Antonio Cassano, le énième retour

Par Matteo Pogliani publié le 14 Jan 2016

cassano sampdoria

Revenu de toujours plus loin

Pris dans le tourbillon du scandale ayant touché l’équipe de Parme la saison dernière, Antonio Cassano avait décidé de résilier son contrat au début de l’année 2015, ne supportant plus la situation du club parmesan ainsi que le défaut de paiement des salaires qui lui étaient dus. À ce moment-là, certains pensaient qu’il allait mettre un terme à sa carrière, mais cela, c’était sans vraiment le connaitre. Car l’amour que Cassano éprouve pour le ballon rond reprend toujours le dessus, bien que ses humeurs, son comportement, ou, comme dans ce dernier cas, des cas de force majeure tentent souvent de l’éloigner du terrain. Huit mois sans club, sans s’entraîner avec une équipe, huit mois au cours desquels son physique, qui lui a souvent joué des tours par périodes, pouvait complètement se laisser aller. Et pourtant rien de tout ça, Cassano savait que son heure allait revenir, lui qui a l’habitude de refaire surface quand on s’y attend le moins, notamment lorsque les discours de Nazionale sont les plus chauds. C’est ainsi qu’au mois d’août dernier, il signe un contrat de deux saisons avec la Sampdoria, une de ses ex préférées qu’il n’a jamais oubliée. Ferrero voulait qu’il revienne et ce indépendamment de la volonté de son entraîneur de l’époque, Zenga. Mais, comme ce dernier ne le calculait pas, le natif de Bari n’a pas trouvé le temps de jeu espéré, et il nous a manqué.

De nouveau relancé ?

« À 33 ans, je peux encore faire la différence ». C’est avec ces mots-là que Fantantonio a commenté sa belle prestation lors du derby gagné face au Genoa. Et le pire, c’est qu’il a raison. L’éviction de Zenga et l’arrivée de Montella au poste d’entraîneur ont changé les hiérarchies établies au sein de l’effectif blucerchiato relançant de facto Antonio. La blessure en fin d’année 2015 de Eder, ainsi que les prestations en demi-teinte de Muriel jusque-là, lui ont aussi permis de saisir sa chance. Même à cet âge-là, Cassano est pétri de talent et cela se voit sur le terrain. Dans ses prises de balles, dans son jeu de passes, il a une longueur d’avance, faisant très rarement le mauvais choix. Et c’est un régal pour ses coéquipiers qui savent que le ballon leur sera servi dans les meilleures conditions possibles. Son sens du but ne s’est pas égaré en chemin, comme le prouve la conclusion pleine de sang-froid qui est venue redonner espoir et relancer la Sampdoria face à la Vieille Dame le week-end dernier. Un peu comme sa carrière, il continue à la relancer à chaque fois que l’occasion se présente, que la confiance d’un entraîneur se fait ressentir, et ce jusqu’à la prochaine bévue. Cette fois-ci, c’est bel et bien le dernier wagon pour une compétition internationale avec la Nazionale qui arrive à la Gare Piazza Principe de Gênes. Et lui, il y croit encore à cette ultime chance. Il ne lui reste qu’une seconde partie de saison pour rebattre les cartes du jeu d’Antonio Conte et pour nous en mettre plein les yeux, comme il a toujours su le faire lorsqu’il était au meilleur de sa forme. Le voilà même qui revient défendre à la perte de balle de son équipe, ce qui montre bien sa détermination à vouloir s’imposer de nouveau. « Je dois me sacrifier sur le terrain, si je l’avais compris à 20 ans… ». C’est l’histoire de ta carrière Fantantonio, mais nous, on s’en contente quand même.

Matteo Pogliani

Rédacteur



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