Tonali, à la croisée des chemins…

Par Michaël Magi publié le 16 Juil 2019

Il est jeune, beau, sent bon le sable chaud. Sandro Tonali affole les recruteurs. En cette période de mercato, le jeune homme devra garder la tête froide face aux séduisants ponts d’or qu’on lui promet. Fort heureusement, la pépite lombarde semble avoir la tête sur les épaules. Le feuilleton pourrait tourner court…

La nouvelle star

L’émergence de Tonali ne date que d’un an et demi. Difficile à croire tant il nous semble entendre parler de lui depuis des lustres. C’est pourtant bien en janvier 2018 que tout s’est précipité. Au soir de la 20ème journée de Serie B, le Rondinelle pointe à la 18ème place, après une défaite face à Ascoli (0-1). De quoi inciter l’épidermique Président Cellino à virer son entraineur en pleine trêve, et à confier les rênes de l’équipe à Roberto Boscaglia. Tout juste majeur, Tonali intègre l’équipe première dès la journée suivante. Il ne la quittera plus. A l’été, après avoir décroché le maintien avec son club, la Nouvelle Star finit de convaincre les scouts, en promenant sa classe avec les U19, dans le cadre d’un Euro presque parfait, seulement gâché par une défaite en finale contre le Portugal.

Cette saison, Tonali a logiquement confirmé, s’imposant comme l’un des grands artisans de la renaissance biancazzurra. Installé dans un rôle de regista (habituellement confié aux joueurs expérimentés) par Eugenio Corini, le gamin a fait apprécier toute la saison sa capacité à gratter les ballons, à orienter le jeu, une maturité et une autorité hors norme pour un joueur n’ayant pas encore 20 ans. Les rumeurs se sont donc naturellement accentuées, l’envoyant tantôt à la Juventus, tantôt à l’Inter, plus récemment au PSG, qui rêve de reproduire l’énorme coup réalisé lors du transfert de Marco Verratti il y a 7 ans. Rumeurs qui ont semblé le perturber de temps à autre, sans rompre toutefois l’impression générale d’une saison réussie.

Enfant du pays

Les temps et le marché ont toutefois changé. Si Verratti, en son temps, fut débauché pour 12M€, Tonali vaut déjà le double. Si ce n’est plus. Massimo Cellino, le rusé Président de Brescia souffle habilement le chaud et le froid depuis plusieurs mois. Alors qu’en avril, la Juve et l’Inter jouaient des coudes pour se positionner en amont du mercato d’été, l’homme fort du Rondinelle noyait le poisson : « Je n’ai pas fixé de montant. J’ai déjà rejeté plusieurs offres. Aujourd’hui, nous sommes concentrés sur l’objectif de promotion. Nous n’avons aucun intérêt à vendre ». Le mercato désormais ouvert, Cellino n’a pas changé de position et travaille à renforcer un effectif pétri de qualités, en mesure de décrocher un maintien qui serait synonyme de progression pour un club peinant à s’établir durablement dans l’élite depuis la relégation de 2005. Une mission qui serait bien évidemment plus difficile sans Tonali, régulateur de l’entrejeu.

De fait, Brescia n’a plus vocation à être cette grande braderie qui fit souvent à ses dépends le bonheur des grands clubs. Autre dimension à prendre en compte : la volonté de Tonali lui-même qui semble disposé à découvrir l’élite au sein d’un environnement qu’il connait. Une sécurité, dans l’optique de gagner un éventuel billet pour l’Euro, après une première convocation en novembre dernier. Le gamin sait sans doute que s’il parvenait à déployer ses immenses qualités au plus haut niveau, il constituerait une alternative à Jorginho, loin d’être indiscutable avec la Nazionale. Serein, le gamin est parti en retraite d’été avec son club, tandis que Cellino continue de doucher les prétentions : 30M€ du PSG ; une proposition de la Fiorentina offrant 3 joueurs en contrepartie (Saponara, Vitor Hugo et Ceccherini). Le tout balancé dans les douves… Le temps joue pour Cellino : le mercato finira  par fermer ses portes. Tonali, qui pourrait prochainement prolonger, continuera à grandir dans le confort d’un rassurant chez-soi, histoire d’éviter de devenir l’énième néo-Pirlo à décevoir les espérances. Fort dans sa tête, la comparaison ne lui pèse même pas : « Je m’inspire de Pirlo…, dit-il. Mais mon modèle est Gattuso…pour le caractère ! »

Michaël Magi



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