Vers une Inter bling-bling ?

Par Giuliano Depasquale publié le 07 Déc 2016

Erick Thohir (2nd L), President of Inter Milan and Zhang Jindong (3rd L), chairman of the Suning Holdings Group attend a press conference for Suning's Acquisition of Inter Milan in Nanjing, east China's Jiangsu province on June 6, 2016. A Chinese billionaire with connections to President Xi Jinping announced a swoop for a majority stake in Italy's Inter Milan on June 6, the most prestigious football club acquired so far by Chinese investors. Zhang Jindong's Suning retail giant will pay 306 million USD for about 70 percent of the three-time European champions, a landmark move for one of the sport's most famous clubs. / AFP PHOTO / STR

Juin 2016, le groupe chinois Suning rachète 70% des parts de l’Inter pour 270 millions d’euros. Dans un discours plein de courage et d’espérance, Zhang Jindong, le patron du géant chinois de la distribution de produits électroniques et d’électroménager, affirme qu’il souhaite rendre au club nerazzurro sa « splendeur » en fournissant des fonds pour « l’achat de nouveaux talents ». Beaucoup de supporters l’attendaient, c’est désormais à coups de dizaines de millions lors des mercati que l’Inter compte retrouver l’élite européenne, six ans après son dernier sacre national. Thohir, lui, avait explicitement déclaré au peuple interista qu’il ne fallait pas s’emballer à la suite de son arrivée en 2013, puisqu’il n’intervenait, dans un premier temps, que pour réguler les comptes du club. Ici, Suning a clairement énoncé ses intentions de signer des chèques avec beaucoup de zéros, en inscrivant la somme qu’il faut pour attirer les meilleurs éléments du foot. Il n’a d’ailleurs pas fallu attendre longtemps avant de voir les premiers millions s’envoler, au « profit » de Joao Mario (45M) et Gabigol (29M).

Le modèle qatari

C’est l’information qui a fait rire bon nombre de fans de foot la semaine passée : la piste Messi pour l’Inter, à la suite d’une déclaration de Marco Tronchetti Provera, patron de Pirelli, au micro de Sky Sports : « Messi a toujours été mon rêve. Chacun a le sien, moi c’est Messi… » l’objectif Messi est donc plus un détournement des médias qu’un réel but du club, mais le plan de Suning n’en est pas pour autant loin. Le groupe chinois veut s’étendre à l’Europe à travers le sport, selon un modèle préexistant, celui des qataris. Même si le PSG avait dû attendre 2013 pour son premier titre, l’effectif s’est vite rempli de stars pour finalement devenir l’équipe compétitive sur le plan européen qu’on connait depuis quelques années. Et on peut observer pratiquement la même chose avec Manchester City, qui n’est d’ailleurs pas passé loin de la relégation avant de transformer le « Big four » en « Big five ».

L’identité interista

Contrairement aux deux clubs précités, l’Inter possède un background conséquent, puisqu’il s’agit tout de même, historiquement, d’une des meilleures écuries italiennes et même européennes. Le travail est donc à moitié fait, si on considère que le groupe chinois compte repartir sur les mêmes bases qui ont fait les beaux jours du club, c’est-à-dire en faisant confiance à de grands joueurs sud-américains, accompagnés d’Italiens emblématiques. Messi n’arrivera pas tout de suite (et peut être jamais), mais les ambitions concernant des footballeurs talentueux à la reconnaissance internationale, tels que James Rodriguez, Alexis Sanchez ou Verratti sont bien réelles. La transition ne sera pas évidente, même douloureuse, mais, si Suning maintient sa promesse, l’Inter pourrait revendiquer un scudetto d’ici les deux prochaines années. Et puis, quand on se souvient de ce que Moratti, en son temps, dépensait sans vraiment réfléchir en réussissant quand même à gagner des trophées, une meilleure organisation comme celle qu’est en train de mettre en place Suning ne pourrait qu’être bénéfique aux Nerazzurri. Patience donc et espérance.

Giuliano Depasquale

Rédacteur



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