à domicile, faisait souffler le club et permettait de sécuriser la troisième place. Désormais un nul ne suffira pas, il faudra gagner.

Le résumé du match aller entre l’Inter et la Lazio

Le match retour : Lazio-Inter ?

Règle de la confrontation directe oblige, l’Inter doit l’emporter pour se qualifier. Tout autre résultat ne sera pas bénéfique pour les nerazzurri. Contrairement au match aller (Miranda blessé, Ranocchia titulaire mais blessé également) l’Inter sera en pleine possession de ses moyens. Même Gagliardini sera de retour, l’occasion pour Spalletti d’aligner son meilleur onze de la saison. A l’Olimpico plus qu’ailleurs, la Lazio est friable, l’Inter le sait. 7ème équipe à domicile, la Lazio n’est pas à l’aise chez elle. Une pression intense d’entrée et de la lucidité (chose qui a manqué face à Sassuolo) seront les maîtres mots d’une rencontre à 20 millions d’euros.

L’homme à suivre : Mauro Icardi

Avec 28 buts cette saison, Mauro Icardi réalise son plus bel exercice en carrière. Un pion derrière Ciro Immobile dont la présence est en doute. L’attaquant argentin sera le monsieur plus de ce match, d’autant qu’il doit se racheter du match face à Sassuolo où il loupe deux face à face qui d’habitude se transforment en but. L’esprit de revanche et la grinta, deux caractéristiques qui devront animer l’attaquant de l’Inter pour justifier son statut de meilleur attaquant en Italie. L’Inter compte sur lui et l’Argentin peut désormais ajouter une belle ligne à son histoire, une qualification en C1. Histoire de compenser une probable absence, incompréhensible si elle venait à se vérifier, au mondial avec son Argentine.

François Lerose

Rédacteur en Chef



Lire aussi