Bilan de la saison 2015-2016 : Sassuolo

Par Thomas Sghedoni publié le 31 Mai 2016
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Sassuolo

Plus haut, c’est le soleil ! Enfin, pas tout à fait, mais la place au soleil par contre, elle, est bien devenue une réalité. Pourtant, le mercato ne laissait pas vraiment présager une telle montée en puissance, puisque le buteur de l’équipe Zaza partait pour la Juve, remplacé par un Defrel qui avait tout à confirmer après sa belle saison à Cesena. Le reste n’étant qu’ajout de jeunes talents à polir, comme Politano, Pellegrini, Duncan ou encore Falcinelli. Mais la recrue phare du club, en définitive, était bien la stabilité. Di Francesco a encore réussi à faire progresser son groupe, pour finir par accrocher à la suite d’un mano a mano avec le Milan une superbe 6ème place Européenne grâce à une défaite de ce même Milan en finale de la coppa. Seul un parcours indigne dans la dite coupe vient ternir l’image de l’excellente saison de la plus Italienne des équipes de la Botte.

LA SAISON DE SASSUOLO

Sassuolo 2015-2016

– 6ème de Serie A

– Eliminé au 4ème tour de la Coppa Italia par Cagliari

– 40 matchs, 17 victoires, 13 nuls, 10 défaites, 51 buts marqués, 41 buts encaissés

L’EQUIPE-TYPE

– Meilleur buteur : Nicola Sansone, Domenico Berardi, Grégoire Defrel, 7

– Meilleur passeur : Domenico Berardi, 7

– Joueur le plus utilisé : Francesco Acerbi, 3 420

LES +

FRANCESCO ACERBI

Avec un Paolo Cannavaro vieillissant, il a pris ses responsabilités et est devenu le véritable taulier de la défense. Très solide sur les ballons aérien dans sa surface, il ne l’est pas moins dans la surface d’en face, en témoigne ses 4 buts cette saison. Un roc derrière, il est un des grands artisans de la belle 4ème place de la défense Neroverdi cette saison. Cette saison pleine et sa première sélection avec les Azzuri achève la renaissance de ce joueur après ses terribles soucis de santé, et confirme que maintenant, il va croquer le calcio à pleines dents. Le premier des 4 fantastiques.

ALFRED DUNCAN

Alfred a probablement du être jardinier dans une autre vie pour ratisser avec autant d’efficacité. De grands compas qui lui servent de jambes et qui récupèrent tout ce qui traîne, le tout conjugué à une capacité de projection vers l’avant impressionnante pour un milieu récupérateur comme en témoigne ses 4 passes décisives, toutes dans le jeu. Un vrai milieu moderne en soit. Sassuolo devrait très logiquement lever l’option d’achat de 6M€ afin de l’arracher définitivement à la Sampdoria. Une perle de 23 ans de plus à polir pour Eusebio.

NICOLA SANSONE

Le troisième et le moins connu des terribles larrons qui composaient l’attaque de Sassuolo l’année passé (Sansone – Zaza – Berardi), mais pas le moins talentueux, loin de la. On l’attendait au tournant cette année, et il a confirmé tout son potentiel en inscrivant 7 buts et en délivrant 5 passes décisives, et pas n’importe comment : de somptueuses frappes pour la plupart. Avec le départ programmé de Berardi à la Juve, il devrait prendre le leadership de l’attaque d’une équipe qui part à l’assaut de l’Europe. Enfin, ça, ce sera s’il reste au club, ce qui n’est pas fait.

LES –

DOMENICO BERARDI

Cela peut paraître complètement incohérent de mettre Domenico dans les « moins » alors qu’au même poste Sansone, de 3 ans son aîné et avec de moins bonnes statistiques, fait lui parti des +. La raison est en fait très simple : il a fait une très bonne saison, mais largement en deçà de ce que ses capacités exceptionnelles lui permettraient de faire. Peut-être que de devoir porter l’attaque était un poids un peu lourd, peut-être qu’il est maintenant surveillé comme le lait sur le feu, mais toujours est-il que ses mouvements ont un peu moins de spontanéité. Son transfert vers la Juve devrait le libérer. Plus d’espace, plus la star, bref, un meilleur environnement psychologique pour définitivement exploser à la face du monde.

DIEGO FALCINELLI

De retour d’un prêt réussi à Perugia, il n’a pas réussi à faire oublier Simone Zaza. Avec le départ poussif de Grégoire Defrel et la mise à l’écart progressive des vieux grognards Floccari et Floro Flores, il avait tout à gagner, mais n’a pas su faire fructifier son important temps de jeu (3 buts, 2 passes en 1 230 minutes). Le passage de la Serie C à la Serie A était probablement trop grand. Toujours est-il que le retour en forme de Defrel l’a poussé sur le banc, et que l’arrivée de Marcello Trotta cet hiver et qui commence à s’adapter à l’équipe risque de le pousser définitvement dehors.

MARCELLO GAZZOLA

À la différence des deux autres, le garçon n’avait pas vocation à être titulaire. Néanmoins, l’écart de niveau entre Sime Vrsaljko et lui est saisissant, et le Croate a du jouer un sacré paquet de match cette saison, n’ayant pas de solution de rechange. Une chance qu’il soit solide. Avec l’arrivée de l’Europe et un nombre (beaucoup) plus important de matchs la saison prochaine, son remplacement semble indispensable. Le club a simplement plus progressé que lui.

LES AUTRES

Andrea Consigli : Toujours aussi solide, si la défense de Sassuolo fini 4ème, c’est aussi en grande partie grâce à ses parades. Il a également gratifié les médias friand de buzz d’un superbe but gag contre la Fiorentina.

