Dybala aura-t-il les épaules pour la Juventus ?

Par Christophe Brefort publié le 11 Juil 2015

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L’investissement initial rosanero de 12 millions d’euros était risqué. Dybala venait d’inscrire 17 buts en deuxième division argentine et semblait doté d’un talent certain, mais la pression a pesé d’entrée sur ses frêles épaules. Le montant de son transfert d’abord, le plus important de l’histoire du club rosanero, pour un jeune gringalet que personne ne connaissait. L’adaptation au football italien ensuite. Puis le rôle qui lui a été confié car en effet, les responsabilités qu’il a eu à assumer étaient bien plus importantes que ce qu’il pouvait imaginer en signant.

Trois saisons à Palermo

Dybala, à l’été 2012, arrivait dans un Palermo en difficulté, qui sortait d’une mauvaise saison, qui avait peu recruté et qui disposait du seul et unique Miccoli en attaque, souvent blessé et sur le déclin. Ainsi, les débuts en Serie A furent bien plus intenses que prévu. Pour sa première saison, il a joué 27 matchs pour 3 petits buts marqués. Si son talent était incontestable, son physique posait problème, il ne semblait pas prêt, bien trop léger. La descente en Serie B était un échec pour son club mais d’un point de vue personnel, cette saison en division inférieure lui a fait beaucoup de bien. Il s’est aguerri et s’est retrouvé dans un championnat différent : plus rugueux mais aussi plus faible techniquement. Dybala a ainsi pu s’endurcir, progresser physiquement et prendre confiance techniquement. Il a certes peu marqué cette saison-là, mais on avait finalement l’impression d’avoir un extraordinaire talent sous les yeux, qui ne demandait qu’à exploser. Et ce que les observateurs du football italien avaient pressenti arriva. Pour sa troisième saison à Palermo, Dybala a fait des étincelles. Seul en pointe et très mobile dans le 3-5-1-1 de Iachini, il a fait usage de toute sa classe pour inscrire 13 buts qui, au final, ne sont pas chers payés au vu de ses performances cette saison. Dribble, vitesse d’exécution, vision du jeu, qualité technique, il semble surdoué mais toujours capable de progresser. A 21 ans, il était déjà leader technique et leader tout court de son Palermo ainsi que l’un des tous meilleurs joueurs de Serie A.

Quelle adaptation à la Juventus ?

Si la Juventus fait incontestablement une bonne affaire en recrutant ce futur très grand joueur, il faut quand même prendre les précautions d’usage et se poser la question de sa future adaptation en bianconero. Est-il trop jeune pour arriver à la Juventus ? Pas forcément, étant arrivé très tôt en Italie, il a déjà un nombre de matches conséquent en Serie A, peu de joueur en ont autant à son âge. Cela étant dit, un an de plus en Sicile lui aurait certainement été bénéfique. Le prix du transfert fera-t-il peser une trop grande pression sur ses épaules ? Pas certain, comme indiqué précédemment, il a déjà été confronté au même type problème à son arrivée en Sicile. Techniquement et mentalement, le joueur argentin est une garantie. En réalité, la principale interrogation est celle de son intégration au schéma d’Allegri. Dybala est un électron libre, un joueur toujours en mouvement, qui aime partir de loin mais aussi jouer dans les petits espaces. Il a toujours eu un meilleur rendement seul en pointe. La Juventus ne sera pas à son service comme Palermo l’a été mais le talent est là, prêt à franchir une nouvelle étape chez les bianconeri.

Christophe Brefort

Rédacteur Palermo



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