Stadio della Roma : il ne reste plus qu’à tout faire

Par Luca Dangréaux publié le 19 Jan 2019

L’AS Roma et son président américain James Palotta ont lancé leur pharaonique projet de nouveau stade voilà sept ans, car « en posséder un est aujourd’hui le seul moyen de devenir une marque globale ». L’ambition du club s’est mariée à celui de la ville, qui souhaite profiter du Stadio della Roma pour rendre la vie à un quartier largement abandonné. Retards, politique, ambitions, corruption, arrestations…. tous les ingrédients du dossier galère sont de la partie.

« Nous allons construire sur une zone souvent inondée lorsqu’il pleut ». Cette phrase a été prononcée par Virginia Raggi, maire de Rome, et donne une idée simple de l’ampleur de la tâche que représente le dossier du Stadio della Roma. Dans cette même interview donnée à la Gazzetta dello Sport ce 18 janvier 2019, elle assure que les travaux débuteront cette année pour une entrée dans le stade en 2021 et qu’à ce moment-là, les infrastructures et les lieux de vie adjacents seront sur pieds. Miracle, à toi de jouer.

Le choix des hommes

Les premières pierres du chantier pourront être posées lorsque deux dossiers majeurs seront réglés : le premier renvoie à Turin, où l’École Polytechnique de la ville doit rendre un rapport complet sur la fiabilité du projet final. Bien au-delà du stade (sans doute l’élément le moins problématique ici), cette étape consiste à valider… tout le reste : la prolongation du métro, la construction et rénovation de gares et voies ferrées, la construction d’hôtels, de zones commerciales, d’un quartier d’affaires et le réaménagement du paysage routiers et autoroutiers. La zone nommée Tor di Valle est aujourd’hui quasi-déserte. Le stade sera bâti sur les vestiges d’un hippodrome qui a pour unique voisin une usine de traitement des eaux. Dans deux ans, des milliers (parfois des dizaines de milliers) d’Italiens s’y rassembleront. Le grand-écart.

L’hippodrome Tor di Valle, où sera construit le Stadio di Roma.

Le deuxième dos d’âne sur la route de la construction du Stadio della Roma est plus sulfureux. Au lancement du projet, le président Palotta s’est lié au constructeur Luca Parnasi. Cet homme est à la tête de la holding Eurnova qui possède le terrain du futur stade. Il est surtout accusé d’avoir corrompu des responsables politiques locaux dans le but d’obtenir des autorisations de construction. Dans cette affaire le parquet de Rome a ouvert une enquête, neuf personnes ont été arrêtées, certaines ont été incarcérées mais James Palotta et son club ne sont en rien concernés. L’Américain et son équipe essaient aujourd’hui de se débarrasser de M. Parnasi en lui rachetant ses parts ou en trouvant d’autres collaborateurs.

Deux échéances, donc, dans ce sprint final et avant l’arrivée des grues à Tor di Valle : avant le 31 janvier, l’École Polytechnique de Turin doit rendre son rapport et valider, ou rejeter, le projet global voulu par le club et la ville. Les représentants de la Roma doivent, eux, remplacer Luca Parnasi par un/des autre(s) partenaire(s). Lorsque tous les feux seront au vert, il faudra commencer par faire en sorte que le quartier ne se transforme plus en aquarium à chaque pluie. Ci aggiorniamo

Le Stadio della Roma en bref :

– Projet imaginé en 2012, annoncé en 2014. Autorisations de l’État reçues en décembre 2017.
– Entrée initialement espérée en 2021.
– Capacité d’environ 55 000 places (20 000 de moins que l’Olimpico).
– Coût prévisionnel : entre 1 et 1,5 milliard d’euros.
– Le quartier Tor di Valle se situe à l’extrême sud-ouest de la capitale, entre l’aéroport Fiumincino et le centre-ville. Le stade sera à une dizaine de kilomètres de Trigoria, centre d’entraînement du club de la Louve.

L’intérieur du Stadio della Roma

Luca Dangréaux



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