Zapata, centenaire historique – La naissance d’El Ternero (1/3)

Par Rafaele Graziano publié le 27 Oct 2021
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L’année dernière, alors que le Covid ravageait la ville de Bergame, Duván Zapata déclarait sa flamme à l’Atalanta, sa ville et à l’Italie, sa deuxième maison après Cali. Débarqué en 2013 en Serie A, le colosse nerazzurro s’imposera progressivement avant de devenir aujourd’hui l’un de ses protagonistes les plus aboutis, partisan de la folle – et historique- ascension de la Dea parmi l’élite européenne. Le 17 octobre 2021, il inscrit son 100ème but en championnat, devenant le 1er colombien à franchir ce cap, un événement que la rédaction Calciomio entend mettre à l’honneur. Focus sur un attaquant aussi fantastique que discret, place au premier volet : la naissance d’El Ternero.

Des favelas à la favola

Tout commence dans sa Colombie natale alors qu’il n’est un jeune gamin au physique tout ce qu’il y a de plus… anormal. Le pays traverse alors une crise civile entre troupes paramilitaires et guérilleros, ballotté entre une lutte perpétuelle de pouvoir et le désir inconditionnel de se détacher d’une image néfaste. Une crise qui endurcit bon nombre de jeunes colombiens dont Duván. Les matchs de quartier se multiplient à Ciudad Córdoba (pas franchement le quartier le plus clinquant de Cali), les lampadaires y sont éteints mais les rues brillent par le talent de ses niños. Le grand-petit Zapata en fait partie. Il se distingue non seulement par ses qualités d’attaquant mais aussi pour son comportement, étonnamment mature pour son âge. Adolescent, il est engagé par l’América Cali, une institution du football colombien dont l’âge d’or des années 80 l’avait rendue le club le plus populaire du pays. Le club est certes désormais sous contrôle des autorités américaines pour sa proximité trop flagrante avec la famille Orejuela (on dit même qu’ils étaient passe de signer un certain Maradona avant son passage au Boca), mais sa cote ne faiblit pas. Zapata est aux anges.

Un jeune d’exception

Rapidement, Duván prend de l’ampleur dans l’organigramme. Son physique imposant le rend moins à l’aise techniquement et son jeu dos au but le pénalise mais il ne baisse jamais les bras. Sa mentalité est exemplaire, il n’est que sourire et dévotion, comme un air de salsa qui plane dans des rues ravagées par les conflits, il positive, et ne doit son salut qu’à son labeur. Son premier véritable entraîneur, Umaña – légende vivante en Colombie – en restera scotché : « Il est rare de trouver une capacité d’écoute aussi élevée chez un jeune, Duván mettait en pratique tous les conseils qu’on lui donnait ». Costaud mais incroyablement timide, aussi puissant qu’innocent, c’est dans la tradition sud-américaine que lui sera attribué le surnom d’El Ternero (le veau), une image de géant gentil que coach Willy Rodriguez lui associe en le voyant meugler timidement lorsqu’il ratait un but.

L’Estudiantes, la poursuite du bonheur

Le mythe était lancé, cette image lui collera à la peau pour le reste de sa carrière. Même en Argentine où le jeune homme aura enfin la chance de vivre un événement symbolique dans la carrière d’un jeune footballeur : un tremplin. Il salto di qualità comme disent les Italiens, viendra de l’Estudiantes, club qui l’achètera 900 000€ en 2011 pour le revendre au Napoli 7,5M€ deux années à peine plus tard. En Argentine, Zapata fera l’étalage de toute sa classe : sans jamais contester la moindre décision (comme de le laisser sur le banc la 1ère année), il se contentera de planter des buts dès que l’occasion lui sera donnée. Le club l’a vite compris et Zapata sera aussitôt placé au centre du projet des Pincharratas – le résultat : 19 buts en 44 matchs, un but tous les 2,3 matchs. Bravo, le veau !

Fort d’une détermination à toute épreuve, le jeune Zapata suit, seul, son petit bonhomme de chemin, si bien qu’un certain Rafa Benitez, mentor du coach argentin de Duván (Pellegrino) et alors entraîneur du Napoli, succombe aux recommandations de son ancien élève et le rallie à sa cause. C’est l’arrivée d’El Ternero sur le Vieux Continent.



Rafaele Graziano



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