Serie A : La fuite des talents, un phénomène alarmant ? – Et maintenant ? (4/5)

Par Rafaele Graziano publié le 29 Sep 2021
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Les années 2000 touchant à leur fin, la Serie A n’est devenue, peu à peu, que l’ombre d’elle-même, entre coups durs et coups de génie, il devient difficile de situer l’Italie dans le panorama européen. Calciomio propose de passer au peigne fin le dernier mercato italien et, plus particulièrement, le départ de ses principaux talents. Dans ce quatrième épisode, après avoir posé les causes et les conséquences d’un tel phénomène, il est temps de faire le point sur les différents clubs italiens alors qu’une nouvelle ère commence.

Le championnat, plus ouvert que jamais ?

La Serie A se réveille avec la gueule de bois : encore ivre de ses exploits estivaux, de ses notte magiche, presque insoucieuse des pertes réalisées la veille. Pour certains, c’est la soupe à la grimace, pour d’autres, c’est peut-être un retour à la gloire. À Turin, la perte de Ronaldo dévoile une plaie masquée par l’arrivée du Portugais. La Ronaldo-dépendance ? Et aujourd’hui ? Sans Dybala, c’est la Dybala-dépendance. Sans Chiesa, c’est la Chiesa-dépendance. Plus le temps passe, plus il devient évident qu’il n’est pas de forme dont il est question, sinon de fond. La Juve avait besoin de Cristiano, mais surtout davantage de cohésion. Aujourd’hui fauchée et sans repères, elle traverse la période la plus sombre de sa récente histoire, suspendue à fil dont personne ne trouve encore le tenant. Grappillant des points fortuits çà et là, elle n’évolue qu’à la 10ème place.

Pour l’Inter, les choses se passent beaucoup mieux malgré la dilapidation estivale : les remplaçants Çalhanoglou et Dzeko font le job, mais surtout, le système de jeu reste cohérent grâce à la venue d’un des coachs les plus prometteurs d’Italie, S.Inzaghi, adepte invétéré du 3-5-2. Pour le moment, elle talonne le Napoli et l’AC Milan dans ce qui se dessine comme la future course au Scudetto. Ces derniers, loins des assauts du mercato, semblent même s’être renforcés. Avec un jeu léché et une constance qui force le respect, ils sont tout droit partis pour redonner de beaux jours à leurs tifosi. Sans oublier l’AS Roma, qui, bien que défaite lors du derby dimanche (3-2), s’offre elle aussi le droit d’y croire. Autrement, avec la Juve écartée : le roi est mort, vive les rois !

L’Europe, peine perdue ?

Champions League ou Europa, tout est encore à faire pour les chevaliers de Serie A. Aujourd’hui, l’attraction majeure de l’autre côté des Alpes reste le retour en C1 des Rossoneri. Sans grande expérience, ils compteront sur leur témérité et leur vitesse afin de décrocher leur ticket pour les 8èmes qui les attend depuis maintenant 2 630 jours : le 11 mars 2014. Des chiffres qui donnent le tournis, tout comme les chevauchées d’Hernandez, les numéros de Diaz ou la longévité d’Ibrahimovic. La poule est quasi insurmontable mais s’il est bien une équipe surprenante, c’est le Milan de Pioli qui a déjà démontré contre les Reds que face au Diavolo personne n’est à l’abri. De son côté, l’Atalanta entame sa 3ème édition de C1 dans le plus grand des calmes, avec sa pétarade de buts (2-2 à Villarreal) et son acharnement habituels, de bonne augure pour respecter les promesses que la Dea tient dans cette compétition.

L’Inter et la Lazio, principales sources de déceptions européennes, peuvent et se doivent de mieux faire. Les Nerazzurri n’ont certes jamais rencontré leur bonne étoile au tirage au sort, ils peinent toujours dans le dernier geste lorsque le jeu se fait plus dur. Il n’y a qu’à espérer que la malheureuse défaite domestique face au Real (1-0) aura stimulé les hommes d’Inzaghi dans leur quête de rédemption. Pour Sarri et sa Lazio, c’est l’occasion de prouver que le Sarri-ball existe toujours puisqu’à Galatasaray il n’en fut rien, pour Allegri, privé de Dybala et Morata mercredi, il est temps de serrer les fesses alors que le champion en titre s’apprête à investir l’Allianz Stadium.

Tout reste encore à faire mais si elle a perdu ses têtes de gondole, la Serie A garde encore la foi.

À lire ou relire dans le dossier « La fuite des talents, un phénomène alarmant ? » :

1- Un été dévastateur

2- Des conséquences inévitables

3- La faute à pas de sous

4- Et maintenant ?

5- De l’ombre à la lumière (à venir)



Rafaele Graziano



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