Un deuxième match toujours délicat

Par Gilbert Simonutti publié le 16 Juin 2021

Historiquement, l’Italie a souvent peiné lors de la deuxième rencontre d’une phase de poule d’une grande compétition après avoir remporté le premier match. De quoi être un peu inquiets avant les retrouvailles avec la Suisse ce soir ?

En cas de succès ce soir à l’Olimpico contre le voisin suisse, l’Italie se qualifierait pour les 8eme de finale de l’Euro et pourrait faire en partie en tourner son effectif pour la rencontre face au Pays de Galles. De quoi économiser quelques forces avant les matchs à élimination directe et les grandes échéances qui pourraient se profiler pour la Nazionale. Mais, l’histoire est là pour nous rappeler que la vie de l’Italie dans un premier tour d’une grande compétition est rarement un long fleuve tranquille. Si les couacs au premier match (CDM 94 ou Euro 2008 par exemple) créent une situation d’urgence pour le match d’après, une victoire d’entrée n’est pas systématiquement synonyme de tranquillité.

Belle mais finalement perdante après deux victoires

La Nazionale a remporté son premier match à plusieurs reprises mais un combo sur les deux premières rencontres est un fait beaucoup plus rare. Cela n’est d’ailleurs arrivé qu’à 4 reprises en 78, 90, 2000 et 2016 et toutes ces compétitions se sont terminées de la même façon avec beaucoup de regrets vu les possibilités réelles d’aller au bout. De là à dire, pour des questions de superstition, qu’il serait préférable de ne pas gagner ce soir..

L’Italie championne du monde en 2006 avait par exemple faibli après une victoire convaincante contre le Ghana. Le match contre les Etats-Unis s’était terminé sur le score d’1-1 et les hommes de Marcello Lippi y avaient subi leur seul but dans le jeu de la compétition et perdu De Rossi pour 4 rencontres suite à son carton rouge. Même scenario en 70 avec une Nazionale poussive après son succès initial contre la Suède avec deux nuls concédés à l’Uruguay et à Israël. Si ces deux exemples se sont terminés par un tournoi gagné et le match du siècle, d’autres situations se sont finies beaucoup moins bien.

Une défaite souvent synonyme d’élimination précoce

En 1966, l’Italie commence par une victoire contre le Chili qui laisse croire a un tournoi haut de gamme. Une défaite contre une solide URSS suivi par celle contre la Corée couvrira cette Squadra Azzurra de ridicule et de jus de tomate. En 1974, après des éliminatoires réussis, la Nazionale arrive sure de son fait au mondial allemand. La victoire initiale contre Haïti sera suivie d’un nul contre l’Argentine puis de la défaite contre une Pologne émergente avec une nouvelle élimination à la clé. A l’Euro 96, une belle Italie surclasse la Russie lors du premier match avant de faire connaissance avec la furie tchèque. Une défaite 2-1 contre Nedved et compagnie suivi d’un nul contre l’Allemagne renvoi Sacchi et les siens à la maison.

En 2002, la victoire contre l’Equateur (2-0) laisse rêveur mais une défaite contre la Croatie ramènera l’Italie sur terre. Une qualification miraculeuse au troisième match enverra la Nazionale dans les griffes de Byron Moreno en huitièmes. Nouvelle désillusion en 2014 où une victoire initiale contre l’Angleterre (2-1) dans la fournaise amazonienne donnait beaucoup d’espoir. Des espoirs rapidement éteints par le Costa Rica et l’Uruguay. Roberto Mancini a su changer les mentalités dans le jeu et cela devrait se ressentir aussi dans les résultats. Aucun calcul, aucune baisse de tension mais attention tout de même. Comme l’Inter qui redevient Pazza dés que possible, la Nazionale aime se faire du mal de temps en temps et plus particulièrement lors du premier tour. Ce soir sera aussi le soir pour voir jusqu’où l’Italie a changé.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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