Sassuolo, simple agitateur ou véritable challenger ?

Par Julien Ruis publié le 06 Nov 2020

En ce début de saison, une équipe régale le monde du Calcio. Proposant un jeu résolument offensif, offrant du spectacle à chaque match, le Sassuolo de De Zerbi surprend tous les suiveurs de la Serie A. Une surprise non pas pour le style de jeu proposé, mais surtout par le fait que ce groupe semble enfin taillé pour aller chercher mieux qu’une habituelle place de milieu de tableau. Certes, nous ne sommes qu’aux prémices de cette saison, mais nous pouvons d’ores et déjà nous poser la question : Sassuolo est-il un simple agitateur ou bien un challenger sérieux ?

La méthode De Zerbi

Depuis son arrivée au club en 2018, Roberto De Zerbi a du vivre avec le pesant héritage laissé par Eusebio Di Francesco. En effet, l’actuel coach de Cagliari aura été l’entraîneur des premières. Il aura fait découvrir la Serie A, ainsi que l’Europe avec une qualification en Europa League acquise lors de la saison 2015-2016. Une succession qui pourrait effrayer, ou obliger à se sublimer davantage. Et c’est sur cette seconde voie que De Zerbi semble avoir tracé sa route. Utilisé avec parcimonie lors de ses débuts sur le banc des Neroverdi, il a complétement mis de coté le 4-3-3 de l’âge d’or et l’a transformé en 4-2-3-1 ou 3-4-2-1. Ce système permet de développer davantage la vitesse et le potentiel offensif de son groupe. Une volonté affichée de prendre le jeu à son compte. Et les statistiques parlent pour lui car l’on observe une réelle évolution au fil des années. Lors de la saison 2018-2019, Sassuolo finissait 9ème meilleure attaque (53 buts) et 6ème lors de la dernière saison (69 buts). Elle s’observe aussi au classement, avec des 11èmes et 8èmes places acquises lors des derniers championnats. Qu’on se le dise, Sassuolo est véritablement sur une courbe ascendante, grâce non seulement à son maître tacticien, mais également à la qualité de ses représentants sur le pré.

De Zerbi a su façonner son équipe au cours des saisons, rajoutant des éléments permettant d’améliorer qualitativement son système de jeu. Depuis son premier match disputé sur le banc (victoire face à l’Inter en août 2018), il n’aura gardé que trois éléments de son onze de départ (Consigli, Ferrari et Berardi). Il a procédé à un subtil mariage entre jeunes éléments et joueurs en quête d’affirmation ou d’explosion. La jeunesse des Boga, Muldur, Kyriakopoulos, Raspadori ou Traoré, épouse à merveille l’expérience des Caputo, Berardi ou Djuricic. L’importance de Locatelli n’est plus à démontrer, et l’arrivée de Lopez s’annonce comme une combinaison idéale au milieu.

Une ambition Nazionale et européenne

Toujours invaincu, Sassuolo déborde d’ambition sans toutefois l’exprimer ouvertement, observant un pragmatisme qui a tout d’un professionnalisme affirmé. L’excellent début de saison est illustré à merveille avec les convocations de trois joueurs en Nazionale (Caputo, Berardi et Locatelli). Le potentiel offensif de ses troupes est, une fois de plus, clairement démontré avec déjà 18 buts inscrits. C’est pour le moment le meilleur ratio en Serie A, devant l’Atalanta et l’Inter. Une vision du football qui plait aux observateurs ainsi qu’aux nouvelles recrues, comme le précise Maxime Lopez : « J’aime la façon dont l’équipe sait prendre ses responsabilités, en prenant des risques ».

L’agitateur est désormais attendu par des adversaires qui prennent très au sérieux sa montée en puissance, comme le décrit De Zerbi : « Nous devons améliorer chaque détail, aussi bien lorsque nous avons la balle que lorsque nous ne l’avons pas. Surtout en ce moment où nous avons des adversaires qui se préparent contre nous. Désormais, nous sentons un peu le poids du classement. Mes joueurs le regarde mais ne sont pas désunis. Je leur rappelle qu’il faut continuer de jouer et de se divertir, sans avoir peur. C’est cela, l’étape que doit franchir un club comme le notre afin d’atteindre ses rêves ». Néanmoins, des limites sont observées et notamment défensivement. En effet, une surexploitation de l’aspect offensif entraîne inexorablement une vague de contre attaques subies (9 buts concédés) et c’est en cela que Sassuolo doit progresser. Mais si le groupe ne flanche pas, l’Europe ne sera certainement plus un rêve.

Julien Ruis



Lire aussi