Cagliari, une identité portée par ses tifosi d’ici et d’ailleurs (2/3)

Par Sébastien Madau publié le 19 Sep 2021
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Au-delà des symboles, la notion d’identité d’un club se forge également à travers les femmes et les hommes qui donnent de leur temps, de leur énergie et de leur argent pour leur équipe. En effet, très peu de clubs ont réussi à durer dans l’histoire du foot sans un véritable soutien populaire. Indépendamment des résultats et des palmarès obtenus. Cagliari est loin d’avoir le monopole en la matière. Mais que serait le Cagliari Calcio sans ses tifosi ? Avec une particularité : touchée par les phénomènes massifs d’immigration depuis le 19e siècle, la Sardaigne voient, du coup, les soutiens aux 4 Mori s’étendre sur tout le globe.

Des clubs de supporters partout dans le monde…

Car oui, si Cagliari a un atout, c’est véritablement ses tifosi. Sur l’île, sur le continent et dans le monde. On ne compte plus les Cagliari Clubs sur les 5 continents, souvent d’ailleurs liés aux cercles d’immigrés dans de multiples pays.
La saison dernière, les instituts StageUp et Ipsos ont analysé le profil des 25 millions de personnes (de 14 à 64 ans) se déclarant supporter une équipe de Serie A (saison 2020-2021). Parmi eux, 500 000 ont affirmé soutenir Cagliari, plaçant le club sarde en 8e position sur 20. Cet attrait se vérifie lorsque les Rossoblù évoluent à l’extérieur. A chaque fois, un secteur est réservé aux tifosi ospiti, visiteurs, arrivés par bateau ou directement de la ville d’accueil. Les rencontres à Turin – la capitale piémontaise ayant accueilli des dizaines de milliers de Sardes au fil des décennies notamment pour travailler chez FIAT- sont représentatives de ce phénomène. « Quand nous jouions à Milan, à Turin, il y avait 5 ou 6 000 Sardes qui arrivaient d’Allemagne, de Suisse ou de France » aime à se souvenir Gigi Riva, artisan du Scudetto de 1970. Lors de l’épopée en Coupe UEFA en 1993-1994, le match joué à Malines devant des milliers d’immigrés venus travailler à la mine et leurs enfants est dans toutes les mémoires. Ils étaient 20 000 sur les gradins du Stade San Paolo de Naples pour assister au malheureux match de barrage pour le maintien en Serie A perdu 3-1 face à Piacenza le 15 juin 1997.

…unis par une même passion

La diversité des profils de supporters entraîne, par voie de conséquence, une diversité dans le type de relations qu’ils peuvent entretenir avec leur club, et surtout leurs dirigeants. D’un côté, les ultrà et leur intransigeance sur tous les choix de la direction en matière de recrutement, de tarifs de billetterie, de mesures de sécurité. De l’autre, des immigrés ou enfants d’immigrés vivant – le plus souvent par procuration- leur passion à plusieurs centaines, voire milliers, de kilomètres. Alors, le match hebdomadaire des Rossoblù, suivi en paytv, devient un moment de ralliement vécu à plusieurs avec la terre quittée ou celle des aïeuls. Sans parler du jour de la venue de l’équipe dans sa ville d’adoption, faisant du match un rendez-vous à ne rater sous aucun prétexte.
Cette notion de communion pourrait s’accentuer une fois le nouveau stade livré. Les stades en effet, ont toujours partie des éléments structurant d’une identité. Les Sardes l’ont appris à leur dépens. Aucun cadeau n’aura jamais été fait aux tifosi de Cagliari : de l’historique Amsicora délaissé juste après le Scudetto de 1970, au Sant’Elia et son inutile piste d’athlétisme, en passant par la provisoire Sardegna Arena, rebaptisée depuis Unipol Domus, loi naming oblige. Sans oublier, au début des années 2010, les mois passés à jouer les matchs à domicile… à Trieste, faute d’enceinte homologuée. Un imbroglio qui aura y compris fait passer l’ancien président Massimo Cellino par la case prison.
L’amour d’un club n’est jamais un long fleuve tranquille. A Cagliari comme ailleurs. Mais qui sait si, en fait, ce ne sont pas l’ensemble de ces péripéties qui fondent la passion, parfois irrationnelle pour un maillot.

A suivre :

1 – Cagliari, une identité nourrie de symboles forts

2 – Cagliari, une identité portée par ses tifosi d’ici et d’ailleurs

3 – Cagliari, une identité à forger sur le terrain





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Sébastien Madau



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