Un nouvel horizon se dessine pour Marco Sau

Par Sébastien Madau publié le 02 Fév 2019

Il aura fallu attendre les dernières heures du dernier jour de ce mercato d’hiver pour voir une page de l’histoire de Cagliari se tourner. En rejoignant la Sampdoria, l’attaquant Marco Sau (31 ans) clôt ainsi une des plus beaux chapitres du club sarde. Son club, celui de son île, où il s’est formé. La veille c’est Diego Farias, un autre joueur historique du club qui avait fait ses valises pour Empoli.
« Pattolino » -comme on le surnomme du fait de sa taille moyenne (1,69m)- reste le joueur sarde le plus prolifique en Serie A avec Cagliari (45 buts en 192 matchs / 49 buts en 202 matchs en rossoblù toutes compétitions confondues). L’attachement au maillot aux Quatre Maures était viscéral, et les tifosi le lui rendaient bien. Malgré ce, beaucoup (dont le joueur lui-même) étaient arrivés à la conclusion que l’expérience en Sardaigne devait arriver à son terme. Pour le bien de tous. Et notamment du joueur qui a les potentialités pour rebondir et rendre de bons services au club génois dans sa mission de remplacer Gianluca Caprari lourdement blessé après sa rupture du péroné en janvier.

Tout un symbole en Sardaigne

Dans son communiqué officiel, Cagliari salue « un symbole de la Sardaigne qui a toujours honoré sa Terre et le maillot de son coeur ». « C’était un rêve de porter ce maillot depuis que j’avais 17 ans, et j’y suis parvenu après énormément de sacrifices. En tant que Sarde je ne pouvais espérer plus » a posté sur Instagram le joueur pour remercier les supporters sardes. « J’aurais voulu faire beaucoup plus mais je ne regrette rien, j’ai toujours tout donné et je suis fier d’être rentré dans l’histoire de cette équipe (…) Vous serez toujours dans mon coeur ».

Son départ était devenu inévitable depuis la fin de l’élan qui avait fait de Marco Sau (31 ans) l’un des attaquants italiens les plus prometteurs il y a une dizaine d’années. Jusqu’à le faire porter le maillot de la Nazionale en 2013 (1 sélection, victoire 4-0 contre Saint-Marin). En 2012, quand il revient enfin dans son club formateur, Marco Sau s’est fait les dents dans les divisions inférieures (Manfredonia, AlbinoLeffe, Lecco, Foggia, Juve Stabia) et vante une soixantaine de buts à son compteur personnel. Son rêve se réalise enfin : jouer en Serie A avec Cagliari. Il inscrit 12 buts dès sa première saison dans l’élite (2012-2013). Il n’atteindra jamais plus ce niveau (successivement 6, 7, 10, 7, 2 et 1 but cette saison). Mais sur le terrain, l’attaquant de poche qui portera régulièrement le brassard de capitaine, ne manquera jamais d’énergie et de courage. De quoi s’attirer le soutien du public qui n’aura eu de cesse de le soutenir y compris dans les moments difficiles. Et a fortiori lorsqu’il marque des buts importants comme ce ciseau retourné contre la Pro Vercelli au printemps 2016 qui offrit la remontée en Serie A de Cagliari après une saison au purgatoire.

Une confiance perdue

Difficile d’expliquer les raisons de sa baisse de régime : blessures, concurrence en attaque, résultats en dents de scie de son équipe, problèmes familiaux (son frère a été arrêté il y a quelques mois pour trafic de drogue et préparation d’un braquage) ? Certainement un concentré de tous ces éléments. En signant à titre définitif à la Sampdoria, Marco Sau cherchera sans doute à retrouver une sérénité, loin de la pression d’un public fidèle mais exigeant ou d’une mise systématique sur le marché des transferts à chaque mercato. Il y retrouvera de plus deux anciens co-équipiers : Nicolà Murru et Albin Ekdal. De son côté, Cagliari a choisi d’allier l’expérience (Cyril Théréau, 35 ans) et la jeunessse (Kiril Despodov, 22 ans) pour enfin tenter de trouver l’attaquant qui saura épauler Leonardo Pavoletti.
En attendant, les tifosi sardes garderont de Marco Sau comme dernier souvenir ce but inscrit le 8 décembre dernier à la 95e minute face à la Roma pour arracher le point du match nul aux Giallorossi. Et faire chavirer de joie la Sardegna Arena qui ne savait pas encore qu’elle chantait pour la dernière fois son « Ommalleo simpallao segna sempre Marco Sau ».

Sébastien Madau



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