Tommaso Pobega, petit prince rossonero

Par Aurélien Bayard publié le 09 Sep 2020

Alors que le contrat de Tommaso Pobega prenait fin en 2022, la direction milanaise n’a pas hésité longtemps lorsqu’elle a vu son milieu de terrain revenir en Lombardie. Après des négociations expédiées en quatrième vitesse voilà que la jeune pousse prolonge son bail jusqu’en 2025. Un signe évident que cette année pourrait être celle de la révélation au sein de l’effectif rossonero.

Une évolution naturelle

Tommaso Pobega répétait soigneusement ses gammes avec les jeunes de Trieste lorsque des émissaires du Milan AC pointent le bout de leurs nez. Ni une, ni deux, ils arrachent sans vergogne le jeune homme de son cocon frioulan, direction la Primavera rossonera. A 14 ans, le natif de Trieste fait fi de ce changement de dimension et continue de pratiquer son football comme si de rien n’était.

Il devient rapidement un élément indispensable de son équipe et, à 19 ans, commence à avoir des fourmis dans les jambes. Plutôt que de le laisser se morfondre avec les jeunes, il est envoyé en prêt du côté de Ternana pour l’exercice 2018-2019. L’expérience en Serie C se révèle être un franc succès. En Ombrie, Pobega participe à 33 matchs, marque 3 buts et surtout organise le jeu des Rossoverdi comme un vieux briscard. Présents dans le même groupe que Ternana, le Pordenone Calcio et son coach Attilo Tesser ont également bien remarqué les qualités du jeune homme…

Le petit lézard fait sa mue

Les Ramarri ont pu accéder à la Serie B pour la première fois de leur histoire au terme d’une saison maîtrisée. Ils veulent se montrer à la hauteur de l’événement et se fixent comme ambition de s’installer durablement dans l’antichambre du football italien. Et, pour se faire, l’effectif doit être nécessairement renforcé. Cependant, la rigueur financière reste le maître-mot dans le Frioul. Alors Attilo Tesser scrute les moindres bonnes affaires dans les joueurs libres, ou cherche son bonheur dans le prêt. Grâce à la deuxième option, Pobega rallie le Nord-Est de l’Italie.

Le coup d’éclat ne se fait pas attendre. Dès son premier match, le milieu de terrain se signale par un doublé et Pordenone remporte la partie. A l’instar de ce qu’il faisait à Ternana, le jeune homme devient le dépositaire du jeu et est un des acteurs majeurs de la saison majeure du surprenant promu. Joueur comme entraîneur tombe sous le charme du grand blond. Michele Camporese trouve qu’il a déjà le niveau pour la Serie A et Tesser estime qu’il peut marcher sur les traces de Gaetano Castrovili.

L’idylle s’arrête là pourtant. Les conditions du prêt incluaient une option d’achat de 2,2 millions d’euros. Une somme faramineuse pour une équipe qui n’a toujours pas dépensé le moindre centime dans un transfert depuis sa montée selon Transfermarkt. Alors pour la deuxième fois de sa vie, Pobega quitte le Frioul pour la Lombardie.

Reprendre en main le centre de formation

Depuis la fin de la saison, le milieu de terrain milanais se dépeuple. Bonaventura et Biglia ont quitté le navire rossonero, leurs contrats n’étant pas prolongés. Il fallait donc les remplacer numériquement, tout en gardant à l’esprit que le fair-play financier rôde toujours au-dessus du Milan AC.

Après avoir scruté les performances de Pobega, la direction milanaise a vu en lui un renfort à moindre coût. Plus que cela, elle, ainsi que Stefano Pioli, sont convaincus que le jeune homme sera un excellent vice-Kessié. D’ailleurs, contre Monza, l’Ivoirien a cédé sa place au natif de Trieste.

En dehors de ces considérations purement tactiques et financières, c’est aussi un excellent signal envoyé à la Primavera milanaise. Ces dernières années, les anciens pensionnaires des équipes jeunes ont eu tendance à exploser en dehors des terres lombardes. Cristante, Locatelli, voire Petagna, sont autant de noms qui n’auraient sûrement pas fait tâche au sein de l’effectif milanais actuel.

Ce revirement a déjà été aperçu l’année dernière avec l’intégration de Matteo Gabbia et de Daniel Maldini. Pobega n’a maintenant qu’une hâte, les imiter en disputant lui-aussi ses premières minutes sous la liquette d’Il Diavolo.

Aurélien Bayard



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