Vidal au Bayern Munich : le roi Arturo vous salue !

Par Nicolas Portais publié le 23 Juil 2015

vidal

Un bilan qui en impose

Arrivé en même temps qu’Antonio Conte à la Juventus, le Chilien aura été le temps de quatre saisons l’un des acteurs majeurs et symboles de la Vieille Dame qui gagne de nouveau. Avec notamment ces quatre scudetti et cette Coupe d’Italie, le bilan de campagne du roi Arturo en Italie est éminemment positif. Mais on doit également considérer, en plus des trophées, ses statistiques individuelles flatteuses. Notamment ces 48 buts en 171 matchs disputés, avec, à la clé, une place de meilleur buteur du club en 2012-2013 grâce à 15 réalisations. Il pousse même le compteur jusqu’à 18 buts la saison suivante. Des chiffres significatifs pour un milieu relayeur, qui n’aura pas su cependant maintenir la cadence et ce alors qu’Allegri l’avait posté plus haut sur le terrain (derrière les attaquants) l’an passé (8 buts seulement). Ralenti par un problème au genou qui n’a eu de cesse d’inquiéter les observateurs, parfois à la limite du fait d’une cadence de matchs infernale entre club et sélection, il termine pourtant l’année en apothéose, remportant la Copa America à domicile avec « son » équipe du Chili.

La Juve pragmatique dans cette affaire

Rien d’étonnant à ce que le géant bavarois, au moment de se mettre en quête d’un successeur à Bastian Schweinsteiger, ait jeté son dévolu sur Vidal et ses trois poumons. Un Bayern à qui la Juventus l’avait d’ailleurs arraché in extremis alors qu’il était en passe de quitter le Bayer Leverkusen. Retour à la case départ ou presque finalement, mais les bianconeri empochent au passage une jolie plus-value en vendant son milieu 40 millions d’euros après l’avoir acheté 12,5 millions en 2011. Bien vu, d’autant que le contrat de Vidal courait jusqu’en 2017, et qu’il paraissait improbable d’en tirer un aussi bon prix l’an prochain. Entre milieu relayeur (les trois premières années) et trequartista (la saison dernière donc), la palette du Chilien est assez large, et il va falloir batailler ferme sur le marché des transferts pour offrir aux tifosi une pointure. Les dirigeants sont ainsi déjà au travail : il est cependant question de l’arrivée d’un milieu offensif pur et dur (on a entendu ces jours-ci les noms de Götze et de Draxler), au moment où la Vieille Dame est déjà fournie en relayeurs.

Et l’amour dans tout ça ?

Vaste question. Ou pas. Les performances titanesques de Vidal faisaient vite oublier ses petits écarts de conduite (au propre comme au figuré), même si le club l’avait plusieurs fois sanctionné pour ses retards après des soirées arrosées avec la Roja chilienne. Après avoir pensé que ça n’arriverait jamais (ou en tout cas pas cette année), certains supporters ont sans doute un peu la gueule de bois, confortés par les déclarations successives du joueur : « Je pourrais rester à Turin à vie », « Je veux jouer une autre finale de Champions League sous ce maillot »… mouais. Sympathique, mais on ne la fait plus aux tifosi de bonne constitution. À l’heure où justement un Schweinsteiger s’envole pour Manchester United alors qu’on le voyait bien, lui, faire toute sa carrière au Bayern, devait-on s’attendre à quelque chose de différent concernant Vidal ? « Don’t take me pour un con », disait Depardieu dans « Les Anges Gardiens« .

Nicolas Portais

Rédacteur Juventus



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