EDITO : La cure de maturité européenne prend du temps

Par Cesco publié le 08 Nov 2019

A vouloir parfois observer le verre à moitié plein, on en oublierait presque certains fondamentaux. La Serie A au fond du trou ces dernières années semble remonter la pente et attire à nouveau. Malheureusement, cette cure de jouvence prend du temps en Europe. Trop de temps. Et certains trainent un peu des pieds.

Des difficultés de gestion, on en a vu dans les clubs italiens, et encore maintenant, à commencer par le Milan AC, désormais parodie à lui tout seul de la gestion « made in Italy » avec pourtant un propriétaire américain. Si les déboires des rossoneri me rendent nostalgique de leurs plus belles années, ils ont dans leur sillage un beau troupeau de mauvais élèves, ou du moins, d’élèves moyens qui ne donnent pas de signes de progression.

Le Napoli d’abord. Jamais aussi proche du scudetto il y a 2 ans, il en semble tellement loin. Mieux en Europe, la gestion du club récente avec l’affaire de la mise au vert, montre toutes les lacunes encore que peut posséder un club qui se voudrait grand dans peu de temps, mais qui ne souhaite pas réaliser les efforts nécessaires. La relation Sarri/De Laurentiis dégradée qui a abouti à un départ, l’arrivée d’un Ancelotti en vacances depuis 1 an, les manques sur le mercato, la direction sportive douteuse et un président un peu fou qui préfère se concentrer sur son conflit avec le Maire de Naples en donnant de temps quelques coups d’autorité mal placée n’arrangent rien. Quid de Lozano ? 55 millions (avec les bonus) pour un ailier gauche de formation alors qu’Ancelotti joue de plus en plus en 4-4-2 ? Compliqué d’espérer un vent nouveau et un cap de franchi sur Naples tant le club semble entamer une régression depuis le départ de Sarri.

Les clubs romains également méritent un bon coup de fouet. Si l’AS Roma s’est sabordée l’année passée avec un Monchi sous Xanax et un Di Francesco qui a du essuyer les plâtres injustemment, cette saison, le club repart et reconstruit. Sauf que dans toute bonne construction, il faut aller au bout. A Trigoria on n’en est pas encore capable. Par contre détruire les histoires Totti ou De Rossi semble plus à portée. Cette demi-finale de Champions League atteinte semblait être l’apogée d’un projet. Et pourtant, à part un bonzaï, la Roma, une des principales concurrentes de la Juventus et de l’Inter dans les années post-calciopoli, n’a ramené que très peu de choses dans son armoire à trophée.

Pour la Lazio, Lotito et Inzaghi ne sont pas d’accord et on s’habitue de leurs histoires en pré-saison. C’est un fait, mais est-ce qu’on aura le droit à autre chose que cette bouillie de football en Europa League de la part d’un effectif qui est bien supérieur à Cluj, le Celtic ou Rennes ? L’Italie mérite mieux.

Si la Juventus continue son bonhomme de chemin, l’Inter sa mue et l’Atalanta sa progression, l’Italie aurait bien eu besoin d’un Napoli, une Roma et une Lazio au niveau ces derniers temps pour prendre le relais. Malheureusement il semble impossible de trop en demander à un club au sein de la botte. Une bonne gestion sportive, ce serait ne pas respecter les traditions d’un pays habitué à regarder dans sa boite à souvenirs en se gargarisant de hauts-faits maintenant devenus très poussiéreux.

Cesco

Rédacteur en Chef



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