Totti, Toni, Di Natale, même les champions vieillissent

Par Gilbert Simonutti publié le 16 Avr 2016

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Voir Francesco Totti emmitouflé sur le banc alors que sa Roma remporte le Derby contre la Lazio 4-1 est une image quasi irréelle. Comme celle d’entendre les deux Luigi, De Canio et Delneri donner leurs raisons sur la non convocation de Di Natale et Toni lors des deux derniers matchs de championnat de l’Udinese et de l’Hellas Verona. Des choix difficiles à comprendre pour les tifosi et pour tous les amoureux du ballon rond mais qui ont une certaine logique pour les entraineurs qui réclament toujours plus de rythme et d’endurance. Mais à 39 (Totti) et 38 ans (Toni et Di Natale), comment leurs demander de courir comme des gamins de 20 ans ? Impossible, car malgré leur hygiène de vie irréprochable et leur exemplarité à l’entraînement, les années passent et la condition physique qui va avec aussi. A propos de Totti, Luciano Spalletti a dit il n’y a pas si longtemps qu’il entraînait des hommes et non des émotions mais le football n’est-il pas avant tout fait d’émotions ? D’ailleurs, lundi dernier lors de Roma-Bologna, le numéro 10 giallorosso n’a-t-il pas apporté des émotions et quelques coups de maitre après son entrée en jeu à la mi-temps ? Et bien si. Alors peut-être qu’ils ne peuvent plus tenir 90 minutes à fond la caisse mais les gens payent leur billet pour une illumination de Francé, un coup franc de Toto et une reprise aérienne de Lucagol.

Comme le chantait si bien Jimmy Fontana, Gira il mondo gira et le temps qui passe ne fait de cadeau à personne pas même à trois champions comme Totti, Toni et Di Natale. La sensation est que leur carrière touche vraiment à la fin. Et même si certaines mauvaises langues diront qu’ils auraient dû s’arrêter avant pour ne pas avoir à connaitre l’humiliation de finir en tribune pour scelta tecnica, ne mériteraient-ils pas une fin un peu plus digne ? Luca Toni est devenu meilleur buteur de Serie A à 38 ans et a toujours donné l’image d’un joueur sérieux et correct. Une petite place sur le banc d’un Hellas bon dernier est-elle déjà trop grande pour lui ? Antonio Di Natale, lui, a tout donné pour l’Udinese. Des buts, des buts et encore des buts pour s’entendre dire qu’il ne s’entraine pas assez pour mériter une convocation pour le match contre son Napoli. Et Totti alors. L’image de la Romanità, le symbole de l’AS Roma, 23 ans comme professionnel dans son club de toujours qui doit aujourd’hui accepter qu’un président américain lui dise d’arrêter sa carrière. Bien sur cela fait longtemps que le football n’est plus un jeu et qu’il n’y a pas de place pour les sentiments mais il serait dommage que trois joueurs aussi formidables que Totti, Toni et Di Natale ne puissent pas avoir une sortie digne de leur rang. Ne serait-ce que pour tout ce qu’ils ont donné au Calcio tout au long de leur carrière. Il reste 6 journées à la fin du championnat, un laps de temps suffisant pour faire honneur à ces trois légendes. Pour qu’ils puissent s’en aller en champions.

 

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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