TOP 5 : Ces Sardes ayant porté le maillot azzurro

Par Sébastien Madau publié le 15 Déc 2018

A l’automne 2018, la création d’une fédération nationale de sport en Sardaigne a officialisé la constitution d’une équipe nationale sarde de football. Celle-ci ne sera pas affiliée à la FIFA, mais à la CONIFA, regroupant mini-Etats, nations sans Etat, minorités ou Etats non-reconnus. Evidemment, la question de la sélection de joueurs originaires de Sardaigne évoluant actuellement en Serie A -on pense à Barella et Sirigu- est posée. Il n’est pas impossible qu’ils souhaitent symboliquement participer à cette aventure pour des raisons sentimentales, tout en ayant le droit de continuer à être sélectionnés en Squadra Azzurra. Comme les 5 autres insulaires* qui, avant eux, ont porté les couleurs de la Nazionale italienne. L’occasion de revenir sur les 5 Sardes les plus emblématiques sélectionnés en Azzurro.

5ème : NICOLÒ BARELLA

Le milieu de terrain de Cagliari (classe 1997, 4 sélections) est le dernier sarde à avoir débuté en Squadra Azzurra après avoir été un joueur clé de l’Under 21. Le nouveau sélectionneur italien Robert Mancini a pris son temps pour convoquer d’abord puis titulariser ce grand espoir du football italien. Ce fut chose faite lors des matchs de la Nation League à l’automne 2018 où Nicolò Barella a pu démontrer qu’il pouvait être une pièce maîtresse de l’entre-jeu italien de ces prochaines années. Un potentiel à confirmer donc et qu’un transfert dans un club plus huppé de Serie A (l’Inter insiste depuis plusieurs mois) pourrait favoriser.

4ème : GIANFRANCO MATTEOLI

Un vrai joueur de club cet infatigable milieu qui aura eu la récompenses de porter le maillot azzurro. Après des débuts à Côme puis la Sampdoria, Gianfranco Matteoli (classe 1959, 6 sélections) éclate au grand jour à l’Inter (1986-1990) dont il deviendra le meneur de jeu lors du Scudetto de 1989 avant de revenir sur son île natale pour aider Cagliari (1990-1994) à se maintenir en Serie A. Mieux, il sera le capitaine de l’équipe sarde lors de l’historique épopée en Coupe de l’UEFA 1994, stoppée en demi-finale par…l’Inter. Sélectionné mais jamais titularisé, Gianfranco Matteoli jouera quelques matchs de qualification à l’Euro 88. Mais ne sera pas convoqué pour l’épreuve.

3ème : ANTONELLO CUCCUREDDU

Dans son histoire, la Squadra Azzurra n’a pas manqué de défenseurs rugueux. Antonello Cuccureddu (classe 1949, 13 sélections) en fait partie. Et ce même s’il ne fut pas un pilier de la Nazionale, comme il fut avec la Juventus (439 matchs, 39 buts) avec qui il remporta 6 Scudetti, 1 Coupe d’Italie et 1 Coupe de l’UEFA. Entre 1975 et 1978, Cuccureddu aligne 13 sélections et participe au Mondial 1978 en Argentine où l’Italie termine quatrième. De retour du Mondial, il ne sera plus sélectionné qu’à deux reprises. Ses relations avec la sélection Enzo Bearzot n’étant pas toujours au beau fixe. Après 3 saisons à la Fiorentina (1982-1984), Antonello Cuccureddu débutera une carrière d’entraîneur, notamment en Serie B et C.

2ème : SALVATORE SIRIGU

Et à la fin, c’est Gigi Buffon qui joue… Comme beaucoup de gardiens italiens de ces 15 dernières années, Salvatore Sirigu (classe 1987, 19 sélections) a vu le poste de portier être monopolisé par la légende du football. Natif de Cagliari, c’est pourtant à Palerme en Sicile qu’il commence à taper dans l’oeil de grands clubs dont le PSG où il signe en 2011. C’est là qu’il entre dans le club « Italia » au poste de réserve, tout en réussissant à cumuler près d’une vingtaine de sélections à ce jour. Ses déboires à Paris ont failli lui coûter tout espoir de connaître à nouveau les joies de porter le maillot azzurro. Heureusement, Sirigu a su se relancer en signant au Torino et fait désormais partie du quatuor (avec Donnarumma, Cragno et Perin) régulièrement convoqué par Roberto Mancini. Son calme et son expérience peuvent être un atout dans un poste où personne n’a encore réussi à assurer la relève post-Buffon.

1er : GIANFRANCO ZOLA

Gianfranco Zola (classe 1966, 35 sélections, 10 buts) est incontestablement le meilleur joueur de Sardaigne à avoir joué en équipe d’Italie. Successivement meneur de jeu à Naples aux côtés de Maradona, du Parme grand d’Europe, c’est Outre-Manche que « Magic Box » devient une légende en jouant 7 saisons à Chelsea, dont il est aujourd’hui l’entraîneur adjoint de Maurizio Sarri. Il n’hésite pas à revenir en 2003 en Serie B pour faire remonter Cagliari. A la tête d’un énorme palmarès (1 Scudetto, 4 coupes nationales, 4 coupes d’Europe, 2e du Ballon d’Or 2005, etc), Zola n’a pas connu la consécration en Nazionale. Au Mondial 94, il se fait injustement expulser face au Nigéria alors que Roberto Baggio est au sommet. A l’Euro 96, après avoir contribué à qualifier l’Italie en poules (7 buts), son échec sur penalty face à l’Allemagne condamne la sélection d’Arrigo Sacchi en phase finale. Quant au Mondial 1998, Zola ne sera étrangement pas convoqué par Cesare Maldini, lui préférant Baggio et Del Piero et ce alors qu’il avait contribué à la qualification notamment à travers un but inscrit à Wembley en février 1997, signant une victoire historique italienne en terre anglaise.

*Deux autres Sardes ont évolué en équipe nationale italienne: Andrea Cossu (2 sélections) et Marco Sau (1).

Sébastien Madau



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