A Metz, l’autre Squadra Azzurra

Par Nawel Saïdat publié le 13 Juin 2018

Ce n’était pas la Nazionale que l’on entendait chanter avec passion « Fratelli d’Italia » lors d’un match de préparation à Metz, mais deux équipes italiennes qui portaient fièrement, elles aussi, les couleurs du pays. Il fallait être au stade Dezavelle ce samedi après-midi à l’occasion de la rencontre inédite entre la Squadra Diaspora et l’AS Velasca. D’un côté une équipe créée sur mesure par l’artiste et capitaine Paolo Del Vecchio, également rédacteur Calciomio, qui rassemblait 11 joueurs professionnels ou non tous issus de l’immigration italienne. De l’autre, le troisième club de la ville de Milan considéré comme le « plus artistique au monde selon la FIFA » qui évolue en 12ème division. Une idée née suite à la création du projet Diaspora (on vous en parlait ici en 2016) devenue réelle après la rencontre entre Paolo Del Vecchio et le président de l’AS Velasca Wolfgang Natlacen. Les deux artistes ont relevé le pari fou de mélanger l’Art et le football durant 90 minutes et de faire oublier, le temps d’un match, l’absence de l’Italie au Mondial.

Un match d’exception

La liste des convoqués de la Squadra Diaspora avait été communiquée quelques jours avant le début de la rencontre. L’équipe qui s’apprêtait à affronter l’AS Velasca était composée de joueurs et joueuses professionnels, d’amateurs, artistes ou encore journalistes. Tous partageaient un même point commun : leurs origines italiennes, point clé du projet. Sur la feuille de match on retrouvait des noms tels que ceux de Nicola Sansone (Villarreal FC), Lillo Guarneri (Milan AC) ou encore Valentin Pauluzzi (correspondant pour l’Equipe en Italie). Pour le capitaine, il était important que l’équipe soit diverse et variée, dans le but de représenter un maximum ce qu’était le projet Diaspora. A cette occasion, l’équipe bénéficiait également de Simone Rovera comme entraîneur. Tout avait été prévu dans le but de vaincre aisément l’AS Velasca. Si l’on soupçonnait le troisième club de Milan d’être parvenu à s’arranger avec l’arbitre grâce à quelques pots de vins avant le début du match, elle n’a finalement pas eu besoin de l’intervention du douzième homme. Au contraire, l’euphorie du premier match à l’étranger pour le club milanais était suffisante pour leur permettre de se frayer aisément et à plusieurs reprises un chemin vers les buts. L’arbitre du match se devait alors de rétablir l’ordre et, face à une Squadra Diaspora en difficulté, a même décidé de leur offrir gracieusement un penalty pour réduire l’écart.
Du côté des tribunes, l’ambiance était également au rendez-vous. Des tifosi de l’AS Velasca s’étaient déplacés dans le but de soutenir leur équipe en agitant les drapeaux et en craquant des fumigènes. Sans oublier les chants qui faisaient parfois de l’ombre aux commentaires de Didier Roustan. Environ 400 curieux et passionnés venus des quatre coins de la France, de Belgique ou encore d’Italie avaient fait le déplacement pour assister à cette rencontre.

A la fin c’est l’Italie qui gagne

Malgré la victoire de l’AS Velasca (3-1), les joueurs et spectateurs étaient d’accord pour dire que le véritable gagnant n’était d’autre que l’Italie. « Ce match et cette journée inoubliable » selon Matthieu Pianezze rédacteur Calciomio, était un véritable « hommage au football italien à travers le monde » qui « compensait l’absence de la Nazionale au Mondial« . Pour Valentin Pauluzzi, Paolo Del Vecchio et Wolfgang Natlacen ont permis aux « nombreux convoqués de la Diaspora de réaliser le rêve de nombreux convoqués dont le mien : chanter l’inno di Mameli devant une tribune« . Ce projet né d’une simple rencontre est devenu important aux yeux des joueurs présents sur le terrain, au point d’être comparé à un match en équipe nationale pour Alexandro Cavagnera (Standard de Liège) qui affirmait que « porter les couleurs de la Squadra ne se refuse jamais« .
Côté AS Velasca, le capitaine Agostina Zicca a lui aussi tenu à s’exprimer : « C’était avant tout une merveilleuse initiative sportive qui impliquait de nombreuses personnes que ce soit sur le terrain ou en dehors. Notre premier match à l’étranger était une expérience unique puisque nous avons eu l’opportunité d’affronter de grands joueurs. Voir tout ce public dans les tribunes était également beau à voir. En tant que capitaine, je souhaite remercier tout particulièrement toutes les personnes présentes. » On attend désormais avec impatience le match retour pour voir la Diaspora prendre sa revanche.

Nawel Saïdat

Rédactrice



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