Suso, un départ inéluctable ?

Par Julien Camarda publié le 03 Fév 2020

Le natif de Càdiz signe son premier contrat professionnel en 2010 dans l’un des clubs les plus prestigieux d’Angleterre : Liverpool FC. Bien que suivi par le Real Madrid et le FC Barcelone, c’est Rafael Benitez, alors coach des Reds, qui le persuade de signer à Liverpool. Avec l’arrivée de Coutinho en 2013, Suso voit son temps jeu s’amenuiser et décide de rejoindre le promu Almeria. Il marquera trois buts pour 33 apparitions avec le club andalou. Mais voilà, après quatre ans passés en Lombardie, Jesús Joaquín Fernández Sáenz de la Torre, dit Suso quitte le Milan AC pour le FC Séville. En manque de continuité, l’ailier droit espagnol de 26 ans retourne en Espagne pour espérer se relancer à quelques mois de l’Euro 2020. Retour sur son passage en Serie A.

Les années italiennes de Suso

Libre de tout contrat, Suso débarque au Milan AC en 2015 mais sera barré entre autres par Menez, Luiz Adriano et Cerci. C’est donc tout naturellement qu’un an plus tard, il partira en prêt au Genoa. Assez discret jusque-là, l’ailier espagnol termine l’exercice 2015-2016 avec une passe décisive et six buts dont un triplé contre Frosinone. Fort de son prêt réussi chez le Grifone, Suso revient chez les Rossoneri et postule à une place de titulaire. En novembre 2016, lors du 217e Derby della Madoninna, le numéro 8 espagnol étale toute sa classe : il donne par deux fois l’avantage à son équipe avant que l’Inter ne revienne au score (2-2). Cette même année, le Milan AC remporte la Supercoppa Italiana face à la Juventus (1-1, 4-3 TAB). Après l’ouverture du score de Chiellini, c’est Bonaventura qui remet les équipes à égalité sur une passe de… Suso ! Grâce à ses bonnes prestations, Silvio Berlusconi ne manquera pas de lui faire les éloges : « Avec ses qualités, je lui trouve quelque chose de Roberto Donadoni (milieu offensif droit emblématique de 1986 à 1996). Il a beaucoup de classe, il est capable de dribbler un ou deux joueurs et ensuite de frapper au but. Maintenant, il joue au poste d’ailier et doit encore progresser, mais je le vois plus comme un deuxième attaquant, de sorte que ses qualités de frappe soient mieux exploitées. »

Mais du mal à confirmer…

Après 2016, Suso a du mal à s’installer dans le fauteuil de leader technique de l’équipe : il n’est décisif que 41 fois (buts et passes décisives confondus) en 153 présences soit 27% des matches. Aussi, le crochet intérieur suivi de la frappe enroulée pied gauche, qui sont ses meilleures armes, deviennent inoffensifs. Petit à petit, il va perdre son aura, sa place de titulaire et le soutien de ses supporters (#SusoOut) au profit de l’autre ailier espagnol de l’équipe : Samu Castillejo.

Annoncé sur le départ, le numéro 7 rossonero fait partie des coups payants du coach Pioli. Aligné dans un 4-4-2, Samu se montre intéressant offensivement mais aussi défensivement avec des va-et-vient incessants et permet également à Conti d’être performant. Avec un but et deux passes décisives sur les cinq derniers matchs Castillejo est bien plus efficace que son compère espagnol. Plus flexible et bien moins prévisible, il se plie davantage au nouveau système de jeu.

Un besoin de liquidité

En difficulté financière, le club lombard n’a donc pas hésité pour se débarrasser du troisième plus gros salaire du club (3 millions d’euros par an) dès qu’il en a eu l’opportunité. Épinglé en juin dernier par le Tribunal arbitral du sport et exclu des compétitions européennes, le Milan AC se doit d’équilibrer ses comptes. L’offre de prêt du FC Séville tombe à pic pour le club de Via Aldo Rossi mais aussi pour l’Espagnol qui, en retrouvant l’Andalousie, doit retrouver son meilleur niveau peu avant l’Euro. Il reste moins de six mois à Suso pour confirmer et s’imposer définitivement dans la Roja de Luis Enrique. En cas de qualification directe du FC Séville pour la prochaine Champions League, Suso sera définitivement sévillan.

Pour combler ce départ, les dirigeants milanais misent sur Alexis Saelemaekers. L’ailier droit belge de 20 ans arrive en provenance d’Anderlecht sous la forme d’un prêt payant assorti d’une obligation d’achat.

Julien Camarda

Rédacteur



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