Higuain et le Milan AC, la fin du blues

Par Loïc Costet publié le 24 Jan 2019

Six petits mois et puis s’en va. Higuain et le Milan AC, c’est déjà fini. L’attaquant argentin, prêté par la Juventus au mois d’août, quitte déjà la Lombardie pour rejoindre Chelsea. Avec le maillot rossonero, Pipita n’aura été que l’ombre de lui-même, avec une implication et un rendement décevants. La fin d’une aventure qui s’annonçait excitante mais qui n’aura été que déprimante. Surtout qu’elle a de nouveau mis en lumière un gros souci côté milanais : une incapacité à faire briller ses attaquants de pointe. Alors, pourquoi ça n’a pas marché ?

Un problème avant tout mental

Gonzalo Higuain avait-il seulement envie de jouer pour le Milan ? Poussé vers la sortie par la Vieille Dame, l’Argentin semblait surtout avoir un chagrin d’amour à soigner. L’été dernier, c’est bien l’aspect affectif qui forge sa décision. « À Chelsea, il n’y a que Sarri qui me voulait. Ici, tout le monde me voulait », avait déclaré l’attaquant. Une déclaration qui fait sourire au moment où l’Argentin enfile la tunique des Blues.

« Il vit pour le but », déclarait Gattuso en novembre. Avec 6 petits buts en championnat, le besoin « vital » d’Higuain n’est pas comblé. D’autant que ce n’est pas le seul cercle vicieux qui tourne au-dessus de sa tête. De quoi vraiment lui donner le tournis. « Je suis un joueur très émotif, j’ai parfois des difficultés à me contenir », avait déclaré Pipita, quelques jours après sa colère et ses pleurs après son exclusion face à la Juve. Rencontrer le club qui l’a chassé, manquer ce penalty, voir Ronaldo marquer… C’en était trop pour Higuain.

Ce qui n’excuse pas tout, car l’Argentin est souvent sorti de ses gonds à Milan. Jamais de manière aussi significative, mais il est régulièrement apparu (très) impatient, impulsif et irrité. « La mauvaise humeur d’Higuain ? C’est faux », avait botté en touche l’entraîneur milanais. Mais durant ses 886 minutes sans marquer, de fin octobre à fin décembre, l’attaquant a perdu patience. Adversaire, arbitres et même coéquipiers en avaient alors pris pour leur grade avant qu’il n’évacue enfin toute sa frustration en retrouvant le chemin les filets, le 29 décembre, face à la SPAL.

Milan n’a pas su l’utiliser

C’est un constat qui n’est plus contestable. Depuis de longues saisons, le Milan a beaucoup de mal à faire marquer ses attaquants de pointe. Une « malédiction » du numéro 9 ? Ce serait trop simple. Pas plus tard que la saison dernière, le numéro 7 de Kalinic n’avait pas été plus en réussite. Mais cette-fois, les Rossoneri étaient bien décidé à régler le souci en recrutant l’un des meilleurs 9, qui connait la Serie A comme sa poche. Encore raté.

« Higuain permet aux ailiers d’entrer et de prendre part à l’attaque », analysait Gennaro Gattuso en septembre. Sauf que l’attaquant a parfois été si bien muselé qu’il s’est retrouvé sevré de ballon. Et mis à part Suso, qui aura bien tenté de lui prescrire quelques passes décisives, les véritables ailiers se font rares à Milan. Sans compter qu’avec la blessure de Bonaventura, puis celle de Biglia, le milieu milanais a manqué de créativité ces derniers temps. Pipita, qui voulait absolument participer au jeu, a été contraint de redescendre très (trop ?) bas, et d’avoir la fâcheuse tendance à forcer l’exploit individuel. L’idée de l’associer à Cutrone n’était pas mauvaise, mais elle a surtout profité au jeune italien.

Higuain et le Milan n’auront pas passé le cap des six mois. Un divorce prématuré puisque des solutions tactiques et mentales auraient encore pu être trouvées. Le club et le joueur ne semblaient pas totalement incompatibles. Mais maintenant, Higuain ira semer son blues à Chelsea.

Loïc Costet



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