Semplici-Cagliari : Premier pari réussi mais la route est encore longue

Par Sébastien Madau publié le 03 Mar 2021

Dimanche dernier, aux alentours de 17h. Un homme appelle ses joueurs, les invitant à former un cercle au cœur de la pelouse du stade Ezio-Scida de Crotone. Leonardo Semplici, nouvel entraîneur de Cagliari, souhaite communier avec ses gars après avoir obtenu la victoire face aux Calabrais (2-0). Un succès qui échappait aux Sardes depuis près de 4 mois, le 7 novembre 2020.
Avec ce succès, Cagliari ne sort pas de la zone rouge de relégation (-2 du Torino avec un match en plus), mais il redonne du baume au cœur d’un groupe qui semblait complètement éteint. Alors, l’effet Semplici est-il d’ores et déjà en marche ? Evidemment non. Si l’influence des changements d’entraîneurs est loin d’être une certitude, celle d’un revirement dès le premier match, après quelques jours de gestion, encore moins. Pour l’heure, joueurs et dirigeants savourent ces trois points et sont partis au vert en attendant la réception de Bologne ce mercredi à la Sardegna Arena.

Libérer les esprits

« Nous devons désormais nous battre jusqu’à la fin » résume Joao Pedro qui a inscrit dimanche le 12e but de la saison. Le changement à la tête du staff pourra contribuer. « Le coach a eu peu de temps, mais aujourd’hui nous avons démontré de l’enthousiasme, de la confiance et de la sérénité (…). Nous souffrions à cause des difficultés du moment, nous savons qu’il y a de la qualité dans cette équipe, mais il fallait un déclic ».
De son côté, Leonardo Semplici affirme que la priorité était de « libérer les gars de cette spirale négative qui, pour diverses raisons, s’était créée à cause du classement. C’était plus important que de me pencher sur les aspects technico-tactiques. J’ai parlé avec eux, à titre individuel et par secteur de jeu, pour chercher à en tirer les qualités qu’ils n’avaient pas réussi à exprimer jusque-là. Ils m’ont fait confiance, ils ont été capables de capter les 2-3 principes que j’ai introduit dans ce contexte : je pense que c’est le bon départ pour arriver à notre objectif ». Il avertit toutefois : « C’était important pour nous de partir du bon pied mais nous n’avons encore rien fait (…). Cette victoire doit nous donner de l’élan pour affronter un mini-championnat de 14 matchs avec la mentalité juste pour obtenir le maintien ».

Pavoletti, le retour

Sur le terrain, l’épine dorsale Cragno – Nainggolan – Joao Pedro s’est encore illustrée dans ce 3-5-2. Elle a pu compter en outre sur un retour en grâce de Diego Godin, Nahitan Nandez, des apparitions de Alfred Duncan, Kwadwo Asamoah et surtout de Leonardo Pavoletti. « Pavogol » a inscrit le 2e but d’une saison où Eusebio Di Francesco l’avait cantonné au rôle de suppléant de Giovanni Simeone. Au-delà du but, il y a la manière : voir Pavoletti s’élever bien plus haut que le défenseur pour smasher le ballon au fond des filets -sans parler de son explosion de joie- restera comme l’une des belles images de cette rencontre. « J’ai vécu des mois difficiles » a admis Pavoletti après le match. « Je me sentais bien mais je n’arrivais pas à être décisif. Aujourd’hui, le coach m’a fait confiance et je suis heureux de lui avoir rendue ». Pavoletti-Joao Pedro… les deux hommes ont fait parler la poudre comme au bon vieux temps. « Joao marque toujours et on ne peut s’en passer. En attaque, nous sommes beaucoup à vouloir bien faire et c’est une bonne chose ».
Les observateurs de Serie A savent que Semplici aime ce profil de footballeurs. Comme Andrea Petagna à qui il a donné de l’envergure du temps de la SPAL. Semplici n’exclut aucune hypothèse et entend tirer le meilleur de son groupe : « Pavoletti et Simeone peuvent jouer ensemble » assure-t-il, en total contre-pied avec Di Francesco. « J’ai toujours joué avec deux attaquants (…) je cherche à créer les opportunités pour exploiter le meilleur d’eux ».
Le meilleur de tous. Il y en aura bien besoin pour obtenir le maintien.

Sébastien Madau



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