Torino : une nouvelle organisation pour passer un cap ?

Par Florian Giunta publié le 24 Juin 2019
Torino Mazzarri Cairo

Urbano Cairo apprécie la publicité quand elle s’étale dans les pages de sa gazette rose. Il a peu gouté le doux psychodrame de fin de saison marquée par l’épisode Petrachi en partance à l’AS Roma. Même si à ce jour le club n’a pas officiellement de directeur sportif, on s’attelle à préparer la nouvelle saison avec ou sans qualification européenne. Calciomio fait le point sur les dynamiques et la révolution de palais en cours.

Finances et infrastructures, une gestion vertueuse

Cairo a reçu le prix du Fair play financier 2019 il y a quelques semaines. C’est une juste récompense pour un homme d’affaires qui détonne en Serie A par sa rigueur. Ainsi est louée une gestion financière saine n’empêchant pas les investissements structurels au service de bons résultats. A l’heure où le Milan garde (pour l’instant) sa place européenne malgré ses errements comptables et quand de nombreux clubs affichent des bilans négatifs, ce prix sonne malgré tout étrangement aux oreilles du Président… Soucieux de long terme, le secteur jeune se développe. Après la restructuration du Filadelfia qui sert à l’équipe une et à la primavera,  les travaux du Robaldo (le centre sportif) commencent en juillet. Ce « Coverciano granata » situé au sud de la ville coûtera environ quatre millions d’euros  et accueillera les équipes de jeunes des touts petits aux Beretti (U19).

Mazzarri et Cairo, une entente parfaite

Toute la saison, Urbaino Cairo n’a pas tari d’éloges sur le « Mister », vanté tant pour son professionnalisme que pour son adhésion aux valeurs du club. De plus, son équipe a battu de nombreux records et manque d’un cheveu la qualification en Europa League. Fin mai à Milan, ils se sont rencontrés et Walter Mazzarri en est sorti renforcé.  Petrachi désinvesti, le président et l’entraîneur ont pris les rênes en fin de saison. L’an prochain, on s’orienterait vers un Mazzarri « manager à l’anglaise », leader technique ayant le dernier mot sur les questions sportives. Côté effectif, l’année et demi passée ensemble doit servir de base à un nouveau cycle. Les deux hommes sont d’accord pour s’appuyer sur ce noyau dur qu’est l’équipe actuelle. Premier défi  : éviter l’hémorragie de joueurs qui voudraient aller voir ailleurs si les contrats sont plus juteux afin de préserver le noyau. Second objectif : renforcer le groupe avec un arrière gauche et un milieu offensif. Pour cela, on compte sur Massimo Bava et Emiliano Moretti.

Bava et Moretti, un duo complémentaire

Depuis le départ de Petrachi, Bava est le successeur attendu. Homme du sérail granata, il est la solution sans risque. Il est surtout connu comme responsable du secteur jeunes avec lequel il brille. Rien que cette année, la primavera a joué une finale de coppa, une demi-finale de championnat et gagné la supercoppa. Les beretti (U19) ont quant à eux gagné leur scudetto. On sait moins qu’auparavant il a exercé des responsabilités de dirigeant en Serie C et D (Volpiano, Canavese et Cuneo). Les problématiques du football professionnel ne lui sont donc pas étrangères. En même temps, il ne prendrait pas ombrage de laisser certaines responsabilités à Mazzarri en particulier dans le recrutement. Afin de l’assister, le club compte en particulier sur Emiliano Moretti. Depuis sa retraite officielle comme joueur, Emiliano n’a pas pris de vacances. Comme dans d’autres sociétés, les bandiere sont garantes d’un « esprit maison » mais on ne sait jamais trop quelles missions leur confier. Ici, tout est clair. Destiné à intégrer l’équipe de scouts, son patron attend aussi de lui qu’il soit l’homme entre la direction et le vestiaire.

Cairo souhaite reproduire ce que Mazzarri a réussi sur le terrain soit la formation autour d’eux d’un groupe uni, ambitieux et déterminé. Au président la gestion économique à moyen-long terme et la communication ; à l’entraîneur la coordination du sportif. La mue interne donnera t-elle les fruits attendus ? Réponse dans un an.

Florian Giunta



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