La SPAL Ferrara, 49 ans après

Par Clara Gioria publié le 14 Mai 2017

SPAL ne s’est pas faite en un jour

Créé en 1907, le club doit attendre jusqu’à 1932 pour accéder à la Serie B. Ce n’est qu’en 1951 qu’il côtoie l’élite pour la première fois, notamment grâce au travail de Paolo Mazza. L’entraîneur et président emblématique de l’époque était connu et apprécié pour sa politique de valorisation des jeunes. Il avait notamment lancé la carrière de Luigi Del Neri et d’un certain Fabio Capello. Après 16 saisons passées en première division, à l’exception faite d’un passage en Serie B en 1964-1965, la SPAL salue l’élite, à la suite d’une défaite contre la Juventus de Heriberto Herrera. Pendant quarante-neuf ans, les Spallini alternent Serie B et Serie C, dans un contexte économique parfois précaire. La société fait en effet face à deux faillites en 2005 et 2013. Le club romagnol, à la suite de la deuxième faillite, est exclu du championnat professionnel et relégué en Serie D. Un coup dur certainement à l’origine d’un exploit inespéré.

De la renaissance à l’élite

Sous l’impulsion du maire de Ferrare, les dirigeants de la SPAL trouvent un accord avec les propriétaires de la Giacomense, l’équipe voisine. La « SPAL 2013 » nait alors de la fusion des deux entités. Le club entame une nette progression et accède la saison suivante en Deuxième Division de Lega Pro, soit la quatrième division italienne. Il gravit les échelons et arrive en Serie B à l’issu de la saison 2015-2016. Les supporters, qui auraient alors signé ne serait-ce que pour le maintien, découvrent pour la plupart une ambition qui ne leur avait jamais parue envisageable : la promotion en Serie A.

Après un démarrage plutôt raté marqué par la défaite contre Benevento lors de la première journée de championnat, les Biancazzurri grimpent peu à peu au classement et se positionnent en première partie de tableau. Avec 22 victoires, 12 nuls et 7 défaites, la meilleure attaque et la troisième meilleure défense du championnat, ils occupent aujourd’hui le fauteuil de leader. Mathématiquement promus à une journée de la fin, ils réalisent l’exploit en offrant aux Romagnols une compétition inconnue depuis 49 ans. Reste à savoir si le Petit Poucet saura se défendre face aux ogres de la Serie A, avec un effectif 100% italien et une réalité économique bien plus modeste.

La SPAL fait partie de ces équipes qui intriguent et charment. Elle est de celles qui surprennent et arrivent là où on ne les attend pas. La saison prochaine, elle accueillera les meilleures équipes italiennes au Stade Paolo Mazza, nommé à l’éfigie de celui qui avait amené le club pour la première fois en Serie A en 1951. Un joli symbole, bien loin des contrats de naming colossaux du football mondialisé.

Clara Gioria

Pigiste



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