Au revoir Garcia et bentornato Spalletti

Par Julien Braidotti publié le 16 Jan 2016

Garcia - Spalletti

Le match nul acquis dans la douleur face au Milan AC samedi dernier aura été la goutte d’eau pour le président James Pallotta. Une rencontre où l’on aura pu, une nouvelle fois, voir le côté obscur qui fait sombrer les romains depuis plus d’un an. Un mal profond que Rudi Garcia n’était plus en mesure de guérir. Le coach français quitte ainsi la capitale italienne par la petite porte et sans trophée, avec un bilan mitigé mais pas forcément mauvais.

De beaux souvenirs…

Même si la plupart des tifosi réclamaient son départ depuis plusieurs mois, il est évident que Rudi Garcia va laisser un bon souvenir de son passage à l’AS Roma. A l’époque de sa nomination, la Roma venait de finir la saison à une mauvaise sixième place et surtout, par une finale de Coppa Italia perdue face au grand rival, la Lazio. Il récupère une équipe marquée mentalement, dans un climat tendu où les tifosi, ne le connaissant pas ou peu, voient en lui un nouvel échec annoncé. Premier tour de force, il va réaliser un mercato très intelligent. Il réussit à faire venir Benatia, Strootman, Ljajic, Gervinho, Maicon, De Sanctis ou encore Nainggolan. Alliant jeunesse et expérience, la mayonnaise va prendre instantanément et cette nouvelle Roma va enchainer pas moins de 17 matchs sans défaite. Une Roma séduisante, conquérante, qui domine, qui marque et qui défend bien. Garcia va surtout gagner 2-0 son premier derby (il n’en perdra aucun durant son mandat) et déclarer à l’issu du match « j’ai replacé l’église au centre du village ». Un résultat et une déclaration qui va directement le placer dans le cœur des tifosi. S’en suit une année de rêve où il finit deuxième avec 85 points au compteur, derrière une Juventus injouable. Après trois ans de galères, il a fait relever la tête au peuple romanista et a gagné leur respect. Le premier technicien français à entraîner en Serie A peut donc partir la tête haute, fier du travail accompli, et pourra donner quelques conseils à ses collègues français qui auront, peut-être, l’opportunité d’entrainer en Italie.

…mais des belles casseroles.

Évidemment, il serait malhonnête de dire que son passage a été parfait. En effet, Garcia va également se trainer quelques casseroles de cette expérience. A commencer par ses résultats en Champions League et plus particulièrement, ces deux leçons de football reçues face au Bayern Munich (1-7) et à Barcelona (6-1). Des résultats européens qui vont mettre en lumière trois défauts du coach français. Son arrogance, qui lui a fait croire qu’il pouvait faire jeu égal avec l’équipe allemande. Son entêtement, qui ne l’a jamais fait (ou trop rarement) se remettre en question et qui l’a enlisé dans son système de jeu. Des lacunes tactiques et techniques trop importantes. On peut également citer la mauvaise gestion de certains joueurs (Gervinho, Destro, Doumbia, Ibarbo…) mais dans une moindre mesure. A sa décharge, Garcia a dû faire face au départ de Benatia et aux blessures à long terme de Strootman, Maicon et Castan, quatre joueurs indispensables de sa première saison. Sans eux, le sergent n’arrivera finalement jamais à rééditer ses exploits et à retrouver cette stabilité que faisait la force de son équipe.

Le divin changement

Après une année sabbatique depuis son départ du Zénith Saint-Pétersbourg, Luciano Spalletti reprend le flambeau et « vient finir ce qu’il a commencé ». En effet, le coach italien est loin d’être inconnu à Rome car il a entraîné les giallorossi de 2005 à 2009. Un avantage certain quand on prend une équipe en cours de saison. Grâce à son arrivée, Luciano va apporter une nouvelle dynamique, une nouvelle dimension tactique et surtout, va redistribuer les cartes. Même si la hiérarchie ne devrait pas beaucoup évoluer dans un premier temps, les titulaires font partie d’une équipe qu’il n’a pas choisie. Chaque joueur va donc devoir se bouger s’il veut garder sa place car lui, ne leur a fait aucune promesse. Va t-il réussir à bonifier l’héritage et l’effectif laissés par Rudi Garcia ? Premier élément de réponse dimanche, face aux derniers du championnat.

Julien Braidotti

Rédacteur Roma



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