Le Torino, champion des ventes

Par Gilbert Simonutti publié le 15 Juil 2015

TORINO

Lorsque le président de la FIGC Carlo Tavecchio a affirmé que seulement cinq clubs de Serie A ont les bilans comptables en règle, nul doute qu’il incluait le Torino dans sa short-list. Il faut dire que les temps ont bien changé pour les Granata en l’espace de quelques années. Urbano Cairo a su transformer ce gouffre financier qu’était le septuple champion d’Italie en un modèle de gestion grâce à des ventes ciblées de joueurs à fortes plus-values lors de chaque intersaison. Il y a deux ans, le défenseur Angelo Ogbonna rejoignait la Juventus pour 13 millions plus bonus. La saison passée, les Turinois n’avaient eu aucun scrupule à céder leur duo d’attaquants Cerci-Immobile pour 25 millions. Des ventes qui se sont avérées réussies tant les trois joueurs cités ont vu leur niveau baisser par la suite. Depuis de longs mois, Matteo Darmian intéressait les meilleurs formations européennes. Du Bayern au FC Barcelone en passant par le Napoli, tout le monde souhaitait s’offrir les services du latéral italien. C’est finalement le Manchester United de Louis Van Gaal qui rafle la mise, mais là aussi Cairo s’est montré inflexible dans la transaction. Le club mancunien a du débourser la somme préfixée par le président granata (20 millions entre part fixe et bonus) sans le moindre escompte.

Des plus-values records qui ont permis au Torino d’éponger le passif des années précédentes et de dégager un bénéfice de plus de 10 millions en 2014. Un cercle vertueux sur le plan comptable et qui n’altère pas les résultats sportifs. Comme tous les clubs de dimension moyenne, le Torino doit vendre pour vivre mais à la différence de beaucoup de ses homologue, il le fait mieux. « Anticipation » est le maître mot de Cairo et Petrachi (le directeur sportif). Pour preuve, dès que Darmian a signé à Manchester, les deux joyaux de l’Atalanta Davide Zappacosta et Daniele Baselli étaient annoncés sur les rives du Pô. Un coup de maître quand on sait que le premier était suivi par la Roma et le Napoli, et le second par le Milan. Les deux anciens bergamasques seront d’ailleurs très certainement les Darmian et Ogbonna de demain au même titre que les Maksimovic et Peres qui pourraient eux aussi être vendus prochainement si, bien entendu, l’offre correspond aux exigences du président. Le Torino semble avoir compris le fonctionnement du football actuel. Acheter à bas coût et revendre au prix fort au meilleur moment. Ceux qui se moquaient il n’y a pas si longtemps des mauvais choix de ce club torturé doivent aujourd’hui se rendre à l’évidence, le Toro est devenu un modèle de gestion financière et sportive.

Gilbert Simonutti

Rédacteur



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