Toni Polster, le buffle autrichien qui passa par le Toro

Par Sébastien Madau publié le 25 Juin 2021
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La Nazionale affronte ce samedi l’Autriche en huitième de finale de l’Euro 2020. Les deux équipes se sont déjà affrontées en compétions officielles comme lors du Mondial 1998 en France (victoire 2-1 avec des buts de Robert Baggio et Christian Vieri) ou celui de 1990 en Italie (1-0 sur un but de Totò Schillaci). Lors de ce match du Mondiale, un jour autrichien avait été particulièrement tenu de près : Anton Polster.

Il était connu des défenseurs azzurri dans la mesure où, lors de la saison 1987-1988, « Toni » avait porté les couleurs du Torino dirigé alors par Gigi Radice. Lorsqu’il débarque sous la Mole, à l’été 87, Polster est auréolé de trois titres de meilleur buteur dans le championnat d’Autriche (1985, 1986, 1987), avec plus de 120 buts au compteur depuis ses débuts professionnels à l’Austria de Vienne. A Turin, l’effectif granata vient de perdre des joueurs tels Junior, Dossena ou Kieft. L’effectif compte tout de même une jeune génération prometteuse : Cravero, Crippa, Fuser, Venturin, Bresciani et Lentini.

Beaucoup d’attente des tifosi

Anton Polster n’est pas le favori du Mister Radice, surtout que le Toro a failli engager durant cet été le Gallois Mark Hugues auprès du Barça. « En Italie, on trouve le meilleur, les plus forts attaquants du monde » affirme Polster à son arrivée. « Je ne me fais pas l’illusion de remporter le classement des buteurs, mais j’essaie. En Autriche, j’ai marqué du gauche, du droit, de la tête, sur pénalty et sur coup-franc. Je suis peut-être lourd, comme vous dites, mais soyez sûrs que, chez nous non plus, ce n’est pas une mince affaire de marquer des buts ».

Les débuts sont tonitruants: un but pour le coup d’envoi de la Serie A (défaite 2-1 face à Avellino) et un triplé pour la première au Stadio Comunale face à la Sampdoria (victoire 4-1). Comme à chaque fois qu’au Torino un buteur commence à marquer, on le proclame comme le digne successeur de Pulici ou Graziani. Lourd à porter comme héritage. La seconde moitié de saison sera moins prolifique. Toni marquera 9 buts en championnat et 5 en Coppa Italia. Meilleur buteur de l’équipe tout de même.

Lors de cette saison, le Toro perdra deux occasions de décrocher un ticket européen. La première en perdant en finale de la Coppa Italia face à la Sampdoria (après prolongation). La seconde en étant battu par le frère ennemi de la Juventus en barrage (aux tirs au but), les deux équipes turinoises ayant terminé 7e à égalité de points.

Regrets en Italie, résurrection en Espagne et Allemagne

Anton Polster, suite à cette fin de saison frustrante, fera ses valises. « Je suis parti au bout d’un an » se souvient-il. « A l’époque, le nombre d’étrangers était limité. Dommage que les dirigeants du Torino n’aient pas fait preuve de plus de patience envers moi ». Le Torino descendra en Serie B la saison suivante. Toni Polster poursuivra sa carrière en Espagne (FC Séville, Logrones, Rayo Vallecano), en Allemagne (Cologne, Mönchengladbach) avant un retour au pays (Austria Salzbourg). Sans jamais perdre le sens du but, jusqu’à sa fin de carrière en 2000 à l’âge de 35 ans (95 sélections, 44 buts en équipe nationale).

Il entamera alors une carrière d’entraîneur, avec beaucoup moins de succès. Il poussera également la chansonnette dans le groupe des Achtung Lieber ! « Chanter, cela m’exalte, surtout en concert » confie celui qui a vendu plus de 40 000 albums. « C’est une sensation comparable à l’époque où je jouais au football ». On le préférait toutefois comme Bomber…

Sébastien Madau



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