Totonero, le premier scandale du Calcio

Par Gilbert Simonutti publié le 29 Avr 2020
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Il y a 40 ans, le football italien a connu son premier grand scandale. Matchs truqués, paris clandestins, le premier calcioscomesse reste encore gravé dans les mémoires sous son appellation d’origine, le Totonero.

23 Mars 1980, un dimanche après-midi comme un autre dans les foyers italiens. Tout le monde va suivre les rencontres de la 24eme journée de Serie A scotché au transistor avant de regarder religieusement 90° minuto. Mais, ce dimanche là, n’est pas comme tous les autres. Après une longue enquête, la police débarque dans les stades à la fin des matchs et met aux arrêts neufs joueurs de Serie A dont Giordano, Manfredonia, Wilson de la Lazio et Albertosi du Milan AC.  Le président des Rossoneri Colombo est lui aussi arrêté. Les images des voitures de la police au stade Olimpico de Rome, en direct sur la Rai pendant l’émission phare de la chaine publique, laisse les Italiens sous le choc. Le Totonero, le premier grand scandale du Calcio, éclate au grand jour.

Milan et Lazio au cœur de l’affaire

Le Totonero, nom dérivé du Totocalcio le loto sportif italien, est une longue série de matchs truqués et de paris illégaux. Au centre de l’affaire, le restaurateur romain Alvaro Trinca et l’un de ses amis et fournisseur Massimo Cruciani. Les deux hommes, amis de plusieurs joueurs de renom, faisaient le relais entre les sportifs et le giron des paris clandestins. Les footballeurs eux-mêmes corrompaient les rencontres et donnaient les paris à faire aux deux compères. Plusieurs matchs de Serie A furent arrangés dont le Milan AC-Lazio du 6 janvier 80 qui deviendra l’emblème du Totonero. Plusieurs milliards de lires sont investis et le nombre de joueurs et de clubs impliqués est impressionnant. Cependant, Tous les paris ne se passent  pas comme prévus. Les loupés sont nombreux et  Cruciani et Trinca perdent énormément d’argent. Aux abois, Ils décident donc de dénoncer les combines au procureur de la république de Rome en donnant tous les noms impliqués dans l’affaire.

Paolo Rossi aurait pu rater le Mondial 82

La liste des personnes impliquées est longue et met en cause des joueurs et des clubs de premier plan. Au Milan et à la Lazio s’ajoutent trois autres clubs de A (Bologna, Avellino et Perugia) et aux joueurs déjà cités s’ajoutent entre autres Savoldi, Petrini et le jeune international Paolo Rossi. La justice civile ne donne pas suite et tous les protagonistes sont acquittés lors du procès du 23 décembre 1980. Au contraire, la justice sportive prend la chose très au sérieux. Le Milan AC et la Lazio sont rétrogradés en Serie B, les trois autres clubs de l’élite sont pénalisés de 5 points. Le président rossonero Colombo est radié et tous les joueurs impliqués subissent des suspensions allant de quelques mois à 6 ans d’interdiction de jouer. Paolo Rossi, suspendu 2 ans, prend un mois supplémentaire de suspension après avoir qualifié de buffonata cette histoire. En théorie sa saison 81-82 était terminé mais son appel a été accepté ce qui lui a permis de revenir en avril 82 juste à temps pour se faire convoquer par Enzo Bearzot pour le Mondial. La suite de l’histoire est connu de tous et le triomphe de la Nazionale en Espagne donne un élan de générosité à la fédération italienne qui amnistie une bonne partie des joueurs impliqués dans le Totonero. A la différence des autres joueurs qui reprendront tous leur place, le capitaine emblématique de la Lazio Pino Wilson refusera et quittera définitivement le monde du football malgré la place de directeur général du club qui l’attendait.




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