Simone Zaza à la Juventus, une réussite ?

Par Thomas Sghedoni publié le 09 Mai 2016

Zaza-Juventus

Une arrivée dans un contexte un peu compliqué

L’arrivée de Simone Zaza cet été pour 18M€ en provenance de Sassuolo pourrait sembler être une consécration pour tout joueur de la Botte, et pourtant, ça n’était pas la première étape de la relation entre la Juventus de Turin et le natif de Policoro, en Basilicate. En effet, le garçon avait déjà été acquis 3.5M€ par la Juve alors qu’il avait 21 ans et qu’il évoluait à la Sampdoria, après être passé par centre de formation de l’Atalanta Bergame. Mais alors jugé encore trop friable pour la Vieille Dame, il a été vendu en copropriété au promu Emilien afin qu’il soit élevé au bon grain et à l’air libre dans cette Serie A, avant d’éventuellement revenir. La fin de la copropriété dans le Calcio a entrainé sa vente complète, une option de rachat permettant toutefois de ne pas se couper totalement de ce talent en devenir. 20 buts en 60 matchs plus tard, le tout dans une équipe oscillant entre la 17ème et la 12ème place, Simone le tifoso bianconero a pu faire son retour dans son club de cœur. Au sein d’une attaque dévastée par le mercato, où seul l’Espagnol Alvaro Morata (qui lui risque toujours de faire ses valises cet été) est resté au club, il doit faire avec la concurrence de Mario Mandzukic et de Paulo Dybala. Pourtant l’aventure commence assez mal puisque la préparation d’avant-saison ne semblant pas être concluante, un prêt étant même évoqué. Finalement, il restera avec un statut de remplaçant, derrière la pépite et l’expérience.

Le parfait supersub

Il ne participe au final qu’assez peu au début de saison franchement médiocre du club. Il est titularisé la première fois lors de la 5ème journée à Frosinone et y marque alors son premier but. Il enchaine alors 2 titularisations en 3 matchs sans parvenir à se mettre en évidence, avant de retourner s’assoir sur le banc. Sur le terrain, il fait preuve d’une grinta et d’une énergie débordante, à faire chaud au cœur de tout tifoso, et qui avait fait de lui une personnalité très apprécié du côté du Mapei Stadium. Mais il reste néanmoins un poil limité dans son apport pour un club du standing de la Juve.  En revanche, celle-ci se trouve être un atout extrêmement précieux lors de ses entrées en match, face à des adversaires fatigués. 7 minutes lui suffisent pour marquer face à Palerme, 10 pour scorer contre Séville en Champions League, 11 contre le Hellas. Puis arrive sa consécration : la praline qui transperce Reina et envoie la Juve si mal partie au sommet qu’elle ne lâchera plus, et qui lui fait gagner définitivement son statut de supersub, le type qui rentre dans un match compliqué et débloque la situation grâce à son abnégation la plus totale. Il souffre toutefois d’un profil de jeu qui ne s’accommode que très peu avec Mandzukic alors qu’il correspond mieux à Dybala. Mais comme l’Argentin sort plus souvent que le Croate, c’est souvent Morata, fonctionnant mieux avec ce dernier, qui est choisi pour apporter du sang neuf devant. Ce qui n’empêche pas Simone d’avoir d’excellente statistique, avec un but toute les 110 minutes (8 buts pour 853 minutes de jeu, en 22 matchs). Allegri semble en effet avoir trouvé le moyen de le rendre le plus utile à l’équipe. Reste à savoir si celui qui s’est rasé la crête pour respecter l’esprit Juve va rester cet été alors qu’il est courtisé (et pourrait être titulaire) un peu partout. Gageons que oui !

Thomas Sghedoni

Rédacteur Sassuolo



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