DOSSIER : Balotelli, l’histoire de l’enfant terrible du football italien. « Why always him ? » et l’Euro 2012 du sommet

Par Cesco publié le 08 Jan 2019

Pourquoi toujours lui ? Une rengaine et une question existentielle pour l’attaquant italien qui ne sonne juste qu’à travers la bouche d’une autre personne. Lorsqu’en octobre 2011, il inscrit un doublé pour fracasser Old Trafford et le rival mancunien (6-1), Balotelli sort un t-shirt avec marqué « Why always me? ». Un message devenu culte et une question qui a autant de réponses que de pions marqués par l’intraitable italien pendant sa période chez les citizens, 30 en 80 matchs. Sans donner 30 explications et jouer au psychologue, voici quelques histoires sur sa période à City et son apogée en Nazionale.

Père et fils

L’achat de Balotelli à City, c’est avant tout celui de Mancini qui veut retrouver le poulain qu’il a lancé dans le grand bain quelques années auparavant à l’Inter. L’entraineur est confiant et dispose de sa méthode. « Avec Balotelli, ce n’était pas un rapport père-fils. Mais, quand je me mettais en colère contre lui, là, c’était comme un père avec son fils. » Pédagogie et discussion, sortir des chemins battus, Mancini a tout endossé, même la panoplie du boxeur quand en 2013, il doit secouer physiquement son joueur à un entrainement. La relation avec Tevez a été compliquée, celle avec Balotelli le sera encore plus. Mais Mancini réussit à obtenir ce qu’il souhaite de son attaquant. Une progression constante dans le jeu, des buts décisifs et un titre de champion d’Angleterre en 2012, le premier depuis 1968. 13 buts en 23 matchs de Premier League plus tard, l’attaquant réalise une saison globalement réussie à 21 ans seulement, sa quatrième de suite sur le plan statistique à un aussi haut niveau. Pas donné à tout le monde. Le talent, le joueur l’a sans équivoque et il le prouvera encore et encore. Promotions pmu.

L’Euro du sommet … du paradoxe

Et c’est là que se résume toute l’histoire de Mario Balotelli. Transcendant, éblouissant, parfois turbulent comme lorsqu’il fait la une des médias anglais pour des feux d’artifices tirés chez lui ou des fléchettes lancées sur les jeunes, il est aussi généreux et un personnage attachant. C’est ce personnage qui fera partie des dernières plus belles révélation de l’Italie sur le front de l’attaque. Lorsque l’Italie arrive dans la compétition européenne avec Prandelli à son bord, c’est pleins de doutes que la compétition commence. La Nazionale n’a pas passé les poules du mondial 2010 et la parenthèse Donadoni n’a pas convaincu la FIGC. Nouveau style, nouveau schéma, l’Italie se met à « jouer » ce qui a pour conséquence de diviser les foules. Le parcours en poules est laborieux, mais face à l’Irlande, Balotelli inscrit une retournée pour sceller la victoire qui envoie la Squadra en quart de finale. S’il ne brille pas par son nombre de buts (3 pendant la compétition) et qu’il se montrera quelques fois maladroit, il brillera sur un match, mais quel match. En demi-finale face à une Allemagne favorite pour le titre en compagnie de l’Espagne, Balotelli déroule et réalise, son match le plus abouti en carrière. Deux buts à un Neuer en pleine progression, une célébration désormais mythique (lui qui était peu coutumier du fait) et une joie libératrice pour tout un peuple qui attendait un résultat obtenu avec panache contre une top team européenne. La réduction du score sur penalty ni fera rien, l’Allemagne s’inclinera 2-1 et l’Italie voit une finale, 6 ans après celle où elle fut couronnée.

Malheureusement, comme dans toutes les histoires de Mario Balotelli, la fin est cruelle, souvent triste et décevante pour un joueur qui mériterait tellement mieux. La finale en elle même est assez anecdotique. 4-0 sans détail, l’Espagne efface l’Italie du globe le temps d’un match. Balotelli sortira en pleurs, refusant toute consolation. Une tristesse vécue comme une injustice, ou comme une répétition de l’histoire de sa vie. Un jour sans fin en somme. Mais ce moment, dans la carrière de Mario Balotelli restera gravé à tout jamais. Outre la performance, c’est la communion avec l’équipe et les fans qui resteront. Des moments rarement vécus dans une carrière si courte et pourtant déjà si épuisante en émotions. A la sortie de la compétition, son agent Mino Raïola déclarera que son poulain pourrait valoir « 250 millions d’euros« . Quand on y repense, c’est triste.

A lire ou à relire : le dossier Balotelli : l’enfant terrible du football italien :

1. La révélation de San Siro

2. L’Inter-Barcelone de la discorde

3. Why Always Him ? L’Euro 2012 du sommet

Cesco

Rédacteur en Chef



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