Stefano Sanderra, futur Mister Leggenda à Malte ?

Par Aurélien Bayard publié le 29 Fév 2020

Sevré de titre national depuis 2017, le club d’Hibernians FC cherche à reconquérir le championnat maltais. A sa tête depuis deux saisons, l’Italien Stefano Sanderra fait tout son possible pour mener à bien cette mission. L’année dernière, il frôle l’exploit en perdant aux tirs-au-but lors d’un match d’appui pour le titre. Actuellement à quatre points du leader, celui qui est surnommé Mister Leggenda a une nouvelle chance de réussir son pari.

Disciple de Zeman

La vocation d’entraîner arrive tôt chez Stefano Sanderra. Seulement occupé par une carrière en football à cinq, il a à peine dépassé la vingtaine lorsqu’il décide d’apprendre des plus grands. Il descend alors dans la région des Pouilles pour étudier le Foggia de Zdenek Zeman lors de leur ritiro. Bien qu’encore en Serie B à ce moment-là, toutes les bases étaient déjà posées pour assister à la futur Zemanlandia. Armé d’un calepin et d’un stylo, il griffonne le plus de notes possibles pour tout apprendre du Bohème. Et après plus de 20 ans à entraîner, il semble que l’apprenti a bien appris auprès du maître. Ses entraînements se basent sur un gros travail sur la condition physique des joueurs. Le but est de pouvoir effectuer un pressing incessant durant le match. Ensuite, de toutes les formations qu’il a pu coucher sur la feuille de match, sa préférée reste le 4-3-3. Enfin, le natif de Rome désire que ses joueurs utilisent toute la largeur du terrain pour étirer le bloc défensif. Les ailiers devant profiter des espaces créés derrière la défense pour marquer. Du Zeman dans le texte donc.

Légende dans sa région natale

L’histoire commence en 1994 à Ferentino. Pendant 2 ans, Sanderra encadre les U19 et empoche un titre national au nez et à la barbe de Renato Curi, dans lequel évoluait un certain Fabio Grosso. Le président d’Aquila Calcio vient alors le chercher. En cette saison 97/98, l’équipe rossoblù ne fait absolument pas partie des favoris en Serie D. Pourtant l’Aquila fait la course en tête, résiste à Sambenedettese et Rieti et s’adjuge le championnat. Pour la première fois en 84 ans d’histoire, le club des Abruzzes obtient une promotion sans passer par la case barrage ou repêchage. L’idylle s’arrête ici à cause d’un changement de présidence. La suite de sa carrière est sur courant alternatif, faite de promotions, de missions sauvetages et licenciements multiples. Jusqu’à son arrivée au Latina

Calcio en 2010. La légende s’écrit en 3 actes. Le premier : Sanderra mène le club à la victoire en Serie C2. Le second : l’entraîneur romain se fait remercier en début de saison suivante, mais doit revenir pour sauver le club. Mission accomplie en l’emportant face à Triestina durant un match de play-out. Le troisième : vaquant à ses occupations, il est une nouvelle fois appelé en fin de championnat, cette fois-ci pour mener le Latina à une promotion historique en Serie B. Il faut passer par la case play-off. La finale se joue entre Nerazzurri, ceux de Pisa et ceux du Latina. Après 180 minutes, il n’y a toujours aucun vainqueur. Le stade Domenico Francioni est en feu et la prolongation devient folle. Pisa craque et voit deux de ses joueurs se faire exclure. Faisant fi de tout sentiment, le Latina poignarde par deux fois le club toscan. Victoire ! Sanderra devient alors Mister Leggenda et tous les Latinensi peuvent faire la fête.

Exil maltais

Suite à son exploit, Sanderra repart comme un prince. Avant de rejoindre Malte, il essaie de réitérer ses performances avec d’autres clubs italiens, sans succès. Le romain sent alors le besoin de se renouveler et de se ressourcer. « Tout est beaucoup plus calme ici et vous pouvez travailler avec une sérénité extrême. Je referais ce choix sans hésiter » avait-il déclaré lors d’une de ses interviews. Pour le moment c’est un pari gagnant. Jamais Stefano n’avait dirigé autant de rencontres pour un seul club. Il lui reste maintenant sept matchs pour renverser la tendance et marquer Malte de son empreinte.

Aurélien Bayard



Lire aussi