Y a-t-il un gardien pour sauver l’AS Roma ?

Par Loris Meucci publié le 18 Jan 2020

Depuis plus de 30 ans et l’ère Franco Tancredi, l’AS Roma voit défiler dans ses cages une ribambelle de gardiens, du plus classique au plus exotique. Un poste ô combien crucial qu’elle ne parvient pas à combler, ou bien tout juste ponctuellement. Si ce début de millénaire a vu le règne de Buffon à la Juventus et dans de moindres mesures celui de Dida au Milan AC ou encore Julio César à l’Inter, le constat n’est pas le même partout. Chez les Giallorossi par exemple, la somme des mots « gardien » et « emblème » est égale ni plus ni moins à Bogdan Lobont. Et oui, ce bon vieux Bogdan, fidèle doublure appréciée de tous. Preuve qu’il y a bien un problème récurrent de portier à la Roma. Et si finalement la solution était sous le nez ?

Pour le meilleur et surtout pour le pire

D’une envolée monumentale d’Alisson Becker en passant par un CSC gaguesque de Goicoechea, la surface romaine nous a offert un grand lot de spectacle. Depuis l’an 2000, ils ont été plus d’une dizaine à s’y être essayé, avec brio variable. Parmi eux, Francesco Antonioli. Le natif de Monza avait assuré le changement d’époque en gardant efficacement le but romain, jusqu’au point de remporter le scudetto en 2001 (dernier en date). Le jeune du cru Curci, le géant Doni, le courageux Julio Sergio, chacun a eu son moment de gloire sans pour autant parvenir à s’inscrire dans la durée. Alors quand Maarten Stekelenburg débarque, fort son statut de finaliste de coupe du monde, on se dit que Rome tient son mur porteur. Que nenni. Il est méconnaissable. A tel point qu’il finit par perdre sa place au profit de l’inimitable Mauro Goicoechea. Ah Goicoechea… On se demande encore comment cet OVNI uruguayen a fait pour atterrir ici. Ses performances ont défié toutes les lois, et l’ont conduit en un temps record sur le banc du Téfécé.

Mais voilà que le pire est enfin derrière et papi De Sanctis assure l’intérim. Contre toute attente, le meilleur prend même forme avec un Szczesny en plein essor. L’Olimpico a tout juste le temps de savourer cette inhabituelle sensation de solidité que l’oiseau polonais migre à Turin. Bis repetita pour Alisson Becker qui lui aussi se met à voler, trop tôt, trop haut. Liverpool dégaine le chéquier, la Roma encaisse, Becker file. Un nouveau se pointe : Olsen. C’est une erreur de casting. Retour à la normale.

Pau Lopez, enfin du sur-mesure ?

Et si c’était l’Espagnol qui allait pérenniser ce maudit poste ? Il présente quelques dispositions adéquates. En l’espace de six mois il a su convaincre la plèbe et a fait de Robin Olsen rien de plus qu’un vilain souvenir. Il fait clairement partie des bonnes pioches, dans la lignée de Szczesny et Alisson. Nettement moins aguerri que le Polonais et moins prodigieux que le Brésilien, Pau Lopez n’en demeure pas moins un gardien talentueux. A 25 ans, il rend des copies très propres en mêlant assurance et sobriété. Souvent bon, parfois très bon mais jamais trop. Il est en ce sens et à cette heure à la dimension parfaite pour l’AS Roma et inversement. Une vraie aubaine qui justifie d’autant plus les 20M déboursés pour recruter l’ancien du Betis Séville. Sur le plan international, il a récemment fêté sa première titularisation avec l’Espagne mais reste tout de même derrière ses compatriotes De Gea et Kepa dans la hiérarchie de la Roja. Encore un gage de qualité sans pour autant être pleinement exposé. Sous la houlette de Marco Savorani, entraîneurs des gardiens, Pau Lopez s’affirme tranquillement et s’acclimate bien à la vie à Rome. Le mariage a tout pour durer mais c’est bien connu : tout va très vite dans le monde du football. Un monde où un petit cap franchi peut ouvrir de grands horizons.

Loris Meucci



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