CALCIOSTORY : Fiorentina-Bayern, une opposition spectaculaire

Par Ben Soffietti publié le 17 Avr 2020

La saison de la Fiorentina est bien décevante puisque le club toscan végétait à la 13ème place avant le confinement. Dans cette période sans football, Calciomio a décidé de reculer dix ans en arrière, puisqu’en 2010, la Viola était engagée une deuxième saison consécutive en Champions League et s’offrait un huitième de finale face au Bayern, avec une double confrontation riche en spectacle.

Phase de poule réussie et échec en Bavière

Lors de la saison précédente, avec sa quatrième place, la Fiorentina retrouvait la Champions League. Mais après six matchs et une victoire, la Viola regarde le Bayern et l’OL obtenir leurs billets pour la suite de la compétition. Une élimination prématurée qui permet aux Toscans de finir la saison avec une nouvelle quatrième place et la possibilité de participer à nouveau à la plus prestigieuse des compétitions européennes.

La saison suivante, la Viola passe de justesse en barrages contre le Sporting (2-2/1-1) mais réalise ensuite une phase de groupe quasiment parfaite. Une défaite initiale contre Lyon, puis cinq victoires consécutives, dont deux succès contre Liverpool. L’ultime succès à Anfield (2-1), sur un but de Gilardino, permet à Cesare Prandelli et ses hommes de finir en tête du groupe E et d’avoir l’avantage d’accueillir pour le huitième de finale retour. Le tirage au sort est relevé, puisque ce sera le Bayern, alors quatre fois vainqueur de la compétition.

Les Italiens s’inclinent au match aller mais s’en sortent plutôt bien en ayant inscrit ce but à l’extérieur qui compte tant. Sur le papier, on se dit que la réalisation de Krøldrup, à l’affut sur corner, permet à la Viola de faire une bonne opération. Cependant, elle aurait dû s’en tirer encore mieux, puisque sur le second but bavarois, à une minute du terme, Klose est nettement hors-jeu sur la remise d’Olić, mais l’assistant de M. Øvrebø le voit différemment. Le Bayern viendra en Italie avec un but d’avance.

Ambiance des grands soirs et entame parfaite

Mardi 9 mars 2010, la Fiorentina accueille le Bayern. L’Artemio Franchi affiche complet puisque 42 762 spectateurs se sont massés en tribune, sur les 43 100 places disponibles. La Viola aura droit à un soutien infaillible et démarre la partie avec le même dispositif qu’en Allemagne, c’est-à-dire un 4-4-1-1. Deux changements sont à signaler dans le onze toscan : Gobbi, exclu au match aller, est remplacé par Felipe à gauche de la défense. Cristiano Zanetti prend la place de Bolatti et débute aux côtés du capitaine Montolivo. Devant, Gilardino occupe la pointe de l’attaque, soutenu par le virevoltant Jovetić. Le Bayern évolue dans un dispositif semblable à celui de Prandelli et peut compter sur le génie de ses ailiers, Ribery et Robben.

Hans-Jörg Butt, le gardien bavarois, ne s’est pas montré rassurant au match aller et la Fiorentina compte appuyer sur ce point faible. Comment ? Tout simplement, en tentant davantage de frappes lointaines. Et si le coup franc de Vargas échappe le cadre en début de partie, le portier est poussé à la faute quelques minutes plus tard. Marchionni prend sa chance à 25 mètres de la cage allemande: gêné par le rebond, Butt repousse mollement sur sa droite, où Vargas conclut d’un tir puissant. La Fiorentina a remonté son retard et rentre aux vestiaires virtuellement qualifiée.

Onze minutes de folie et manque de réussite

Dans cette situation, la Fiorentina a deux possibilités. Soit reculer pour conserver ce but d’avance, soit attaquer pour se mettre à l’abri. Les principes de jeu de Prandelli font que ses hommes continuent de pousser après la pause. Gilardino échoue devant Butt, mais dans la foulée l’Artemio Franchi chavire. 54ème minute, Marchionni centre à ras-de-terre, plus ou moins volontairement Gilardino remise pour Jovetić qui double la mise d’un tir croisé. La Viola mène de deux buts mais n’assomme pas le Bayern. En effet, habituée de ces joutes européennes, l’institution allemande réagit dans la foulée. Son capitaine Van Bommel, profite de la feinte de corps de Müller, pour marquer d’un tir précis des 20 mètres. Frey est battu et à cet instant du match, les deux équipes sont à égalité parfaite.

La Fiorentina ne baisse pas les bras. Ballon contré de Vargas, déviation de la tête de Gilardino pour Jovetić qui s’amène le cuir et trompe Butt. Quatre minutes après le but allemand, le Monténégrin inscrit son cinquième but dans la compétition et qualifie à nouveau les siens dans une explosion de joie. Mais le Bayern possède une arme secrète qu’il utilise à chaque fois qu’il est en danger. Cette arme, c’est l’action fétiche de son ailier. Sur son pied gauche, Robben démarre de son couloir droit, repique dans l’axe et enroule une frappe souvent dans la lucarne opposée. Sur l’engagement du but florentin, naïvement, ou encore dans l’euphorie, Felipe, puis Vargas laissent le Néerlandais pénétrer plein axe, puis Montolivo n’avance pas suffisamment sur l’ailier qui déclenche un tir imparable. Frey est trop court : 3-2. Les quatre buts ont été inscrits en onze minutes, et les tifosi de la Viola sont passés par tous leurs états. Sauf que ce coup-ci, la réalisation bavaroise élimine la Fiorentina. Les Toscans n’arrivent plus à aller de l’avant malgré un attaquant supplémentaire, le brésilien Keirrison. Le Bayern recule et bloque toutes les velléités offensives des Italiens.

M. Mallenco siffle la fin du match. La Fiorentina a rivalisé avec le Bayern (4-4), sauf que les deux buts encaissés à domicile les éliminent. Pourtant, dans le jeu, il n’a manqué qu’un brin de réussite, un brin de chance avec le deuxième but encaissé à l’aller, un brin d’expérience pour empêcher Robben de frapper au retour.

Le Bayern arrivera en finale mais sera battu par l’Inter, alors que depuis Fiorentina n’a plus participé à la Champions League.

Ben Soffietti

Rédacteur



Lire aussi