Entre papauté et Calcio, une histoire d’amour

Par Romain Simmarano publié le 11 Nov 2016
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Il est à moitié faux de dire que le football est né en Angleterre, loin des arcades médiévales d’une Italie encore divisée. Car le jeu le plus populaire du monde tire une partie de ses sources dans le calcio fiorentino, tradition florentine de la Renaissance. Ce sport pratiqué partout dans la Cité au lys rouge au XVIe siècle opposait 27 joueurs survoltés chargés de marquer plus de buts que les 27 autres. Le tout, dans une joyeuse atmosphère carnavalesque et violente dont l’Italie du Nord raffole alors. Sa pratique est excessivement peu populaire: ce sont plutôt les fils de nobles qui s’y affrontent, et parmi eux de futurs papes comme Clément VII ou Urbain VIII. Une alchimie se crée alors entre jeu de balle et catholicité romaine que plus de quatre siècles ne parviendront pas à supprimer.

La Cité du Vatican, terrain céleste?

Depuis 1972, une drôle de compétition anime les conversations dans le plus petit Etat du monde. Le championnat du Vatican de football oppose chaque année les différents services des états pontificaux, de l’Osservatore Romano (le « journal papal ») à Radio Vaticana, en passant par le corps des gardes suisses. Plus pittoresque encore, la Clericus Cup est une compétition qui a connu une courte mais intense existence. Censée opposer en toute amitié fraternelle des prêtres catholiques et des séminaristes du monde entier, celle-ci a globalement dégénéré en 2012, provoquant la levée du parrainage papal. Dans la matrice de cet amour fou entre la religion de Saint Paul et le ballon rond, un homme joue un rôle fondamental. L’ancien cardinal Secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone cultive en effet une passion discrète mais non dissimulée pour le calcio. Piémontais, ce personnage très controversé a immensément agi en faveur du rapprochement entre ces deux mondes, notamment entre 2006 et 2013. Avant lui, il faut en revenir au Docteur Sergio Valci, fondateur du championnat et promoteur infatigable du football en terre non sécularisée dans les années 70. Entre les ordres cléricaux et le 4-4-2, une chaîne s’est forgée. Mais le personnage principal de cette aventure baroque à plus d’un titre reste sa figure cardinale : le Pape.

Le Pape-footballeur bienveillant, entre superstition et poésie

Forcément, sur ce sujet, le Pape François est un spécimen de premier choix. Socio du club argentin de San Lorenzo, celui qui a succédé à Benoît XVI raconte non sans humour qu’il a toujours aimé jouer au football, mais qu’il n’en a jamais été un espoir fulgurant. Comme tant de passionnés de ce sport exceptionnel, ce regard tient à des souvenirs d’enfance. Mais il est loin d’être seul. Au XXè siècle, et eu égard à la place souvent débordante du football dans la société italienne, la Papauté est régulièrement amenée à mettre en avant la vocation céleste du sport de Maradona et de Roberto Baggio. D’abord à l’occasion du fameux Match pour la Paix, créé en 2013 à l’initiative de François, qui oppose deux nations sous le haut patronage du Pape lui-même. Plus étonnant, les « félicitations chaleureuses » de Benoît XVI à la Nazionale italienne après la victoire en demi-finale de l’Euro 2012 face à… l’Allemagne, son pays de naissance. La preuve que même le cérébral, le stratège Benoît XVI éprouve le besoin de s’exprimer sur les affaires terrestres du football contemporain. Dans une interview à nos confrères de So Foot, Daniele de Rossi indiquait que « quand Batistuta arrivait, il y avait une lumière merveilleuse« . On comprend sans mal pourquoi.




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