TOP 5 : les joueurs Italo-suisses

Par Aurélien Bayard publié le 16 Juin 2021

La confédération helvétique et le Bel Paese sont intimement liés. Les premiers ont fait appel aux seconds lors de leurs politiques de grands travaux à la fin du XIXème siècle et ont également reconnu l’italien comme langue officielle. Cette porosité entre les deux frontières a permis la naissance de binationaux qui auraient pu joueur pour l’une ou l’autres de ces nations. Voici le top 5.

N°5 : Umberto Barberis

« Bertine », pour les intimes, a essentiellement fait sa carrière au pays du chocolat. Mais en 1980, il décide de quitter l’anonymat du championnat helvétique et débarque sur le Rocher.

Avec les Monégasques, il sera l’un des protagonistes du titre de 1982. Alors qu’Asémistes et Stéphanois s’échangent régulièrement la première et la deuxième place, Barberis marquent le but vainqueur lors de l’ultime journée de D1 contre Strasbourg.

Lorsqu’il embrasse une carrière de coach en 1987, il fait des pieds et des mains – avec succès – pour ramener l’élégant meneur de la Fiorentina, Giancarlo Antognoni. Preuve qu’il a toujours eu un œil sur le pays de ses origines.

N°4 : Ermanno Aebi

La saga des Oriundi commencerait avec lui, bien que cela pourrait se jouer avec Johnny Moscardelli. Aebi est surtout une grande figure de l’Inter. Avec le maillot des Nerazzurri, il marquera la bagatelle de 106 réalisations, ce qui lui permet d’être toujours dans le top 10 des meilleurs buteurs de l’Inter. Au passage, il raflera les scudetti 1910 et 1920 avec quelques performances notables comme un quadruplé dans le derby de la Madonnina de novembre 1911.

Ayant un père suisse et une mère italienne, le jeune homme avait le choix entre les deux sélections. Bien qu’il ait vécu à Neuchâtel jusqu’à ses 18 ans, il choisit la Squadra Azzurra. Il obtient la première de ses deux capes avec la Nazionale le 18 Janvier 1920 lors d’un match amical contre la France à Milan. Lors de cette victoire prolifique 9-4, il plante pour son baptême du feu un incroyable triplé.

N°3 : Tranquillo Barnetta

Tranquillo a tenté l’impossible. Pendant 8 ans, il aura tout fait pour que le Bayer Leverkusen devienne champion d’Allemagne, un titre qui se refuse au TSV depuis 1987. Cependant, il a permis aux petits Suisses d’écrire une des plus belles pages de leur histoire.

Au sein d’une génération dorée composée de Philippe Senderos et de Reto Ziegler, il remporte le championnat d’Europe des moins de 17 ans en 2002. Une performance qui n’en appellera pas d’autres puisque la Nati ne dépassera jamais un huitième de finale en mondial avec Tranquillo dans ses rangs.

N°2 : Roberto Di Matteo

Alors qu’il n’a que 17 ans, le natif de Schaffhouse refuse les sélections juniors suisse et ne veut que la Nazionale. Un choix payant puisqu’il a participé à l’Euro 96 et la Coupe du Monde 98 avec la Squadra Azzurra.

Après avoir fait le bonheur de la Lazio, il part en 1996 dans un club anglais ambitieux, le Chelsea Football Club. Mais grâce à l’arrêt Bosman, il n’est pas du tout dépaysé. Gianluca Vialli, Gianfranco Zola et bien d’autres viendront garnir le contingent transalpin du club de Londres.

Un choix de carrière qui lui permettra de garnir son armoire à trophée. En six ans chez les Blues, il remporte la Coupe des vainqueurs de Coupe, une Supercoupe de l’UEFA, 2 FA Cup, ainsi qu’une Coupe de la Ligue et un Charity Shield.

N°1 : Severino Minelli

L’un des meilleurs joueurs suisses de l’histoire et, à l’instar d’un Pelé ou d’un Cruijff, en avance sur son temps. Intégré au Hall of Fame de l’IFFHS parmi 100 autres joueurs européens, il avait la réputation d’être un défenseur rapide, physique et avec une excellente vision de jeu.

Avec la Nati, il aura le privilège d’être coaché par Karl Rappan. Sous l’égide du coach précurseur du catenaccio, il atteint par deux fois les quarts de finale de la Coupe du Monde 1934 et 1938. Cependant, son plus bel exploit ne sera ni réalisé avec le maillot de sa sélection nationale ou avec les Grasshopper, club où il a passé treize ans.

Alors qu’il prépare la Coupe du Monde 1934, Vittorio Pozzo se déplace lui-même dans le petit village de Küsnacht, où réside Minelli. Mais il décline l’invitation. Dommage, il aurait peut-être eu l’occasion de jouer avec cousin Virgilio Maroso.

Aurélien Bayard



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