Carpi, est-ce fini ?

Par Thomas Sghedoni publié le 30 Avr 2016

Carpi

Il y a encore 10 journées, à la question du maintien de la petite ville d’Émilie au top niveau, beaucoup aurait répondu que c’était franchement mal barré. Et pourtant, un peu à l’image de la première saison de Sassuolo en Serie A, il semblerait que le club soit sur le point de coiffer tous ses concurrents sur le poteau. Après avoir passé les 29 premières journées de la saison en pleine zone de relégation (à l’exception de sa victoire contre le Torino), les Falconi trustent la 17ème place depuis 6 matchs, en grande partie aidés par les 4 victoires sur les 7 dernières rencontres, et ce malgré une cuisante défaite lors du derby contre Sassuolo. On peut toutefois observer que cette tendance date en fait de beaucoup plus longtemps. Depuis la trêve en fait, puisqu’en effet, sur la phase retour, Carpi ne compte que 5 défaites pour 24 points engrangés, soit plus du double de la phase aller.

LES PILIERS DE LA MONTÉE ONT REPRIS LES CHOSES EN MAIN

Comment expliquer un tel changement ? Le président Caliumi n’a pourtant pas cédé à la mode palermitaine qui équivaut à avoir autant d’entraîneurs par saison que H&M de collections. S’il a dessaisi Castori de ses fonctions pour 5 matchs, il a finalement réintégré sur le banc l’artisan de la montée historique. Au final, il semblerait que la solution soit arrivée par le mal. Alors que le club avait roulé sur la Serie B, seulement 9 joueurs ayant participé à la montée étant resté au club lors du mercato d’été. Les partants ont alors été remplacé par une majorité de joueurs prêtés dont l’implication dans le difficile sauvetage du club n’a pas toujours été absolument évidente, à l’image de Luca Marrone ou Ryder Matos. Le mercato d’hiver a été l’occasion de changer de tactique: construire autour des piliers de Serie B que sont les défenseurs Simone Romagnoli et Riccardo Gagliolo, les milieux Lorenzo Lollo et Raffaele Bianco et l’ailier Antonio Di Gaudio, avec pour dernier rempart le gardien Slovène transfuge de l’Inter Vid Belec proposant match après match des performances de haute volée. Autour de ce cœur gravite selon les schémas tactiques (4-4-1-1 à la maison, 3-5-2 à l’extérieur) les recrues définitives et les jeunes pousses en lieu et place des joueurs prêtés du début de saison. Seule l’attaque reste un problème, Mbakogu reste désespérément muet et personne n’a réussi à prendre la place de Marco Borriello parti à l’Atalanta cette hiver, la délivrance venant en général des milieux, ou comme le week-end dernier, du jeune Kevin Lasagna, devenu meilleur buteur du club. Quoi de plus normal que la Lasagna sauve un club émilien, après tout ?

Maintenant, tout n’est pas fait, loin de là. Même si 3 points d’avance à 3 journées de la fin, aux alentours de la zone de relégation, sont un bien précieux, Carpi va recevoir la Lazio et se déplacer deux fois, chez l’Udinese et la Juventus, soit trois confrontations loin d’être des sinécures, alors que dans le même temps, son concurrent Palermo se rend chez la Fiorentina et reçoit la Sampdoria et le Hellas, soit deux matchs quand même plus abordables (même si le Milan aurait certainement quelque chose à dire la dessus). Frosinone, en revanche, avec 5 points de retard et des matchs contre le Napoli, Sassuolo et le Milan AC, semble bel et bien condamné. La sensation est que Carpi devrait pouvoir le faire. Pour revoir un derby contre Sassuolo en Serie A la saison prochaine et avoir une possibilité de plus de faire descendre Bologne de son piédestal au niveau régional.

Thomas Sghedoni

Rédacteur Sassuolo



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