US Lecce/Liverani, divine idylle

Par Aurélien Bayard publié le 10 Mar 2019

Dans l’antichambre de l’élite italienne, l’US Lecce surprend son monde. Enfin extirpé de la Serie C après six longues années, le club des Pouilles est actuellement en course pour les barrages d’accession en Serie A. Son entraîneur est une tête bien connue des suiveurs du Calcio : Fabio Liverani.

Vous avez dit malchance ?

De toutes les équipes sanctionnées par le Calcioscommesse en 2012, Lecce a été le club le plus sévèrement puni. Alors que l’Atalanta, Bologne ou la Sampdoria s’en sont tirées qu’avec des amendes et/ou des retraits de points, les giallorossi ont été envoyés en Serie C. Touchés mais pas coulés, les salentini ne veulent pas s’éterniser en troisième division. Mis à part le gardien Massimiliano Benassi, toute l’ossature des leccesi est à refaire. Pour rebâtir leur équipe, ils font appel à des vieux briscards habitués aux divisions inférieures comme Roberto Di Maio ou Mariano Bogliacino. Des anciennes gloires s’engagent aussi dans la bataille afin de forcer le destin : Javier Chevanton revient dans le sud de l’Italie pour la saison 2012-2013 et Fabrizio Miccoli honore sa promesse en restant de 2013 à 2015. Cependant la malchance s’invite. Par quatre fois Lecce échoue en play-offs d’accession en Serie B. Le destin est en plus moqueur : Carpi et Frosinone, deux des équipes vainqueurs des giallorossi en barrages, vont ensuite connaître la Serie A. Le seul moyen d’attendre le deuxième échelon semble donc de terminer premier.

Reconversion express

Liverani restera à jamais le premier joueur noir international italien. En 2011, il tente un dernier challenge à Lugano qui vire au cauchemar. Fabio tourne la page de son honnête carrière et retrouve rapidement une mission en allant s’occuper des équipes jeunes du Genoa. Le président Preziosi décide ensuite de lui confier les rênes de l’équipe première pour la saison 2013/2014. L’aventure se finit brusquement au bout de six journées avec le bilan famélique de quatre défaites, un nul et une victoire lors du Derby de la Lanterne. 1 an plus tard, il pose ses valises en Angleterre et accepte une mission suicide chez le Leyton Orient. Classé 23e et avant dernier de division 3, Liverani a une demi-saison pour sauver le club londonien de la relégation. Plusieurs fois il extirpe son équipe de la zone rouge mais en vain. Il s’ensuit une période de chômage de deux ans avant de retrouver un nouveau banc : celui de Ternana en Serie B. Il arrive dans les mêmes conditions précaires qu’en Angleterre mais, cette fois-ci, il réussit sa mission principale. Néanmoins, il n’est pas conservé.

Une réussite insolente

L’ancien laziale arrive dans le Sud de l’Italie en septembre 2017 pour reprendre une équipe qui vient de rater son début de saison. Effet psychologique ou pas, il remporte son premier match 3-1 contre l’US Catanzano. Liverani s’appuie sur un 4-3-1-2 qui va s’avérer payant. Les giallorossi prennent la tête de leur groupe de Serie C pour ne plus jamais la quitter. Mieux encore, ils établissent une série de vingt-deux matchs sans défaite dont quinze victoires. Sacré et promu en Serie B en fin de saison, Liverani doit préparer le prochain exercice. L’objectif fixé est d’atteindre les play-offs. Pour cela, de nombreux joueurs débarquent lors du mercato comme Simone Palombi ou Andrea La Mantia. La dynamique de la saison passée perdure malgré tout : depuis la 5e journée, ils n’ont pas quitté la zone des play-offs. Serse Cosmi et Delio Rossi, anciens managers de Liverani, ne sont pas étonnés de le voir à ce niveau. Sous leurs ordres, Fabio servait déjà de relai entre eux et le reste de l’équipe. Que ce soit Lecce ou Liverani, l’un des deux connaîtra de nouveau la Serie A prochainement.

Aurélien Bayard



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