DOSSIER : Le Torino de Cairo, un projet qui se noie : Mazzarri, ou mourir avec ses idées

Par Simon Cailloux publié le 05 Fév 2020

Quinze. C’est le nombre de buts concédés par le Torino lors de ses trois derniers matchs. Le club pensait sortir d’une crise après une belle victoire face à l’AS Roma. Mais finalement, le Toro n’a jamais connu une telle crise sportive depuis des années

Oui, Urbano Cairo a stabilisé le club en Serie A. Oui, le Torino a retrouvé l’Europe. Mais on a vite tendance à oublier comment. Il a fallu que le Milan AC soit disqualifié. Sur le papier, l’équipe avait encore échoué. L’espoir avait été de mise. Peut-être trop. Au niveau sportif, le grand pas en avant semble être suivi de cinq pas en arrière. Découvrons pourquoi.

Mazzarri, confiance absolue

Soyons critiques mais justes. Il ne faut pas minimiser ce qu’a fait Walter Mazzarri la saison dernière. Certes, l’équipe ne s’est pas qualifié sportivement pour l’Europa League. Mais le Toro a établi son record de points depuis l’instauration de la victoire à trois points. Le technicien toscan a compris où il avait atterri et a trouvé un bon équilibre. Une défense de fer, un milieu qui assure la transition et l’association Falqué-Belotti qui punit l’adversaire. Ses principes étaient simples mais efficaces. Ce qui lui a valu l’entière confiance de son président, qui lui a laissé carte blanche et son mot à dire sur le recrutement.

Mais voilà, la solution est devenue le problème. Car prévoir de bien défendre et dire à ses attaquants de marquer des buts, c’est un peu comme dire que l’eau mouille. Si en effet, devant les buts s’enchaînent, alors la confiance monte. Mais cette saison, la disparition de Falqué a montré les limites du plan de jeu Granata. Il n’y a aucune marge de manœuvre.

On change…mais qu’en façade

Pire, les problèmes s’accumulent. Le feuilleton Nkoulou a visiblement eu des conséquences sportives. Depuis son transfert avorté, le Camerounais enchaîne les prestations médiocres. Or, il était le véritable patron de la défense, l’homme de confiance. Mais tirer uniquement sur Nkoulou serait trop facile. En réalité, seul Sirigu et Belotti assument leur stature. Ansaldi aussi, mais l’Argentin est blessé. En revanche, les Baselli, Izzo et Falqué déçoivent.

Mais Mazzarri a ses idées et ne bronche pas. Il compte sur ses cadres, les conforte. Malheureusement pour lui, la vérité du terrain ne lui donnera pas raison. Seul Zaza, parti comme titulaire en août, a été mis sur le banc. Berenguer a pris sa place. Lukić et Djidji ont aussi eu leur chance, grâce aux blessures et aux suspensions. Trois changements, plutôt satisfaisants, mais insuffisants.

Il y a également l’énigme de l’animation. Le Mister est adepte du 3-5-2 avec un bloc médiant. Mais cette année, le système n’a été que peu efficace. Les raisons ? Dans une telle animation, il faut que tout roule derrière. Mazzarri change et essaye un 3-4-2-1. Un échec. Pas étonnant puisqu’au final le seul secteur resté inchangé, c’était la défense. En cours de match, il y a eu le 4-4-2…qui montrait de belles choses ! Mais Mazzarri n’approfondit pas l’idée et ne change pas non plus son XI. Le coach a ses propres idées et mourra avec. Et la claque face à Lecce (4-0) aura eu raison de sa philosophie.

Des recrues inutiles

Là aussi, le club s’est planté. Simone Verdi, plus chère recrue du club, n’assume pas l’investissement dont il fait l’objet. Malgré son installation dans le XI, l’ex-napolitain n’influence que trop peu le jeu du Toro. Autre recrue, Diego Laxalt n’aura fait que 6 petits mois avant de retourner au Milan, sans n’avoir rien démontré d’intéressant. Le Torino vient même de se séparer de Kevin Bonifazi, grand espoir barré par un entraîneur désormais parti. Le mercato s’ajoute donc à un tout. Un tout qui démontre que le Torino ne parvient pas à être régulier et dont l’avenir semble flou. Seul note positive, dans le dur, la direction a enfin pris une bonne décision. À savoir, faire appel à Moreno Longo, un homme connaissant parfaitement la maison turinoise.

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1. Des dirigeants toujours aussi incompétents ? 

2. Mazzarri, ou mourir avec ses idées

3. A suivre

 

Simon Cailloux

Rédacteur



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