Apocalypse Now, stades italiens vers l’oubli

Par Leo Carta publié le 09 Oct 2015

artemio

The Walking Dead Stadiums

30 septembre 2015. L’hollywoodien Aurelio De Laurentiis crie : « Le San Paolo est un W.C« , dénonçant l’état insalubre et de délabrement dans lequel se trouve le théâtre napolitain. Un de coup de pied dans une fourmilière trop passive et qui peine à s’agiter convenablement. Manque de bol, le même jour, un supporter du Legia Varsovie s’introduit tranquillement dans le temple partenopeo et désacralise les lieux : tags, slogans, croix celtiques et vidéo YouTube. Assez pour comprendre que quelque chose ne va plus en Italie. Manque de contrôles, enceintes vétustes ou à l’abandon. Aujourd’hui on ne peut que constater l’alarmante situation. L’exemple du San Paolo de Naples est d’ailleurs criant. Les sièges ne sont plus aux normes et les toilettes sont constamment indisponibles, à tel point que, pour les rencontres UEFA, le club doit obtenir une dérogation et installer des toilettes chimiques (vous savez, les cabines bleues qu’on voit au bord des chantiers). Plus incroyable encore, jusqu’en juin dernier le San Paolo était même en « risque incendie« , manquant d’extincteurs et d’une certification de prévention anti-incendie. On parle ici d’un édifice qui, en moyenne, accueille 60 000 personnes lors de ses plus belles soirées. Habitué des sorties médiatiques retentissantes, De Laurentiis n’a donc pas totalement tort et devient aujourd’hui prêcheur de vérités.

D’autres infrastructures illustrent une situation encore plus chaotique. Le Flaminio de Rome par exemple. Utilisé par la Nazionale Rugby jusqu’en 2011, il est aujourd’hui à l’abandon. Ce théâtre de 30 000 places, qui a accueilli pendant la saison 1989-1990 Roma et Lazio, est aujourd’hui habité par des sans-abris, tandis que les tribunes sont infestées de ronces et mauvaises herbes. Un spectacle post-apocalyptique qui fait froid dans le dos. Pourtant, le bateau a mis du temps à couler quand on sait que la majorité des stades italiens sont septuagénaires et que des rénovations manquent depuis la Coupe du Monde 90. Il est donc grand temps de déclencher l’alerte naufrage, aussi connue sous le nom d’Alerte Schettino.

House of Red Cards

En ce qui concerne la rénovation des stades, les plus importantes batailles se disputent dans les bureaux du maire : « la plupart des stades appartiennent aux mairies et les clubs doivent, ne serait-ce que pour bouger une armoire, entamer des procédures dingues » soutient Carlo Longhi, ex-arbitre qui s’occupe aujourd’hui des stades pour la FIGC et la Lega Calcio. Pourtant des solutions existent et deux stratégies se dégagent. Plan A : repartir de zéro et construire un stade de propriété comme l’a fait la Juventus et comme en rêvent le Milan AC ou la Roma. Plan B : racheter et restructurer le stade, comme l’ont fait Sassuolo et Udinese (plus précisément, le club frioulan a signé un bail emphytéotique), comme voudraient le faire le Napoli ou l’Inter. Cette dernière reste pourtant l’option la plus compliquée à mettre en place car elle demande d’investir des fonds privés sur des biens publics. Autant essayer de mélanger l’huile et l’eau. A Sienne par exemple, un projet de restructuration de l’Artemio Franchi est à l’étude depuis des années. Adopté en 2014, rien n’a encore été fait tandis que le stade est en open bar 24/7. Pourtant, la situation devient de plus en plus urgente. Sans une reprise en main globale de la situation, les candidatures aux événements de la FIFA et de l’UEFA resteront vaines. Car les quelques stades accueillant de grands événements (finale de l’Europa League 2013/2014 au Juventus Stadium et finale de la LDC féminine 2015/2016 au Mapei) ne sont que de la poudre aux yeux. Il est temps de réagir. #AlerteSchettino

Leo Carta

Rédacteur Juventus



Lire aussi