Weston McKennie : un Texan à la Vieille Dame

Par Marc Occhipinti publié le 04 Sep 2020

Si la Serie A a accueilli beaucoup de joueurs nés en dehors du Bel Paese, peu sont venus du Pays de l’Oncle Sam. En excluant les cas de Giuseppe Rossi, Alfonso Negro et Armando Frigo, nés tous trois de parents italiens, on retient comme vrais Américains qui ont joué sous les couleurs d’un club italien : Alexi Lalas et sa flamboyante crinière poil de carotte, sous le maillot des biancoscudati du Padova, de 1994 à 1996, Michael Bradley (Chievo 2011 – 2012 et AS Roma 2012 – 2014) et Oguchi Onyewu au Milan AC, entre 2009 et 2011. Depuis le 29 août dernier, voilà un petit nouveau : Weston McKennie.

Du Texas au Piémont

Par quel caprice du destin, un gamin de Little Elm, où l’on rêve plutôt d’enfiler un casque des Dallas Cowboys, a-t-il pu ainsi finir, avec sa paire de santiags, à la cour feutrée des Agnelli? Une simple histoire familiale. De 2004 à 2007, son père travaille sur la base aérienne américaine de Ramstein en Allemagne, et Weston vit à Kaiserslautern, de 6 à 9 ans. Il joue au FC Phönix Otterbach et contracte là-bas, le virus du ballon rond. A son retour au pays, il enfile ses crampons pour rejoindre l’Académie du FC Dallas. Son talent lui vaut en 2016, de porter le brassard de capitaine de l’équipe des Etats-Unis des moins de 18 ans, avec laquelle il remporte la Slovakia Cup. Le jeune cowboy attire ainsi l’attention d’une célèbre écurie de la Ruhr : le Schalke 04.

A 18 ans, nouveau tournant dans sa vie. Weston refuse une bourse d’étude à la Virginia University pour rejoindre, l’équipe des moins de 19 ans du Fußball-Club Gelsenkirchen-Schalke 04. Il intègre l’équipe première sur la fin de la saison, et le 20 mai 2017, première apparition en Bundesliga (match nul 1 – 1 contre Ingolstadt). De 2017 à 2020, Weston sous le maillot Königsblau, c’est 112 matches, 11 passes décisives et 9 buts, dont le but de la victoire contre le Lokomotiv Moscou en Champions League, à la 88ème minute.

Sur le plan international, avec Team USA, il fait sa première apparition, le 14 novembre 2017 contre le Portugal. Son but à la 21ème minute lui vaut de devenir le troisième plus jeune joueur américain à marquer pour sa première titularisation. Preuve de son importance dans l’équipe des Etats-Unis, le 8 juillet 2019, il endosse, à 20 ans seulement, le brassard de capitaine dans la finale de la Gold Cup. Le 29 août 2020, le cowboy débarque, masqué, à la Continassa.

Un joueur polymorphe

Durant ces 3 saisons, sous les ordres de Tedesco, Stevens et Wagner, il occupe différents rôles : juste devant la défense, au centre dans un milieu à 2, à 3, et même latéral droit, et défenseur central. « Je peux jouer partout, sauf dans les buts. A moins que l’entraîneur me le demande. » déclare-t-il. Une adaptabilité qui tient en grande partie à ses qualités. Son physique. 1m85, 84 kg pour un impact explosif. Il n’a pas le sprint d’un Aubameyang, mais il affiche une forte propension à la course. Sur le plan technique, ce droitier est loin d’être maladroit et propose une belle frappe et un beau jeu de tête.

Quitter le soleil de son pays pour partir dans la bruine de la Ruhr, poursuivre son rêve, porter le brassard de capitaine, offrir le but de la victoire à la 88ème minute en Champions League, voilà des indices qui laissent à penser que le bougre a du caractère. Autre preuve de son tempérament : le 30 mai 2020, contre le Werder, il affiche un brassard noir : « Justice pour George Floyd« ,  qu’il refuse d’enlever malgré les demandes de l’arbitre. A priori, il ne devrait pas trembler à la première soufflante de Buffon, ou un recadrage en règle de Bentancur.

Bien malin qui peut deviner les plans de l’Architetto Pirlo. Le recrutement de McKennie participe en tout cas à la cure de jouvence de la Vieille Dame. Remplacera-t-il (le très regretté) Matuidi pour servir de garde rapprochée à un milieu plus créatif? Seule certitude : il va y avoir de sacrés BBQ à la Continassa.

Marc Occhipinti



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