Destro, dans la lignée de l’attaquant type italien

Par Matteo Pogliani publié le 22 Août 2015
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destro bologna

Le choix de la Série A

Avec l’arrivée d’Edin Dzeko, et l’éternelle confiance donnée au Capitano Francesco Totti, Destro ne rentrait plus dans les plans de jeu de Rudi Garcia et a été invité à se chercher une nouvelle destination. Après deux saisons et demi correctes dans les rangs de la Roma, Mattia a rejoint en janvier dernier l’AC Milan pour prendre un second souffle dans sa carrière. Le prêt n’a pas été concluant, et le club rossoner a préféré miser sur les divers Bacca, Luiz Adriano ou encore Matri plutôt que de lever l’option d’achat de 16 millions. Les offres n’ont pas afflué du côté de Trigoria, la côte du joueur étant encore faible. Monaco s’était informé, Norwich avait montré un intérêt réel pour faire venir l’italien en Premier League, mais c’est finalement Bologna qui a tenu la corde jusqu’au bout pour s’attacher les services de Destro pour 6,5 millions d’euros plus bonus. Pas un petit investissement pour un club qui remonte tout juste de Serie B. Et c’est le joueur même qui a voulu rejoindre Bologne pour relancer sa carrière au détriment d’une expérience à l’étranger. Il portera d’ailleurs le numéro 10, numéro qui fait beaucoup parler de lui en Italie. A tout juste 24 ans, le voilà dos au mur, à un tournant de sa carrière. Ou pas.

De clubs en clubs, sans passer un cap

Ce transfert de Destro à Bologne prend la forme d’un déjà-vu et revu en Italie. Formé à l’Inter, Destro a déjà connu quatre équipes. Ce phénomène n’est pas nouveau dans la Botte : les attaquants ont l’habitude de passer d’une équipe à l’autre sans jamais s’y imposer. Le topo est clair : privilégier une carrière en dents de scie, avec de perpétuels changement de clubs en Serie A, plutôt que de tenter l’aventure à l’étranger. Et ce avec pour seul but d’atteindre la Nazionale. Mais si l’on regarde les derniers transferts à l’étranger d’Immobile à Dortmund, ou de Cerci à l’Atletico, ils se sont aussi soldés par des échecs. On espère en Italie que El Shaarawy sera l’exception à un an de l’Euro 2016. Donc n’est-ce pas au final sa destinée que d’errer en Serie A ? Que nenni. On peut aussi facilement pointer du doigt l’attitude des attaquants italiens : ils préfèrent s’installer dans un certain confort, en sachant qu’un point de chute sera trouvé chez le voisin, sans se remettre en question. Même avec la confiance de son entraîneur, la vingtaine de buts par saison reste un mirage pour la plupart d’entre eux. Certes, la confiance plus accrue que les clubs italiens donne à des attaquants venant d’ailleurs peut jouer, mais un brin de manque de courage, voire d’audace et d’ambition peut quand même être soulevé. Que la formation italienne ait besoin d’un renouveau, c’est certain, mais Mattia Destro avait tout de même toutes les cartes en main pour s’en sortir. Le voilà pourtant en train de prendre le chemin des Matri, Pazzini et autres joueurs qui n’ont jamais passé le dernier cap. Destro fait même un pas en arrière en signant à Bologna pour réaliser son tour des stades. Et ce jusqu’à la prochaine aventure, surement en Serie A !




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Matteo Pogliani

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