Serie B / Serie C: un casse-tête sans fin

Par Sébastien Madau publié le 12 Nov 2018

Le Conseil d’Etat italien devrait -le 15 novembre prochain- rendre une décision stipulant si le championnat de Serie B de cette saison 2018-2019 devra compter 19 ou 22 équipes. Et ce alors que ladite compétition a débuté (avec 19 équipes) depuis le 24 août et compte déjà 12 journées de jouées. Une situation rocambolesque mais dans le droit fil d’imbroglios mêlant justice et sport (et donc deux agendas distincts) qui durent depuis plusieurs saisons à présent.
Le point de départ de ce casse-tête chinois débute l’été dernier avec la faillite de trois clubs de Serie B: Cesena, Bari et Avellino. Ils ne pourront pas figurer dans la série « cadette » lors de la saison 2018-2019. Les quatre équipes reléguées sportivement (le 19e Virtus Entella, le 20e Novara; le 21e Pro Vercelli et le 22e Ternana) se frottent déjà les mains. Par un jeu de vases communicants, ils espèrent être tout simplement repêchés en Serie B et remplacer les équipes en banqueroute (Cesena, Bari, Avellino). Ils sont 4 pour 3 places mais bon…

Trois faillites, aucun repêchage

Tout semble logique et simple à appliquer, d’autant plus que cette méthode a déjà été employée par le passé. Sauf que… C’est sans compter sur une décision de la Fédération italienne de Football (FIGC) qui décide de faire passer la Serie B de 22 à 19 clubs. Ainsi, les trois clubs en faillite (Cesena, Bari, Avellino) disparaissent des écrans, tout comme les 4 relégués (Virtus Entella, Novara, Pro Vercelli, Ternana) qui eux filent en Lega Pro (3e division). L’occasion était également trop belle pour une FIGC qui cherchait depuis des années à réduire le nombre d’équipes en Serie B. Jusque-là, la Federcalcio est la grande gagnante et les clubs font grise mine. Sauf que…

Des réclamations sont déposées auprès d’un tribunal administratif régional (TAR), afin de sortir l’affaire des mains de la justice sportive. Verdict: le championnat de B doit rester à 22 clubs. Scène de liesse à Chiavari (commune du club de la Virtus Entella), Novara, Vercelli et Terni qui imaginent déjà leurs équipes repêchées. Sauf que… Le Conseil d’Etat, le 27 octobre dernier, dédit les décisions du TAR et ordonne que la Série B reparte -comme le souhaitait la FIGC- à 19 clubs. Plus de liesse à Chiavari, Novara, Vercelli et Terni… Pour bien faire comprendre, à qui voulait l’entendre, qu’elles avaient la tête en Serie B (à défaut d’y avoir les jambes), les équipes de Virtus Entella, Novara, Vercelli et Terni avaient un temps refusé de débuter le championnat de Lega Pro, avant finalement de s’y résoudre de peur de tout perdre et d’être déclarées forfait. Du coup, la Lega Pro se retrouve avec une multitude de matchs en retard et aucune lisibilité sur son classement. A l’issue de la 11e journée de 3e division, Novara a joué 8 rencontres, la Pro Vercelli 7, la Ternana 8 et la Virtus Entella 3.
Il faut dire que pour la Virtus Entella l’affaire est encore plus complexe. C’est dire….

En effet, de par sa situation de 19e (sur 22), le club était le dernier relégué sportivement. Et se considérait donc comme étant le premier « repêchable »… Et il comptait bien profiter de la sanction supplémentaire de 15 points de pénalité qui avait frappé Cesena (pour mauvaise gestion financière). Cesena (13e sur le plan sportif) se voyait ainsi dégringoler au nombre de points à la 22e et dernière place du classement de Serie B. Et du coup la Virtus passait de la 19e à la 18e place… et se voyait donc sauvée. Mais la banqueroute de Cesena a rendu caduque cette sanction qui n’avait plus lieu d’être, ni la possibilité de sauver la Virtus. Qui s’est elle aussi résignée à reprendre le championnat de 3e division.

Vers une résignation généralisée

Alors que tous les championnats, de Serie B (2e division), de Lega Pro (3e) et de Serie D (4e) ont débuté, on voit mal comment le Conseil d’Etat pourrait, le 15 novembre, trancher définitivement en faveur d’un championnat à 22 équipes, et ainsi ouvrir la porte aux revendications de la Virtus Entella de Novara, la Pro Vercelli ou de la Ternana, trois mois après la début des compétitions. Avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir sur la refonte des calendriers. Mais avec les instances sportives italiennes, depuis plusieurs années, on n’est toutefois pas à ça près…De leur côté la Virtus Entella, Novara, la Pro Vercelli et la Ternana ont semble-t-il compris qu’il serait plus simple et plus rapide de tenter de regagner leur ticket en Serie B sur les terrains de football plutôt que dans les tribunaux italiens. Sage décision…

Sébastien Madau



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