Calciostory : Quand le Napoli de Maradona a fait douter le Real Madrid

Par Nicolas Soldano publié le 06 Mar 2017
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30 septembre 1987. Le Napoli s’apprête à recevoir le Real Madrid dans son antre, le San Paolo. Les Napolitains ont fort à faire, puisqu’ils ont été défaits à l’aller 2 à 0 dans un Santiago Bernabeu complètement vide. Des incidents entre le Bayern Munich et le Real durant l’édition précédente de la coupe d’Europe avait permis à l’UEFA de sanctionner le club en le contraignant à jouer à huit clos son premier tour. Fernando De Napoli, titulaire se soir là s’en souvient : « nous avons débuté notre aventure européenne avec le pire des scénarios : nous avons joué dans un Bernabéu à huis clos, dans un stade si grand que l’on entendait le son du vide ». Les Azzurri sont donc condamnés à l’exploit : battre les Madrilènes par 3 buts d’écart ou tenter d’aller les pousser jusqu’aux tirs aux buts.

Un San Paolo en éruption

Pour le premier match de Coupe d’Europe des clubs champions à domicile de l’histoire du Napoli, les tifosi napolitains sont surexcités, surtout que le Real Madrid, pour ce qu’il représente, fait saliver le peuple de Campanie qui rêve de le voir tomber à Naples. Des rumeurs folles circulent sur le fait que près de 100 000 personnes seraient présentes dans le stade, alors qu’officiellement la capacité maximale est de 87 500 spectateurs !

Les supporters du Napoli, encore sur la lancée de la fête de leur premier titre de championnat qui a duré sans discontinuer toutes les grandes vacances, envahissent les abords du stade dés le début de l’après midi. Tout le monde y croit. Les Ultras des Curva A et B, qui ont promis l’enfer aux joueurs du Real Madrid, finissent les préparations pour les banderoles et animations d’avant match. L’heure du coup d’envoi approche, les portes du stade s’ouvrent. Pendant l’échauffement des joueurs, le stade finit de se remplir et semble trembler d’excitation. En tout ce soir, les Partenopei vont jouer devant 83,827 spectateurs, deuxième record historique du club derrière le Napoli-Foggia de 1979 (environ 90 000 spectateurs). Les joueurs rentrent enfin sur la pelouse et le stade s’embrase. Quelques bombes agricoles résonnent et des rangées complètes de fumigènes sont allumés, plongeant le stade dans une chape de fumée épaisse. Tout est prêt pour l’exploit.

Si vite, l’espoir, puis la désillusion

Des deux côtés, les stars sont de sortie. Du côté Napoli, Ferrara, Renica, De Napoli, Giordano, Careca et Maradona sont titulaires. Côté madrilène, Gallego, Michel, Hugo Sanchez et Butragueño débutent la rencontre. Les dix premières minutes sont à sens unique, les Napolitains sautent à la gorge des Merengues, ils monopolisent le ballon et les acculent dans leur moitié de terrain. A la neuvième minute, sur un long ballon dans la surface, Careca s’y reprend à deux fois pour passer le ballon de la tête à Francini venu donner un coup de main aux avants postes. Le défenseur tire instantanément de la tête, Paco Buyo arrête la frappe mais repousse la balle dans les pied de Francini qui marque en force à bout portant. Quel vacarme ! le Vésuve semble s’être réveillé ! Tout le stade saute comme un seul homme, cette fois c’est sûr, le peuple azzurro y croit dur comme fer. Secoués par cette ouverture du score précoce, les joueurs du Real Madrid vont remettre le pied sur le ballon et le match semble se rééquilibrer légèrement. Le Napoli continue de pousser, Maradona ne cesse de provoquer, avec, comme sans le ballon, mais la défense du Real, au four et au moulin, tient le choc. Quand arrive le tournant du match.

Juste avant la mi-temps, Francini, décidément en feu, se retrouve à déborder côté gauche de la surface de réparation madrilène. Parti du milieu de terrain, il prend toute la défense de vitesse et centre à ras de terre pour Careca, seul à 3 mètres des cages. Le Brésilien décide de frapper entre les jambes du gardien qui réalise l’arrêt réflexe avec les pieds avant de capter la balle en deux temps. 3 minutes plus tard sur une des rares offensives du Real, Hugo Sanchez reçoit la balle côté droit et distille une passe en profondeur fabuleuse qui prend toute la défense du Napoli à revers. Butragueño, auteur d’un appel parfait tire sans contrôle et loge la balle dans le petit filet opposé. Les joueurs et l’ensemble du stade n’en reviennent pas. La douche semble glaciale pour tout le monde et l’arbitre siffle la mi-temps dans un San Paolo qui a pris un vrai coup sur la tête. Les joueurs napolitains mettront du temps à revenir dans le match car il faut digérer la nouvelle mission : il faut maintenant marquer 3 buts pour espérer se qualifier ! le match reprend comme il avait commencé, les joueurs d’Ottavio Bianchi se remobilisent et fondent sur les cages madrilènes. Cependant, plus les minutes passent plus l’exploit semble impossible. La défense du Real repousse tout et l’attaque napolitaine semble sans solution. Les joueurs se frustrent et Carnevale finit même par se faire expulser. Coup de sifflet final. Les joueurs s’effondrent sur la pelouse. Ils n’ont pas pu le faire. Mais après les regrets, ils se rendront compte qu’ils ont fait partie d’un match historique du Napoli, à l’image du club, plein de forces, d’espoirs et… de regrets…

Nicolas Soldano

Rédacteur



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