DOSSIER : Le Torino de Cairo, la fin d’un projet qui se noie : Des dirigeants toujours aussi incompétents

Par Valentin Feuillette publié le 01 Fév 2020

Au Torino, de dures semaines viennent de s’écouler avec une élimination en quarts de la Coppa mais surtout une humiliation 7-0 encaissée à domicile face à l’Atalanta (plus large défaite de l’histoire du club égalée) lors de la 21ème journée de Serie A. L’heure est donc arrivée de se poser pour discuter des nombreux problèmes persistants dans ce club qui avait pourtant comme objectif de viser l’Europe cette saison et qui pointe à une maigre dixième place. Première partie de ce dossier centrée sur la direction.

Urbano Cairo, un président déconnecté

Arrivé en 2005 à la tête du Torino, Urbano Cairo a réalisé un travail assez conséquent pour remettre le club piémontais à la place qu’il mérite. Quand il prend les rênes, les Granata ont de très importants problèmes financiers et jouent alors en Serie B (interdiction de monter en 2005). En quinze ans sous sa présidence, tout n’a pas été négatif puisque le Torino est aujourd’hui bien installé en première division, qu’il a joué l’Europa League à deux reprises en 2015 puis en 2019 avec un beau parcours soldé par une élimination en huitièmes face au Zénith en 2015. Sans oublier, les nombreux joueurs marquants passés durant cette période : Andrea Belotti, Ciro Immobile, Adem Ljajic, Kamil Glik, Salvatore Sirigu, Matteo Darmian, Danilo D’Ambrosio… Mais voilà pour être à nouveau considéré comme un grand du Calcio, il faut de la régularité et de la solidité dans les résultats. Cette marche est-elle trop haute pour Cairo ?

Les reproches qui peuvent être faites à Urbano Cairo concernent en premier lieu sa communication qui est désastreuse. Si l’on écoute bien durant ses dernières sorties médiatiques, tout semble aller pour le mieux au Torino. Il ne voit aucun problème dans la construction de cette équipe, aucun problème avec le recrutement estival, aucun problème avec le staff notamment Walter Mazzarri. En effet, Cairo est complètement déconnecté de la réalité et peine à prendre des décisions importantes en moment de crise : qui ne fait rien consent ! De plus en plus, les tifosi doutent de son attache à l’équipe – lui qui semblait vouloir instaurer un climat familial proche de son histoire avec la commémoration annuelle du Superga. Aujourd’hui, les priorités de Cairo sont éloignées du monde du Calcio et tendent avant tout vers sa nouvelle carrière en politique et sa fortune personnelle. Les tifosi l’ont compris et ne manquent pas de le faire savoir avec de cinglantes banderoles au stade…

Massimo Bava, un directeur sportif absent

Remplaçant attitré de Gianluca Petrachi (parti à l’AS Roma) depuis l’été dernier, Massimo Bava ne réalise pas des débuts prometteurs dans les bureaux du Torino. L’équipe devait se renforcer pour pouvoir accrocher les groupes de l’Europa League (élimination au dernier tour des barrages face à Wolverhamton), le mercato estival du Torino n’a commencé qu’à la fin du mois d’août avec les arrivées donc très tardives de Simone Verdi et Diego Laxalt. Sur le papier, ces deux recrues étaient assez intéressantes mais les négociations furent très longues et ont nécessité des ressources financières conséquentes pour finalement un résultat décevant. De plus, le Torino a été mentionné dans très peu de rumeurs l’été dernier – preuve d’un manque criant d’implication voire même de stratégies de management. Bava sert-il réellement à quelque chose ? Prépare-t-il vraiment ses mercatos ? A l’heure actuelle, il semble invisible, donne très peu d’interviews et son rôle paraît flou… Un véritable fantôme loin d’être concerné par le club comme l’était son prédécesseur.

Cet hiver, rebelote. Alors que l’équipe est en pleine crise et demandait des renforts pour sauver cette fin de saison , le Torino n’a acheté aucun joueur, préférant ainsi miser sur un plan de ventes XXL avec les départs de Iago Falqué, Vittorio Parigini, Kevin Bonifazi et même de… Diego Laxalt qui a été rappelé par le Milan. Bref un bazar complet totalement illogique dans les étages les plus hauts du club. Difficile d’imaginer des cadres comme Andrea Belotti ou Salvatore Sirigu rester en juillet prochain.

Valentin Feuillette



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