Ribéry, un Kaiser à la Fiorentina

Par Luca Dangréaux publié le 22 Août 2019

On sait les acteurs du football capables des plus grandes surprises et ils nous étonneront toujours. Quelle belle nouvelle annoncée, à quatre jours du début du championnat, par la Fiorentina : Franck Ribéry va fouler les couloirs gauches de la Serie A. À 36 ans, le Boulonnais pose ses valises à Florence où il va porter les couleurs d’un neuvième club et, surtout, où il va découvrir un quatrième championnat professionnel. Douze ans après avoir atterri en Bundesliga et, on le répète, à 36 ans. La Fiorentina et le Français se sont mis d’accord sur un contrat de deux ans pendant lesquels le joueur gagnera huit millions d’euros. Au jeu des comparaisons, on retrouve là un peu de ce qu’a fait la Juventus en enrôlant Cristiano Ronaldo l’été dernier (à son échelle) et un peu du choix de Daniele De Rossi de découvrir une nouvelle terre de football, à 36 ans également.

Vieilli mais certainement pas ramolli

À l’aéroport de la ville ce mercredi, Franck Ribéry a reçu un joli accueil entre chants, interviews à l’arrachée et dons d’écharpes. Un cocktail de bienvenu réservé à ceux dont le seul nom hystérise la tifoseria… et on comprend pourquoi les Florentins s’égayent. Surnommé Kaiser en Allemagne et Legend par la communication de la Viola, Ribéry arrive avec dans son sac à dos une carrière formidable : footballeur professionnel depuis 2004, plus de 400 matches dont 81 avec l’équipe de France, 20 titres nationaux, trois titres internationaux, une finale de Coupe du monde, un podium du Ballon d’Or, élu deux fois meilleur joueur de Bundesliga et meilleur joueur d’Europe 2013 par l’UEFA.

Franck Ribéry est un joueur entier qui triche rarement sur le terrain : toujours la tête baissée, prêt à perforer les défenses adverses, à provoquer, à tomber, à se relever, à insulter, à s’énerver. Son rendement et ses statistiques ont baissé au fil de ses années munichoises mais les adieux entre le Bayern et le Français sont allés bien au-delà de ces chiffres. Pourquoi ? Parce que pendant douze fidèles années, les deux se sont autant donnés qu’apportés. Y aura-t-il la même fusion entre le nordiste et les Toscans ? Difficile de trouver un point commun entre ceux-là mais après tout pourquoi pas… En restant pensionnaire d’un des principaux championnats européens, ce père de famille montre qu’il n’en a pas tout à fait fini avec la compétition. Ses stories Instagram de l’été, remplies de vidéos d’entraînements et de musculation le laissaient deviner et nul doute qu’il ait refusé quelques propositions financièrement alléchantes. « Cela fait plusieurs semaines que je discute avec les personnes du club et j’ai également parlé avec Luca Toni, il m’a dit que la Fiorentina était un grand club », déclare-t-il dans un italien qui a autant surpris que son choix de carrière.

Transformer le pari en réussite

Les dirigeants du club ont bien fait leur travail en recrutant un des tous meilleurs ailiers des dix dernières années, reste désormais au coach de fructifier l’affaire. Hormis sous Guardiola, qui a tenté de faire de Ribéry son meneur de jeu, le Français évolue à gauche depuis toujours. L’avenir incertain de Chiesa à l’Artemio-Franchi laisse le champ libre, à court terme, pour le nouveau numéro sept du club. À moyen et long terme en revanche, ce seront ses performances qui mèneront le bal. Et là, c’est le flou. Le dribbleur aux cannes usées va-t-il s’acclimater au défenses italiennes ? Va-t-il trouver la solution face aux tactiques épluchées de la Serie A ? Cela fait bien longtemps que les petits espaces et les blocs bas ne font plus peur au Kaiser et la Fiorentina sort d’une fin de saison 2018-2019 chaotique. Ribéry peut amener de la consistance et de l’énergie. L’autre recrue phare de l’été violet se nomme Kevin-Prince Boateng et le duo que vont former ces deux phénomènes nous donne encore plus envie de nous jeter sur la nouvelle saison de Serie A.

Luca Dangréaux



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