Torino : l’heure au changement

Par Simon Cailloux publié le 23 Juil 2020

Ce n’est pas encore fait, mais le Torino devrait rester en Serie A l’année prochaine malgré une saison cauchemardesque, la pire depuis la stabilisation du club en première division. Signe qu’il est peut-être temps de changer de cap, et pas qu’un peu. Analyse.

Une saison horrible, une implication douteuse

Alors que le Toro sortait d’une saison historique, battant son record de points (depuis l’instauration de la victoire à 3pts), on attendait beaucoup de cette saison. D’autant plus que les Turinois avaient en ligne de mire la phase de groupes de l’Europa League. Malheureusement, le club échouera aux portes de cette dernière, avant de connaître une véritable descente aux enfers.

Ces résultats, ils ont été en partie mises sur le dos de Walter Mazzarri, frileux tactiquement et incapable d’inverser la dynamique. Ce qui lui coûtera son poste. Mais le coach toscan n’est évidemment pas le seul responsable. Les joueurs sont d’ailleurs les principaux fautifs. En effet, l’effectif n’a quasiment pas changé par rapport à la saison dernière. Or, le niveau général a dégringolé. Pour certains, il semble évident que l’exercice 2018-2019 fut la meilleure saison qu’ils aient joué. Pour d’autres, les intérêts personnels semblent avoir pris le dessus, que ce soit Nkoulou cet été, ou plus récemment Izzo.

Heureusement, tout n’est pas à jeter. Andrea Belotti a encore une fois été irréprochable, battant même le record de matchs consécutifs joués avec au moins un but inscrit. Autre satisfaction : Bremer. Loin d’être le plus talentueux, le Brésilien démontre une motivation sans failles et a su s’imposer comme titulaire indiscutable.

Enfin, il y a eu les joueurs sous courant alternatif, que ce soit par leur irrégularité ou par leur absence récurrente, due aux blessures. Le meilleur exemple se nomme Cristian Ansaldi, impérial lors des 18 premières journées, mais qui aura marqué le coup physiquement par la suite.

Tout ceci a donc de quoi inquiéter. Et il semble logique que des départs surviennent, afin de démarrer un nouveau cycle.

Le problème Verdi & le dilemme Belotti

D’ailleurs, ce changement n’est-il pas obligatoire ? Probablement. La faute à un transfert inédit, puisque cet été, Simone Verdi arrivait pour 20 millions d’euros. Le record du club. L’ex-napolitain devait épauler le capitaine Belotti en attaque, et devenir un co-leader. Cependant, la réalité sera tout autre. L’ex-napolitain peine à s’imposer dans le jeu et ne se montre que peu décisif. Le natif de Broni déçoit, et n’assume pas le montant de son transfert.

Cet investissement (pour le moment) raté fragilise les finances du Torino, et Urbano Cairo n’aura pas d’autres choix que de vendre. Évidemment, la vente d’Andrea Belotti serait la plus évidente, puisqu’il s’agit du joueur à la valeur la plus élevée. Mais un tel choix annoncerait la fin d’un projet, conclu par un échec.

De son côté, il Gallo pourrait demander son départ, après tant d’années de fidélité, pour passer un palier et s’imposer en Nazionale. Problème, la crise sanitaire a fait baisser la valeur des joueurs, ce qui limiterait le montant du transfert. Pourtant, il faudra bien prendre une décision, pour le bien du club.

Quel type de projet, et avec quel entraîneur ?

Qui dit changement de stratégie, dit objectifs différents. Avec des finances fragilisées, il semble inéluctable qu’un nouveau projet soit pensé sur du moyen-long terme. Le Torino doit revenir à son identité, à savoir s’appuyer sur la formation et le scouting (secteur dans lequel le club est reconnu depuis plusieurs années). L’arrivée de David Vagnati  (ex-SPAL) comme directeur sportif confirme d’ailleurs l’hypothèse.

Mais à qui Vagnati et Cairo confieront les clés du terrain ? Si Moreno Longo a su sauver le Toro, l’aventure pourrait s’arrêter là. Malgré sa parfaite connaissance de l’institution, l’ex-défenseur n’a su imposer un style. Il ne part donc pas favori, à l’inverse de Marco Giampaolo, qui plaît au président Cairo, ou Luigi Semplici, qui a cotoyé Vagnati à Ferrare.

Si beaucoup d’éléments sont encore flou, il est en revanche certain que l’été Granata s’annonce charnière.

 

Simon Cailloux

Rédacteur



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