Y a-t-il un problème Dybala à la Juventus ?

Par Yacine Ouali publié le 07 Nov 2020

Les mauvaises nouvelles semblent se succéder pour Dybala. Entre les négociations qui s’éternisent pour sa prolongation de contrat et sa blessure, la Joya ne fait pas un début de saison idéal. Pourtant, les raisons de croire en des jours meilleurs existent.

Une accumulation de problèmes…

Depuis des années, et même avec l’arrivée de Ronaldo, Dybala est le leader technique de la Juventus. La situation n’aurait pas dû changer cette saison, mais une blessure et Morata sont passés par-là.

Le niveau de la Joya est en effet inégal depuis son retour. Son doublé en trompe-l’œil contre Ferencvaros en C1 ne change pas l’analyse : Dybala a du mal à se relancer.

À ce problème personnel s’ajoute la gestion de son cas par Pirlo, qui a commencé par un mini psychodrame à Crotone, quand Dybala, à qui on avait promis du temps de jeu, n’a pas joué. S’il a depuis joué et donc marqué, Pirlo n’en semble pas encore convaincu, preuve en est de sa préférence – pour l’instant – accordée au monstrueux Morata et à Chiesa.

Dans une attaque où Ronaldo est inamovible, et où Pirlo semble vouloir à tout prix un ailier provocateur (Chiesa, Kulusevki), il ne reste qu’une place. Et pour l’instant, c’est Morata et ses buts (dont beaucoup sont… hors-jeu) qui l’occupent. Depuis quelques matches, l’on voit Dybala sortir du banc plus souvent qu’il n’est titulaire.

En plus de cela, le cas de sa prolongation agite le microcosme turinois. Sujet quasi certain mais depuis devenu arlésienne, la prolongation de Dybala aurait pu et dû se faire cet été, avec un Dybala en position de force après sa belle saison 2019-2020. Mais la pandémie de coronavirus est passée par-là. Aujourd’hui, les négociations sont au point mort, et l’agent de Dybala est rentré en Argentine. De quoi sans doute perturber Dybala, et donc influer sur son niveau.

… qui ne portent pas (encore) à réelle inquiétude

Aujourd’hui, à l’époque du sensationnalisme, il est tentant de faire du problème Dybala une question plus grave qu’elle n’est.

L’heure n’est toutefois pas encore à l’inquiétude. Elle est au bon sens. Et pour l’instant, rien n’indique que Dybala se dirige vers une morne saison.

Son doublé contre Ferencvaros, même s’il provient de deux erreurs adverses, devrait lui redonner confiance. De plus, même si Morata prend pour l’instant la place de buteur, il ne fait aucun doute que la Joya accumulera beaucoup de temps de jeu, dans un moment où la Juventus joue tous les trois jours jusque janvier au moins, et où Pirlo a donc besoin de tous les joueurs pour faire tourner.

En ce qui concerne sa prolongation, l’idée est la même : au vu de l’état des négociations à l’été, rien n’indique qu’elles ne seront pas finalisées une fois que la situation économique et sanitaire de la Juventus s’améliorera.

La question de la tactique

En réalité, la seule et véritable interrogation à avoir sur Dybala concerne son utilisation tactique dans le système de Pirlo. Jusqu’à présent, Pirlo a soit joué avec deux attaquants et un trequartista (Ramsey, Kulusevski), deux attaquants et quatre milieux, ou trois attaquants (Ronaldo, Chiesa et Morata).

Dans le premier cas, Dybala a deux solutions : prendre la place de Morata en 9, ou celle de Ramsey en 10. Dans les deux situations, le poste ne lui est pas étranger. Dans le deuxième cas, l’équation est plus difficile. Dybala n’a jamais ou presque joué en 4-4-2, et l’effort tactique et défensif à produire dans ce système peut représenter un obstacle à sa présence dans le onze. Sur ce point, Morata semble plus adapté. Dans le dernier cas, Dybala a sa place ; c’est le système qu’Allegri et Sarri ont beaucoup utilisé.

Telle est la situation de Dybala à la Juventus. S’il semble prématuré de parler de « problème » Dybala, il lui faudra néanmoins hausser son niveau de jeu pour espérer déloger Morata, et convaincre Pirlo de l’inclure dans ses systèmes tactiques, même s’ils ne lui conviennent pas au premier abord.

Yacine Ouali



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