Vincenzo Grifo : un doublé et puis s’en va

Par Ben Soffietti publié le 13 Nov 2020

Auteur d’une belle prestation contre l’Estonie (4-0), avec la Nazionale, Vincenzo Grifo s’est offert le luxe d’inscrire un doublé et d’être nommé homme du match par la Gazzetta dello Sport. Alors que nous étions en droit de penser que l’ailier avait gagné des points dans la tête de Roberto Mancini en vue de l’Euro 2021, le sélectionneur a décidé de ne pas le conserver pour la suite de la fenêtre internationale. Retour sur la performance de Grifo, son éviction du groupe et sur ses chances de jouer l’Euro en juin prochain.

Un début de saison convaincant et une prestation remarquée

Pour sa cinquième saison en Bundesliga, Vincenzo Grifo est l’une des principales armes de Fribourg. Dans une équipe qui connaît un début de saison difficile avec une seule victoire, l’ailier né à Pforzheim, dans le sud-ouest de l’Allemagne, est incontournable. En effet, avec deux buts et deux passes décisives, il est impliqué sur 50% des buts de son club. International depuis 2018 et la nomination de Mancini, Grifo compte trois sélections : contre les États-Unis (2018), contre le Liechtenstein (2019) et face à la Moldavie en octobre, avec une passe décisive, sa deuxième en sélection.

Dans ce contexte de Covid-19 et de début de saison éprouvant physiquement pour les joueurs engagés dans les compétitions européennes, Grifo est logiquement convoqué, comme en octobre dernier. Il est même titulaire contre l’Estonie. En début de match, sur une belle remise de Lasagna, il expédie une belle reprise des 25 mètres qui trompe le portier adverse. Disponible sur son côté, en faux-pied comme peut l’être Insigne, Grifo se montre volontaire, demande beaucoup le ballon, percute. Même si l’adversité est plus faible que celle dont il a l’habitude en Bundesliga, Grifo réalise un match intéressant et ponctue sa prestation par un second but sur pénalty. Au micro de la Rai, il déclare à la sortie du match : « On est toujours content de jouer avec le maillot de la Nazionale. Marquer deux buts c’est encore mieux. […] On y croit toujours [d’aller à l’Euro]. […] De toute façon, c’est le Mister qui décide. »

Pour une décision surprenante

Après ce match amical, la Pologne et la Bosnie sont au programme, dans le cadre des deux dernières journées de Nations League. Sauf qu’une heure après la fin du match contre l’Estonie, le couperet tombe pour Grifo et Zaccagni : ils ne sont pas conservés par Mancini pour la suite de la fenêtre internationale, lors de laquelle les habituels titulaires vont retrouver leur place. Pour l’instant, aucune information n’est venue expliquer ces deux évictions, confirmées jeudi par un communiqué de la FIGC. Même si la Nazionale doit récupérer d’ici dimanche les joueurs que l’ASL a bloqué ce weekend, c’est un traitement qui peut paraître injuste, surtout actuellement, où aucune explication n’est venue préciser cette décision. Grifo a porté l’équipe face à l’Estonie, il a été décisif et montré sa bonne forme physique, mais il est mis de côté au profit des véritables cadres de Mancini.

Or, parmi eux, au poste d’ailier gauche dans le 4-3-3 de Mancini, Insigne revient juste de blessure. Il n’a disputé que quatre matchs de Serie A depuis le début de la saison et il n’est surement pas prêt pour jouer 90 minutes. La forme physique d’El Shaarawy peut aussi être pointé du doigt. Auteur d’un doublé contre la Moldavie en octobre, le Pharaon est actuellement sans club et s’entraîne seul. Enfin, Lorenzo Pellegrini, très bon à gauche contre les Pays-Bas en octobre, n’est pas un véritable ailier, et du côté de l’AS Roma, il est installé confortablement dans l’entrejeu, où il est plus épanoui.

Ainsi, ce constat peut laisser des regrets à Grifo, surtout qu’il ne semble pas que cette éviction vienne d’un accord établi entre Fribourg et la Nazionale. En attendant, Grifo a marqué quelques points, tout en clamant son amour pour l’Italie « Je suis né en Allemagne mais je me sens à 100% italien. Choisir l’Italie était une évidence ». Cependant au regard de cette éviction, ses chances pour l’Euro sont compromises et il semble en retard sur ses concurrents. Pourtant son profil, plus costaud qu’Insigne et El Shaarawy, plus offensif que Pellegrini, pourrait apporter une option de jeu supplémentaire à Mancini.

Ben Soffietti

Rédacteur



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