Un podium Inter-Juventus-Lazio à la 23e journée : ce n’est arrivé qu’une fois, il y a 22 ans ! Quelles conséquences ?

Par Rafaele Graziano publié le 16 Fév 2020

La dernière fois que la Juventus, l’Inter et la Lazio se partageaient le trône à la 23ème journée, la Serie A était une référence mondiale, les légendes du football affluaient en Italie, bref, c’était un âge d’or, mais c’était surtout la saison 1997-98, une saison mémorable car théâtre d’une course au titre des plus acharnées et combattues. Que s’est-il passé à l’époque et quel enseignement en tirer pour cette année ?

Un air de ressemblance

Malgré un parcours différent – 2 défaites consécutives pour la Juventus face à un Napoli irrégulier et un Hellas aussi téméraire qu’impétueux, une impressionnante série positive pour la Lazio qui s’impose comme l’équipe la plus en forme de ce début d’année 2020 et une sérieuse prétendante au trône d’Italie, et une résurrection de l’Inter après avoir perdu quelques points par-ci par-là, notamment grâce à une performance « renversante » lors du Derby de Milan témoignant du potentiel impressionnant d’une équipe taillée pour être championne – Nerazzurri, Bianconeri et Laziali se disputent la tête avec un seul petit point d’écart.

Le hasard fait bien les choses, donc, puisqu’il y a 22 ans également, le podium de la Serie A était composé du même trio. Et tout comme aujourd’hui, le championnat était aussi passionnant que les enjeux étaient importants pour ces trois équipes. Au terme de la 23ème journée, la Juventus (1ère à 51 points) et l’Inter (2ème à 47 points) battaient respectivement Bari (1-0) et le Napoli à domicile (2-0) alors que la Lazio (fermant la marche à 45 points) perdait des points à Bergame face à une bien moins effrayante Atalanta (0-0). C’est la première fois en 90 ans de Serie A (depuis le championnat à phases aller-retour) que ces équipes en occupent la tête.

L’échappée des titans

Si le classement était légèrement différent à l’époque, les enjeux n’en n’étaient pas moins importants et le championnat n’en n’était pas moins disputé : jusqu’à la 28ème journée, ce même trio n’était séparé que de 2 points, avec un dépassement laziale sur l’Inter au terme du Derby della Capitale (2-0) la journée suivante. Les rencontres défient la logique à mesure que la tension monte auprès des tifoserie, entre confirmations et doutes, un jeu de chaises musicales s’installe au sommet du championnat : les turinois enchaîneront 3 nuls et 1 victoire lors des 4 tours suivants,  la Lazio, 3 victoires et 1 nul, l’Inter, elle, 1 défaite et 3 victoires.

Le tournant de cette dynamique à 3 aura lieu le 5/04/1998 avec la victoire de la Vecchia Signora sur la Lazio au Stadio Olimpico (1-0) synonyme d’effondrement pour les Biancocelesti qui enchaîneront 5 défaites consécutives et termineront la saison à la 7ème place ! Deux clans se forment alors : Juve et Inter sont destinés à jouer le tout pour le tout le 26/04/1998. Un Derby d’Italia plus attendu que jamais et qui verra s’affronter deux monstres sacrés du Calcio ; d’une part, une Inter – à 1 petit point – avec ses soldats Djorkaeff, Simeone et Zamorano, sa pépite et future légende Zanetti mais surtout son joker, Ronaldo – en mode Fenomeno – qui plante but sur but et de l’autre, un entraîneur légendaire (Lippi) créateur d’un groupe aussi solide qu’efficace de par une défense hargneuse, un milieu acharné (Davids, Zidane) et un duo d’attaque flamboyant (Del Piero-Inzaghi).

Le jour-J, l’on assiste à un derby digne de ce nom. Del Piero ouvre le score (21′), la Juventus ferme aussitôt le jeu mais Ronaldo en profite pour laisser parler son génie jusqu’à ce qu’à la 69′ : ce dernier chute dans la surface turinoise sur un contact avec Iuliano (resté depuis dans les annales) ignoré par Ceccarini, pire encore, dans la foulée, ce dernier siffle un penalty pour les turinois – non transformé. La partie s’emballe, l’entraîneur interista rentre sur le terrain, l’arbitre est bousculé, c’est le chaos. Score final 1-0, ce derby aura tenu ses promesses.

Finalement, la Juventus remportera le Scudetto avec 5 points d’avance sur les Nerazzurri qui ne remonteront jamais la pente. En fin de compte, ce sont les confrontations directes qui déterminent l’issue de cette saison pré-mondial. Alors, rendez-vous le 1er mars pour le couronnement du champion 2019-20 ?

Rafaele Graziano



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