GianLuca Pegolo : Un temps de jeu famélique, mais logique pour un second gardien devant se contenter des coupes. Un historique de la montée qui à qui ce rôle correspond parfaitement.

Sime Vrsaljko : Solide derrière, dangereux devant, avec une grande qualité de contre (4 passes décisives). Simplement indispensable. Les rumeurs de mouvement vers la Juve ne surprennent personne. Le second des 4 fantastiques.

Francesco Magnanelli : La Bandiera du club avec lequel il a su grandir (depuis la Serie C2 !), toujours incontournable au milieu, rugueux à souhait, gueulard comme il faut. Un vrai capitaine en somme !

Federico Peluso : Le pendant gauche de Vrsaljko, en un peu plus sage et plus expérimenté, en plus vieux quoi. Le troisième des 4 fantastiques.

Alessandro Longhi : Remplaçant de Peluso à gauche, il n’a pas eu beaucoup de temps de jeu, mais a été satisfaisant lors de ses entrées, sans se plaindre. Un bon remplaçant, mais trop limité pour prétendre à plus.

Luca Antei : Comme son compère du dessus, à fait le taf en défense centrale lorsqu’on a eu besoin de lui. Il commence à plafonner et il est improbable qu’il puisse remplacer Cannavaro à terme. Un 3ème défenseur central idéal.

Paolo Cannavaro : Plus aussi utilisé que les années d’avant, ne se faisant pas plus jeune chaque année. Sa sérénité et sa grinta son pourtant inestimable. Le dernière des 4 fantastiques.

Simone Missiroli : Une autre bonne année pour le Pirlo Calabrais. Il a disputé un peu moins de match, la faute à une cuisse récalcitrante et quelques rouges pas toujours bienvenus.

Karim Laribi : Après sa bonne saison en Serie B et sa promotion avec Bologna, il partait avec de l’avance dans l’entre-jeu, avant de se faire doubler par Biondini et Pellegrini. A voir si l’Europe sauve sa place dans le groupe.

Lorenzo Pellegrini : Le transfuge de la primavera de la Louve a justement profité des absences de Missiroli pour doucement monter en puissance. Joueur de rotation intéressant cette année, à revoir l’année prochaine.

Davide Biondini : Le rouquin est toujours la, bon pied bon œil. Pas le plus doué, mais toujours à débaler ses tripes sur le terrain. Avec l’Europe, il va rester indispensable. Il devrait néanmoins passer derrière Pellegrini dans la hiérarchie.

Matteo Politano : Il a eu du mal à commencer la saison, un peu à l’image de Defrel. Il a toutefois été primordial dans la course à l’Europe lors des deux dernières journées, arrachant la victoire contre contre l’Inter avec un doublé et contre Frosinone, faisant passer son total de 2 à 5 buts. Probablement suffisant pour que Sassuolo lève l’option d’achat et en fasse le replaçant de Berardi.

Antonio Floro Flores : A parfaitement joué son rôle de grand-frère lors du début de saison avant de partir au Chievo un fois les jeunes à maturité. Merci pour tout !

Sergio Floccari : Exactement le même constat que pour Antonio. Merci pour tout, même si la célébration de son but avec Bologna dans le derby était probablement un peu malvenue.

Grégoire Defrel : Arrivé avec une étiquette de gros espoir, puis décalé sur un coté, il a eu du mal à s’imposer en première moitié de saison avant de devenir incontournable lors des matchs retours. Compense une technique un poil aléatoire par une hargne de tout les instants. L’année prochaine sera la bonne.

L’ENTRAÎNEUR

Eusebio di Francesco, en soit, la star de l’équipe. Sa prolongation jusqu’en 2019 alors que la Lazio ou le Milan avaient un œil sur lui est de loin la meilleur nouvelle du mercato qui s’annonce. Il est l’âme de l’équipe, le promoteur de ce jeu léché, rapide et efficace. L’artisan de l’éclosion de nombre de jeunes talents et le gardien avec son président Squinzi de « l’Italianité » de l’équipe qui la rend si sympathique pour les amateur du calcio. Après avoir démontré son talent dans la botte, il va maintenant devoir se frotter à l’Europe pour continuer de grandir, car ne l’oublions pas, c’est un jeune entraîneur. Il va notamment devoir apprendre à faire tourner une équipe et à gérer le nombre de match, chose qui lui manque, ses expériences en coupe nationale se révélant pour le moins peu convaincantes. Mais comme il ne cesse de grandir avec ses joueurs et son club, gageons qu’il réussira.

LA SAISON PROCHAINE

La saison la plus excitante de l’histoire du club. Imaginez-donc : il y a 10 ans, personne ne connaissait la ville en dehors de l’Emilie-Romagne et son club croupissait en serie C2. Et maintenant, la voilà l’assaut de l’Europa League pour la première fois de son histoire, et le tout avec une philosophie de jeu alléchante. Pourtant, il ne faudra pas se laisser gagner par l’euphorie. En effet, ça n’est pas tout de décrocher l’Europe, le mieux, c’est d’y retourner. Avec cette saison, Sassuolo se positionne clairement comme une nouvelle force de la deuxième tranche du calcio, et à lui de se stabiliser pour longtemps avec les Lazio, Genoa et consorts. De plus, avec la disparition du Modena FC dans le gouffre de la Lega Pro, une passation de pouvoir s’est faite et voila le club représentant pour un bon moment de la province de Modène au niveau national, avec la responsabilité qui lui incombe durant les derby avec Bologna. Plus que tout, l’année prochaine, il va lui falloir assumer son nouveau statut en conservant son identité. Une sacrée saison qui attend le club en somme.




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Thomas Sghedoni

Rédacteur Sassuolo



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