Calciostory : Quand Sacchi et le Milan AC neutralisaient 5-0 le Real Madrid

Par Marco Pacini publié le 29 Nov 2018

Aujourd’hui il faut dire qu’il est difficile pour un supporter milanais de se réjouir de son équipe en coupes européennes,  mais pour les plus chanceux d’entre eux, certains on vu le Milan AC remporter de nombreuses C1 et réaliser des prestations qui resteront dans les annales. Arrigo Sacchi entraînait le Milan AC de 1987 à 1991, ces années furent brillantes pour le club lombard, et encore aujourd’hui l’entraîneur italien est pour certains un des entraîneurs ayant le plus apporté au Calcio. Sacchi et ses joueurs ont remporté deux fois de suite la coupe d’Europe des clubs champions, en 1989 et 1990. Et c’est en 1989, à l’occasion d’une demi-finale retour contre le Real Madrid que le Milan AC de l’époque va devenir mythique.

Un match au score inattendu et un véritable festival de buts

Pour resituer ce match, l’AC Milan reçoit à San Siro le Real Madrid entrainé par Léo Beenhakker, au match aller les équipes étaient restées sur un nul; 1-1. Les milanais semblent sur le papier égal à leur adversaire, en effet le club espagnol a de nombreuses stars confirmées comme Hugo Sanchez ou encore Butragueno, mais les milanais eux montrent leur force dans des joueurs talentueux et en pleine ascension. Sacchi doit donc trouver le moyen de vaincre « los Merengues », ses principales armes sont; le trio hollandais ( Van Basten; Gullit et Rijkaard) et la charnière Maldini\Baresi en défence.

Le match débute donc à San Siro, qui à son habitude est plein, l’ambiance est folle. Dés le début du match le Milan AC domine les espagnols et conserve la balle, les joueurs de Sacchi cherchent à aboutir leurs offensives, et c’est à la dix-huitième minute que la défense de Beenhakker craque. C’est Ancelotti qui ouvre le score sur une frappe de loin qui se loge sous la barre après deux sublimes crochets, c’est la folie à San Siro. Mais cela n’est pas des moindre; sept minutes plus tard Rijkaard double la mise avec une tête décroisée sous un centre de Tassotti. Et pour finir la première mi-temps en beauté, Ruud Gullit inscrit lui aussi un but de la tête, cette fois croisée au second poteau suite à un centre millimétré de Donadoni.

Le trio hollandais est en furie ce jour là, en effet à la suite d’une belle conservation de balle, cette dernière remonte peu à peu, de Maldini jusqu’à un appui de la tête de Gullit permettant à Marco Van Basten de lui aussi mettre son grain de sel dans cette splendide victoire, avec un frappe du gauche en puissance dans la lucarne gauche. Le match est plié Milan est certain de se qualifier pour la finale mais non ce n’est pas fini; Donadoni va à l’occasion d’un corner joué indirectement  faire une frappe du gauche pleine puissance depuis l’angle de la surface, la balle rase le poteau et trompe Buyo le gardien madrilène. Le trio hollandais a certainement ce jour là réalisé un des plus beaux matchs de sa carrière.

Ainsi San Siro peut exulter, le Milan se qualifie pour la finale et signe un match d’anthologie qui restera très longtemps dans les mémoires.

Pourquoi ce match a en réalité été gagné tactiquement par Sacchi, et comment ce dernier a révolutionné le football?

Sacchi a ce jour là fait une réelle démonstration tactique, c’est là que le match s’est gagné. L’entraîneur italien avait un système de jeu qui pour l »époque était des plus innovateurs, en effet aujourd’hui il est récurent et enseigné à tous. Le dispositif est simple un 4-4-2 à plat sans libéro, ce qui révolutionne le calcio de l’époque qui prime les compositions avec trois défenseurs. Un pressing haut, sur l’ensemble du terrain et surtout organisé afin d’empêcher l’adversaire de faire le jeu. Le bloc est très compact, chaque joueur doit respecter défensivement un placement par zone ce qui est habituel, mais, et c’est ce qui est le plus surprenant, offensivement aussi chaque joueur doit respecter une zone pour atteindre une fluidité de jeu sans égal. Les latéraux par exemple peuvent monter mais doivent à tout prix garder leurs côtés. Défensivement le piège du hors-jeu est appliqué, c’est par ailleurs ce qui mettra le plus en déroute les madrilènes avec sept hors-jeu signalés au terme du match. Ce style de jeu est l’opposé réel du Catenaccio à l’italienne.

Si on lit la tactique de Sacchi dans ses grandes lignes, cet homme est le précurseur du football moderne; jeu en triangle, des solutions en permanence à l’aide de « zones offensives » , pressing constant et stigmatisation de l’adversaire l’empêchant de mettre le pied sur le ballon. Tout cela lié à l’effectif talentueux d’Arrigo est cela faisait un cocktail des plus plaisant.

Sur un autre aspect il faut aussi saluer la tactique employée lors de ce match avec les coups de pied arrêtés, deux buts sont issus de cela, celui de Rijkaard et celui de Donadoni, en effet Sacchi avait donné pour ordre de varier la façon de tirer les corners. Ainsi les joueurs milanais jouent parfois indirectement ce qui perturbe profondément « los Blancos ».

Ce match est aussi resté dans l’histoire car après celui-ci, l’AC Milan remportera sa troisième coupe des champions face à la Steaua Bucarest 4-0.

Marco Pacini

Rédacteur pour Calciomio.



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